‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 46 sur 129 · SUBMERSION · texte numérisé non relu

SUBMERSION

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d'explosifs sont béantes, profondes, vermeilles, saignantes, donnant lien à des hémorragies graves, entourées d'une zone de parties escarrifiées, ce qui les expose à la gangrène ; les bords sont secs, noirs, durs, mais non pas brûlés, comme on serait tenté de le croire au premier abord ; ce qui les différencie des plaies résultant de la déflagration de la poudre, de l'explosion des gaz d'éclairage, qui ne produisent que des brûlures.

SUBMERSION. — Le nombre des morts par submersion est relativement très élevé dans la marine de guerre : En 1899, sur 16 morts accidentelles, 12 sont dues à la submersion ; en 1900, sur 95 morts, il y a 64 noyés (naufrage de la Framée) ; en 1901 , on note 10 cas de submersion :

2 en France, 8 aux colonies.

Et pourtant nulle part on ne prend plus de précautions que dans la marine de l'Etat pour porter secours le plus rapidement possible à un homme tombé à la mer. A l'arrière de tous les bâtiments sont suspendues deux bouées de sauvetage du système Silas (fig. 21). La bouée Silas est munie d'un artifice qui, lorsqu'elle tombe à la mer, s'allume par le frottement d'un rugueux sur une amorce fulminante : la fusée brûle pendant près d'une demi-heure. Aussitôt le navire en marche, un factionnaire est en permanence près de ces bouées, prêt à couper la cordelette qui les retient, au cri de : un homme à la mer ! Malheureusement un grand nombre de

marins,

même

parmi les pê-

a, bec fileté; /), ressort à boudin; c, œil du percuteur; d, percuteur; e, lance;

, /", charge; i. boîte en bronze; /', tube d'in-

cheurs de nos cotes, ne savent i;oduc|îo'n àans reau. pas nager, et les règlements réagissent aujourd'hui contre cet état de choses. Nous avons vu que, depuis le 1er janvier 1905, tout marin postulant un brevet de spécialités doit savoir nager suffisamment pour se maintenir une demi-heure sur l'eau.

De même tous les candidats aux écoles de la marine doivent savoir bien nager.

La natation a un coefficient dans les notes des examens de sortie.

La plupart des accidents de submersion se produisent dans le vaet-vient incessant des embarcations qui sillonnent les rades par tous les temps, quand les canots sont surchargés pour éviter de faire plusieurs voyages : aussi chaque embarcation de l'État est-elle munie d'une petite fiche placée à l'arrière, indiquant le nombre d"hommes qu'elle peut contenir, et, en cas d'accident par surcharge, le patron de l'embarcation est responsable.

Tous les hommes qui travaillent en dehors du bord doivent être, comme nous l'avons vu, munis d'une ceinture de sauvetage.

Nous n'avons pas à insister sur les moyens à mettre en œuvre comme secours aux noyés ; des instructions détaillées sont affichées dans tous les postes de secours, à bord de tous les navires quels qu'ils soient.

BLESSURES CAUSÉES PAR LES POISSONS VENIMEUX. — Il est une certaine catégorie de blessures particulièrement dangereuses auxquelles les marins sont exposés, ce sont les morsures et piqûres causées par des poissons venimeux.

Quelques poissons, comme les murènes, ont dans la bouche des glandes à venin, qui, au moment où l'animal enfonce ses dents dans les tissus, sont comprimées et répandent dans la plaie le produit de leur sécrétion. Ce sont les seuls poissons dont la morsure cause des accidents d'envenimation souvent assez graves, bien qu'on n'en ait jamais signalé de mortels.

La plupart des poissons venimeux sont dangereux par les blessures que causent les rayons et les épines de leurs nageoires et de leurs queues.

Salanoue-Ipin (1) a rapporté des blessures graves causées par le Tetrodon des fleuves.

Les Synancées, très répandues dans la mer des Indes et dans le grand Océan, dans la mer de Chine, causent très fréquemment des accidents. Les glandes à venin sont placées sur treize rayons épineux de la nageoire dorsale : au repos, ces rayons sont couchés sur le dos de l'animal.

Celui-ci se tient soit dans le sable, soit dans un trou des récifs, sa tête seule émergeant, semblable à un caillou: si le pêcheur met le pied dessus, le poisson redresse sa nageoire dorsale, les rayons percent la plante du pied, et les glandes répandent leur venin dans la plaie, causant une douleur atroce, suivie de vomissements, de syncope, de gangrène locale. On a rapporté des cas de mort à la Réunion. Dans ce pays, les pêcheurs ne vont jamais sur les récifs sans avoir au pied de solides chaussures de cuir assez épais pour les protéger.

Les Plotoses, très répandues dans l'océan Indien et l'océan Pacifique, ont un appareil vulnérant construit de façon différente : les

(i) Salamhje-Ipin, Thèse de Bordeaux, J889.

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