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pour qu'il soit nécessaire de les inscrire sur une légende compliquée. Tel est l'aménagement de ce poste des blessés, véritable hôpital chirurgical, tellement bien installé qu'après l'avoir combiné eu vue de la guerre on l'a de suite utilisé pendant les essais, lors d'un accident de manœuvre qui a produit deux blessures graves. Il est bon de noter que cette utilisation du poste des blessés en pleine paix et en pleine rade, de préférence à l'hôpital ordinaire et à la salle de visite, pourtant bien disposée, est le critérium d'une organisation vraiment excellente ; elle prouve entre autres choses que ces

Coupe loiupludmale

Fig. 23. — Poste des blessés sur le cuirassé d'escadre le Cesarevitch,

locaux, avec leurs aménagements, sont dans la main du médecin, qu'il n'a pas besoin pour en prendre possession d'attendre qu'on les ait débarrassés de tous les impedimenta dont nos postes français sont toujours encombrés.

Tous ceux ou du moins toutes les personnes étrangères à la marine qui liront ces détails trouveront sans doute que rien n'est plus simple et que cette organisation est seulement sensée et rationnelle. Nous qui connaissons l'historique de la question et qui savons à quel point on en est chez nous, nous souhaitons que les exemples venus d'Extrême-Orient nous aident à franchir le pas considérable qui nous reste à faire.

Cet hôpital de combat, établi sous un pont blindé, sans qu'aucune atteinte ait été portée à l'organisme militaire du navire, et qui, de l'aveu d'un chirurgien tel que Fontan, satisfait aux besoins de la chirurgie d'urgence, est un fait nouveau d'une portée considérable à nos yeux.

Nous avions jusqu'alors entendu affirmer par tant de voix autorisées que les exigences des cuirassés modernes resteraient toujours exclu-

sives d'une pareille installation que nous nous inclinions devant des raisons techniques auxquelles reviennent incontestablement tous les droits de priorité.

Mais les résultats obtenus sur le Cesarevitch, dont le type correspond à celui du Jaiireguiberry , nous semble une leçon de choses assez démonstrative pour rendre plus circonspects les adversaires obstinés des refuges sous cuirasse. Elle leur prouve du moins que la dépêche ministérielle du 21 mai 1890 méritait d'être prise en sérieuse considération, et pour nous elle fait renaître l'espoir d'une rencontre, dans les fonds de nos futurs cuirassés, d'un compartiment suffisamment aéré et dégagé, où, loin des grandes sources de chaleur, des blessés graves pourraient être directement descendus et pansés pendant l'intermittence d'un combat.

Nous ferons toutefois des réserves à l'égard des grands croiseurs, sur lesquels il parait douteux que le problème puisse recevoir la même solution.

Léo, qui a mis à profit une traversée sur le Montcalm pour étudier les postes affectés aux blessés sur ce croiseur (1), et Valence (2), qui a publié l'étude critique de ces mêmes postes sur la Marseillaise, se trouvent d'accord pour exprimer leur avis sur la situation que ces locaux devraient occuper.

Reprenant une idée ébauchée en 1894 par M. l'inspecteur général Auffret (3), et consistant à « remonter vers la surface au lieu de descendre dans les fonds », c'est-à-dire « à chercher dans les œuvres mortes un refuge temporaire », ils préconisent sur ces types où « la machinerie occupe sous le pont cuirassé près des deux tiers du bâtiment », le matériel de guerre absorbant à peu près l'autre moitié, le simple abri d'un cuirassement latéral.

Il apparaît en effet que sur ces grands croiseurs, où tant de place reste disponible dans les étages supérieurs, on puisse aisément limiter, entre des cloisons cuirassées, un local assez vaste pour offrir par lui-même un libre accès, une contenance acceptable, une aération excellente et une protection suffisante.

Quel que soit le parti qu'on adopte pour nos futurs grands croiseurs, il est indispensable qu'ils partagent désormais avec les cuirassés le bénéfice de vrais postes de blessés. Le rôle joué par la Marine dans les dernières guerres imprime à cette obligation un caractère d'urgence qu'aucune puissance maritime ne peut plus méconnaître.

