SERVICE MÉDICAL EN TEMPS DE GUERRE
L'examen que nous en avons fait, si rapide qu'il soil, démontre manifestement leur insuffisance, et nous résumerons notre opinion en concluant que, malgré le précieux appoint de la gouttière Aulï'rcl et l'utilisation des pansements tout préparés, le fonctionnement de ce service reste partout fort aléatoire (1), étant donnés l'état actuel de nos postes de secours et de leurs voies d'accès, le trop petit nombre de moyens de transport et le manque absolu de brancardiers.
Toutefois, le règlement du 2 juin 1902 supposant tous ces moyens d'action dûment établis à bord, et expérimentés en temps de paix, édicté à leur égard une série de prescriptions très bien ordonnées, destinées à déterminer leur mise en œuvre avant, pendant et après le combat ; leur énumération textuelle complétera cet exposé.
Fonctionnement du service. — Dès Tordre de mobilisation, le médecin-major demande au commandant à compléter les médicaments et pansements et à embarquer les coffres et gouttières supplémentaires.
Les brancardiers sont mis à sa disposition pour transporter, dans les différents postes de blessés, le mobilier d'infirmerie (coffres, matériel hors coffres, hamacs, brancards, gouttières, etc.).
Il s'est assuré que les réservoirs du poste principal sont pleins et veille à ce que le matériel des blessés soit remisé sous cuirasse, c'est-àdire protégé et à l'abri de la destruction, jusqu'au moment où la sonnerie « la Visite » annoncera l'issue de l'une des phases ou la fin du combat.
SERVICE MÉDICAL EN TEMPS DE GUERRE. — Le service médical en temps de guerre comprend trois phases :
1° La préparation au combat ;
'2° Le combat (combat proprement dit, les pauses du combat) ;
3° Après le combat.
1° Préparation au combat ou avant le combat. — Le médecinmajor, sous l'autorité du commandement et d'après un plan concerté d'avance, a la direction complète du service des blessés (relèvement, transport, soins médicaux, etc.).
Il procède, avec l'aide des infirmiers, à l'installation du poste central et à celle des postes accessoires de secours.
Il répartit entre les uns et les autres le matériel et les médicaments prévus, les pansements, après constatation de leur état et de leur libre fonctionnement. Il se fait assister dans ces soins préliminaires par le personnel secondaire, qui doit les connaître dans les moindres détails avant l'action.
Le plus ancien des médecins en sous-ordre est spécialement chargé du transport des blessés.
Après entente avec son médecin-major, il répartit le personnel
(1) Il en est de même d'ailleurs dans toutes les autres marines, du moins en ce qui concerne les postes et leurs voies d'accès.
des brancardiers et leur désigne leurs postes respectifs (pont, batteries, faux-pont, etc.).
Il fait disposer tous les moyens de transport (gouttières Auffret, hamacs Guézennec, brancards). Il veille à l'installation des palans, à la liberté des panneaux de descente.
S'il est attribué un monte-charge au service médical, cet appareil rendra les meilleurs offices pour la transmission des blessés ; il s'assure de son fonctionnement et dispose les moyens de transport qui y répondent.
2° Pendant le combat, —a. Le combat commence. — Le médecinmajor se tient au poste central des blessés avec le plus jeune des médecins en sous-ordre ; l'autre ou les deux autres médecins se tiennent prêts à se porter où leur présence sera nécessaire.
b. Pendant la pause. — A la sonnerie « la Visite », le service de santé entre en action.
Le médecin-major, sauf appel du commandant, appel qui pourra toujours se produire, garde sa place au poste principal, où les unités désignées pour le servir (un médecin, si possible, et les infirmiers) l'aideront dans le pratique des opérations et des pansements.
L'autre ou les autres médecins en sous-ordre, suivant le cas, montent rapidement sur le pont, visitent les postes de combat, recherchent les blessés, ou se portent plus spécialement vers ceux qui leur ont été indiqués et les dirigent sur les postes secondaires où se fera le triage et où se distribueront des fiches indicatrices préparées à l'avance par les moyens du bord.
Les brancardiers attitrés, sous la surveillance des gradés, relèvent et transportent les blessés d'après les principes qui leur ont été enseignés en temps de paix. Autant que possible, les blessés graves sont destinés au poste principal ; les blessés de moindre importance restent plutôt dans les postes secondaires. Cependant, si un blessé très grave est de trop difficile transmission, on le laissera au poste de secours jusqu'à la fin définitive de la lutte, d'autant plus que, si le transbordement doit s'exécuter sur un bâtiment-hôpital, on lui évitera ainsi un double déplacement. Il appartiendra toujours au médecinmajor de s'inspirer de ses connaissances techniques et de ses sentiments d'humanité pour juger les cas particuliers que le règlement le mieux conçu ne saurait prévoir.
Nous en dirons autant des interventions, qui sont laissées à son libre arbitre, quoique, en principe, il doive éviter celles qui sont de longue durée.
Le tout sera rapidement mené pour qu'il n'y aitpasde pertede temps.
Quand l'opération du relèvement des blessés et de leur transmission est achevée, les médecins en sous-ordre rejoignent les postes secondaires avec les derniers blessés.
Les brancardiers titulaires, après avoir remis les gouttières de