En attendant la réalisation de cet idéal, dans quelle mesure pouvons-nous compter sur les postes dont nous disposons actuellement?

Ces postes placés sous cuirasse sont généralement au nombre de deux sur chaque grande unité de combat : un poste principal où

(1) Léo, Archives de médecine navale, juillet 1903.

(2) Valexce, Archives de médecine navale, lévrier 1903.

(3) Aukfket, Revue maritime, janvier-février 1894.

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doivent converger les blessés les plus graves, et imposte secondaire, communiquant avec le premier à travers des cloisons étanches,. affecté aux hommes moins grièvement blessés.

Sur tous nos bâtiments, y compris le Suffren, dernier venu en escadre, dont les trois postes situés au-dessus des chaufferies, dans trois compartiments centraux de l'entrepont blindé, ont usurpé la réputation de primer leurs congénères, alors que leur température, quand les feux sont allumés, atteint facilement 47 à 50°, et que leur dégagement comme leur aération sont insuffisants, — sur tous nos bâtiments, disons-nous, aucun de ces postes ne répond aux services qu'on attend de lui. Après le passage de la commission qui les a choisis, les uns et les autres ne remplissent que trois des conditions exigées par le règlement : ils sont sous cuirasse, possèdent un bon éclairage artificiel et sont approvisionnés d'eau distillée.

Leurs imperfections justifient-elles l'opinion de certains sceptiques, qui, traitant ces refuges en quantité tout à fait négligeable, ont proposé d'attendre les bras croisés la fin de l'action, pour transformer en autant d'ambulances tous les locaux disponibles après le combat? Nous écartons d'emblée cette conception, qui a pu trouver des défenseurs.

Les postes actuels, malgré tous leurs défauts, offrent du moins aux blessés une protection, dont l'effet moral, s'il subsistait seul, serait encore très respectable. Mais, pratiquement, ils abriteraient pendant le combat le matériel médical encombrant et fragile qu'il importe de conserver intact pour les besoins ultérieurs ; ils serviraient de salles de pansement aux hommes que la gravité de leurs blessures n'empêcherait pas d'y accéder eux-mêmes ; enfin il est probable qu'un certain nombre de blessés pourraient y être descendus et attendre dans la sécurité des fonds le moment d'être transbordés.

Pour toutes ces raisons, ces postes doivent être spécialisés dès le temps de paix, et le sont effectivement dans la faible mesure de leurs ressources à chaque exercice de branlebas de combat.

Ajoutons que des postes secondaires, sortes de relais fixés par les commandants sur la proposition des médecins-majors, sont établisà la plus petite distance possible du poste principal. (Règlement du '2 juin 1902.)

Ces relais, situés dans les œuvres mortes, ne peuvent compter que sur l'abri d'une cuirasse latérale ou d'une cloison blindée.

Ce ne sont pas des refuges proprement dits, mais ils forment des dépôts facilement accessibles, et pendant l'intermittence d'un combat, trop courte pour permettre de tenter une descente de blessés dans les fonds, ils serviraient au déblaiement des casemates, des tourelles et des ponts.

C'est une besogne qu'il importerait, en profitant de l'intervalle de deux phases, d'exécuter très rapidement, non seulement dans

l'intérêt même des blessés, mais pour épargner aux gens restés debout l'impression des blessures et pour éviter le désordre que risquerait de faire naître la présence des victimes.

Aménagements des postes de blessés. — Nous avons constaté que, dans leur état actuel, les postes étaient munis d'un bon éclairage électrique et approvisionnés d'eau stérilisée froide. Quelquesuns sont aussi pourvus d'une conduite de vapeur pouvant s'adapter à un réchauiïeur ou à une étuve.

Ces précautions restent à peu près les seules qui leur soient propres, car les compartiments désignés par la commission étant tous plus ou moins encombrés de matériel, aucune installation spéciale ne saurait être assurée d'avance en vue de leur utilisation hospitalière du temps de guerre.

L'aménagement de ces postes se réduit par suite à la fixation de quelques cornières réservées à des ventilateurs portatifs, au dispositif d'un éclairage à l'huile en prévision d'une extinction électrique, et à la mise en place des crocs nécessaires à la suspension des hamacs ou des cadres.

Nous énumérerons plus loin, en indiquant le fonctionnement général du service des blessés avant, pendant et après le combat, les dispositions complémentaires, dont la répétition méthodique fait partie de l'exercice du branlebas, qui seraient prises dans les postes au moment où on se préparerait à entrer en action.

Voies et moyens de transport. — Voies d'accès aux postes des blessés. — L'efficacité des postes de secours installés sous un pont cuirassé est évidemment liée aux facilités avec lesquelles des blessés peuvent y être descendus et en être extraits. Pour que l'adduction et l'extraction d'un blessé s'opèrent aisément, il est nécessaire que l'accès aux postes protégés soit directement établi, à travers des panneaux qui se correspondent, ou qu'il emprunte une voie spécialement créée pour la libre circulation des moyens de transport.

L'établissement d'une voie d'accès spéciale est une des prescriptions de la dépêche ministérielle du 27 mai 1890; mais, ce chemin n'existant nulle part, la commission chargée à l'armement de l'installation du service des blessés s'inspire des dispositions locales de chaque bâtiment, pour transformer en passages les grands panneaux d'aérage ou de communication qui se prêtent le mieux à cette destination éventuelle.

Il peut arriver que le hasard la serve à souhait : c'est le cas du Suffren, dont le grand panneau de descente aux chaufferies milieu, large de 3 mètres, et accessible de tous les entreponts supérieurs, offre des dimensions telles qu'on a pu y installer des plates-formes ascenseurs. Nous devons à la vérité de reconnaître que ces platesformes, qui avaient paru très pratiques à l'armement, n'ont pas fourni les résultats qu'on attendait d'elles. Mais, si l'expérience a démontré

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qu'elles n'étaient pas recommandables, pour employer l'expression dont les qualifie le médecin-major actuel de Suffren (1), c'est que le dépôt du blessé d'un premier appareil de transport dans le cadre en forme de lit servant d'ascenseur et la manœuvre des palans de l'ascenseur compliquent singulièrement la descente. Ce sont là des défauts matériels, auxquels il serait sans doute assez facile de remédier.

Il existe d'autres cuirassés sur lesquels la correspondance directe •des panneaux ou l'ouverture de grands puits d'aérage aboutissant en droite ligne les uns et les autres au pont blindé ont pu être mises à profit pour servir de passage aux blessés. Contentons-nous de citer le Hoche, dont le système de transport, très séduisant à première vue, est représenté par une chaîne sans \in, passant dans les rhéas de <leux poulies fixées l'une au dôme d'un panneau du pont, l'autre au pont cuirassé. Cette chaîne dessert ainsi tous les étages et se manœuvre facilement à la main. On accroche à un de ses anneaux la gouttière roulée ou portée au panneau de l'étage, et la descente du blessé s'opère ainsi très rapidement. Toutefois la chaîne s'arrête sur le pont blindé et n'aboutit par conséquent pas directement au poste <le secours, situé au-dessous de ce pont, à 50 mètres en avant du point de fixation de la poulie inférieure, d'où nécessité d'une nouvelle manœuvre et retard dans le transport.

Mais les cas du Suffren et du Hoche sont très particuliers. La variété de nos types crée des dispositions intérieures si diverses, et sur des types analogues les grandes voies de communication et d'aération affectent des combinaisons si différentes que les conditions favorables au passage des blessés sont sur nos unités de rares exceptions. L'Iéna, qui se rapproche beaucoup du Suffren, possède comme lui un large panneau d'accès desservant ses chaufferies médianes. Mais, tandis que sur le Suffren ce panneau traverse les entreponts, libre de toute entrave, et aboutit à un compartiment offrant, à défaut d'autres qualités, un assez grand dégagement, cette voie d'accès sur Yléna part du deuxième entrepont, contient des échelles qui ne sont pas démontables et correspond sur la plateforme blindée à l'atelier des mécaniciens.

Elle n'est donc pas transformable en passage sur cette unité, et il serait trop facile d'établir des comparaisons analogues entre d'autres cuirassés d'escadre appartenant à une même catégorie.

La plupart des compartiments sous cuirasse, étiquetés postes de blessés par la commission d'armement, ne possèdent pas de descentes directes, et c'est une des critiques les plus sévères qu'on puisse formuler contre eux. Quel que soit en effet le moyen adopté pour transporter un blessé, les coudes qu'il devrait franchir rendraient la

(1) Rapport d'inspection générale du Dr Glairax, 1905.

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plupart du temps sa manœuvre beaucoup trop délicate et occasionneraient en tout cas, pendant sa course, un retard cpii annihilerait souvent le fonctionnement du service.

Si nous devons être dotés un jour de vrais postes de blessés sous cuirasse, ces ambulances ne rempliront efficacement leur office qu'autant que le constructeur du navire leur aura réservé une voie d'accès directe.

Moyens de transport. — Dans l'état actuel de nos constructions navale^, chaque unité de combat devant réglementairement affecter à des postes de refuge un ou plusieurs compartiments des fonds, il était du moins nécessaire de posséder à bord un appareil de transport qui, du point de départ au point d'arrivée, permît au blessé d'atteindre ces postes, soit en position verticale, soit en position horizontale à travers des panneaux qui ne se correspondent pas toujours, et des ouvertures de tourelles ou de portes étanches, dont l'étroitesse ne fût pas pour lui un obstacle.

Cet appareil, utilisable en toute circonstance, a été remarquablement réalisé par M. l'inspecteur général Auffret : c'est la gouttièrehamac métallique qui porte son nom, et dont le modèle réglementaire existe sur tous nos bâtiments.

Cette gouttière Auffret qui, avec l'usage des pansements tout préparés, constitue, nous devons l'avouer, les seuls progrès dont ait bénéficié sur nos navires de combat modernes l'organisation du service des blessés, a l'avantage d'être à la fois un appareil de transport et de contention.

Partant, du principe essentiel de la rigidité d'un appareil, M. l'inspecteur général Auffret résume en ces termes toutes les appropriations de sa gouttière : « collant métallique, ou en osier et rotin, ou en toute autre substance ferme, se moulant sur les formes comme un vêtement, faisant partout attelle protectrice, se prêtant par sa disposition et sans aucun apprêt extemporané à l'extension, à la contreextension et à l'immobilisation du blessé ; protégeant les organes lésés des chocs qu'il prend pour lui sans les transmettre à son contenu ; pas plus large (0m,55) et à peine plus long que son fardeau ; pesant de 12 à 15 kilos; pouvant être porté en civière, en brancard, être roulé comme une brouette; être transmis en position horizontale, oblique et même verticale dans les coursives, dans les panneaux étroits; recueillant le blessé jusque sur la plate-forme des machines, et le transportant à son lit, sur lequel il peut être déposé sans secousses à l'aide d'une toile mobile munie de quatre poignées, interposée entre le blessé et l'appareil ».

A côté de cette gouttière, reproduite ici dans ses trois positions principales (fig. 24, 25, 26), et qui serait un mode de transport parfait, si, en dépit de la solidité que lui procure sa tôle ajourée, elle était, suivant le vœu de son inventeur, confectionnée en osier ou en

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rotin, et par suite un peu moins lourde, les autres moyens dont nous

Fie;. 24

Gouttière-hamac Auft'ret en position horizontale.

disposons recèlent, à tous points de vue, une infériorité marquée.

Ce sont le brancard de la guerre, à compas d'écartement, réservé aux transports dans les entreponts bien dégagés, et le hamac ordinaire modifié par le médecin en chef Guézennec.

L'appareil Guézennec n'est autre

Fig. 25. — Gouttière-hamac Aufîret en position verticale.

position oblique.

qu'un simple hamac, sur le plan non rigide duquel (simple matelas introduit dans un double fond en toile) sont fixées des bretelles axil-

laires et crurales. Le blessé immobilisé par ces bretelles est de plus solidement maintenu dans le hamac par son transfilage. Mais la disposition des sangles fait qu'en position verticale les bretelles axillaires peuvent offenser les pectoraux et causer une gêne de la respiration; en position horizontale, le point d'appui du corps pesant lourdement sur les plis de l'aine, ce sont les bretelles crurales qui peuvent au bout d'un certain temps occasionner de la douleur. Il est donc au moins indispensable que le blessé, pour y être à Taise, ait conservé l'intégrité de la cage thoracique et de l'origine des cuisses. C'est dire que l'appareil ne convient pas à tous les cas, sa flexibilité constituant d'ailleurs en principe une condition défavorable au repos d'un blessé. Mais il est certain qu'à bord un hamac passe facilement par toutes les ouvertures et se prête à toutes les sinuosités de la route, parfois si compliquée, qu'il doit suivre. Il peut donc être utilisé, quand la nature des lésions ne s'y oppose pas, à la descente des blessés des hunes, ou à leur extraction des tourelles et de certains compartiments des fonds dont l'accès est particulièrement difficile.

Le directeur du service de santé Gués, pour corriger la courbure du hamac si préjudiciable à certains blessés, préconisa la simple introduction d'une planche dans son double fond. Le Dr Maréchal, médecin principal de la marine, l'avait précédemment adapté au transport sur glissière, le rendant ainsi rigide. Un autre de nos collègues, le médecin principal Maget, étant médecin-major du Boiwines, le transforma à son tour en lui adjoignant deux longues attelles qui latéralement maintenaient le blessé comme un appareil de Scultet. Un coussin conique, introduit entre les cuisses, complétait pour ainsi dire l'emballage de l'homme sous le transfilage du hamac, et prévenait de la sorte les mouvements intempestifs si douloureux, quelquefois même si périlleux, que la souplesse du hamac peut provoquer.

De toutes les ingénieuses modifications apportées au hamac en vue de son utilisation comme moyen de transport, celle de Guézennec est la seule qui ait survécu. Une dépêche ministérielle du 3 novembre 1903 rend réglementaire la délivrance des hamacs à bretelles par le service de santé des ports, à raison de 10 par cuirassé et de 6 par grands croiseurs. Mais, en dehors de ces trois appareils officiels, — gouttière Auffret, hamac Guézennec et brancard de la Guerre, — et en tenant compte du transport à bras qui trouvera toujours une large application dans une foule de circonstances, chaque médecin-major a toute liberté pour préparer à son gré les moyens de fortune dont il trouve à bord les éléments, et parmi lesquels le hamac Maget serait, à notre avis, le meilleur qu'il pût faire disposer.

Quelles que soient d'ailleurs à cet égard les prévisions du plus avisé des médecins-majors, elles ne parviendront jamais à suppléer le nombre très insuffisant de gouttières Auffret, dont le règlement

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prévoit la distribution (2 par cuirassé et 2 par grand croiseur). Cet appareil qui, seul, répond à toutes les exigences du transport des blessés à bord, — quelques rares ouvertures de tourelles s'opposent exceptionnellement à son passage, — devrait être délivré au nombre de 10 à 12 par grande unité de combat. En réfléchissant au court espace de temps que peut durer, avec les vitesses actuelles, l'intervalle d'une action, ce nombre ne paraîtra certainement pas excessif. Nous estimons en effet que, pour la facilité et la rapidité de l'évacuation, une gouttière Auffret devrait être placée à demeure dans chaque casemate, — les hamacs nous paraissant plus spécialement convenir aux tourelles et aux hunes, — etque quatre autres gouttières devraient être réservées, dans la proportion de deux par passage, aux besoins généraux du service. Ces appareils, fixés verticalement, trouveraient un emplacement facile dans les casemates, sans apporter aucune entrave au chargement ou à la manœuvre des pièces.

Personnel affecté au transport des blessés. — Deux catégories d'aides sont, sur chaque navire, à la disposition du médecin-major chargé d'assurer le service des blessés.

Des hommes provenant du personnel de la manœuvre sont placés à l'ouverture des passages et préposés à la descente des gouttières, hamacs et plates-formes. Ces gabiers, dirigés par un second maître ou un quartier-maître, s'acquittent de leur tâche avec une adresse qui ne fait jamais défaut.

Mais, dans l'organisation du transport des blessés, leur office n'est que secondaire, le rôle principal étant dévolu à une ou plusieurs escouades de brancardiers, suivant l'importance du bâtiment.

Ces brancardiers, que le règlement classe en titulaires et auxiliaires, ont pour mission de panser, de relever et de transporter les blessés aux voies d'accès des postes.

Les hommes qu'on intitule tels sont empruntés généralement à la section des agents des vivres, au groupe des matelots sans spécialité et, dans le cas particulier des bâtiments amiraux, à celui des musiciens. En réalité, on destine à cette fonction les premiers venus, sans se préoccuper des aptitudes physiques et intellectuelles assez spéciales qu'elle réclame. Les brancardiers ainsi improvisés représentent donc de simples numéros ; ils sont dénués de toute valeur technique, et, le jour d'une action, — tous les médecins le proclament, — ils ne pourraient apporter que le concours d'une bonne volonlé inefficace ou dangereuse.

Les tableaux de service ne prévoient nulle part le développement de leur instruction. Or, si restreinte qu'elle soit, cette instruction est cependant plus complexe qu'on ne le croit habituellement, et, pour initier un homme aux connaissances qu'elle comporte, pour lui permettre d'acquérir les qualités professionnelles désirables, il serait au moins essentiel de le munir d'un manuel qui n'existe pas encore.

Nous savons que ce manuel ne tardera pas à paraître, mais nous pensons que cette innovation ne doit pas rester isolée et qu'elle doit avoir pour corollaire la création dans la marine d'une spécialité de brancardiers.

On s'explique difficilement que nous attendions toujours un rouage aussi utile, alors que les dépôts des équipages nous offrent de multiples ressources pour recruter et former des brancardiers, qui, après un petit stage d'hôpital, analogue à celui que font les brancardiers régimentaires, seraient titularisés à terre, sans préjudice de la spécialité qu'ils exercent. Ces hommes pourraient en effet provenir à la fois des fourriers, des maîtres d'hôtel militaires, des tailleurs, des musiciens, dont les postes de combat ne sont fonction d'aucune profession maritime, puisqu'ils se limitent au rôle de transmetteurs d'ordres ou de pourvoyeurs. Munis de leur brevet supplémentaire, ces brancardiers se trouveraient répartis par le tour d'embarquement sur nos différents navires, où ils pourraient alors encadrer des auxiliaires judicieusement choisis, dont, à l'aide du manuel, les médecins-majors, auxquels les facilités en seraient laissées, entreprendraient utilement l'instruction.

Sous cette forme ou sous une autre, l'introduction d'une spécialité de brancardiers s'impose sur nos unités de combat Tous les rapports d'inspection générale, la Revue Maritime et nos Archives de médecine navale font, depuis bien des années, valoir les excellentes raisons qui la justifient, en appelant même à leur aide l'exemple de l'étranger (1), et nous voulons espérer que l'intérêt qui s'attache à cette création ne restera plus longtemps méconnu.

Matériel de pansements. — Abandonnant le principe du pansement individuel, la Marine, par une circulaire du 22 janvier 1903, a rendu réglementaire l'usage des pansements tout préparés, dont l'initiative revient au médecin principal Barthélémy. Ces pansements de trois types différents, — grand, moyen et petit, — répondant à des plaies de dimensions différentes produites par des armes à feu, ont fait, au dernier congrès médical de Madrid, l'objet d'une communication reproduite par les Archives de médecine navale (février 1905), qui donnent leur composition.

Conservés dans les coffres Rouvier et déposés, au moment du combat, dans les refuges sous cuirasse, une certaine quantité d'entre eux serait aussi placée dans des boites métalliques spéciales et distribuée entre les postes de relais.

Tels sont les éléments qui, sur nos unités de combat, constituent l'organisation du service des blessés, dont la direction est confiée au médecin-major, assisté d'un ou de deux médecins en sous-ordre, et de deux infirmiers titulaires.

(1) Onimus, Archives de médecine navale, avril 1903.

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