‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 53 sur 129 · SECOURS HORS DU BORD SUR MER ET SUR TERRE · texte numérisé non relu

SECOURS HORS DU BORD SUR MER ET SUR TERRE

à provoquer l'accord des puissances signataires de la Convention de Genève, dans le but « détendre les bienfaits de cette Convention aux guerres maritimes, dans les conditions et la mesure qui leur sont applicables ».

Ce résultat platonique équivalait à un échec. Le Comité central résolut alors de charger le Comité italien de reprendre son élude sur les bases que la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche avaient fixées dans leurs rapports, et, sept ans plus tard, la Conférence de la Haye était assez heureuse pour faire accepter des conclusions condensées en quatorze articles.

Cette Conférence réussit ainsi à définir entre combattants le rôle des bâtiments de secours tant militaires que privés, que ces derniers soient propriétés de sociétés ambulancières ou de particuliers, et celui des bâtiments neutres, qu'ils appartiennent au commerce, à des yachtmen, ou à des sociétés secourables des marines non belligérantes.

Mais certaines réserves subsistent toujours à l'égard des naufragés débarqués en port neutre, et dont le sort n'a pu être encore nettement déterminé.

Quoi qu'il en soit, la Convention signée à la Haye permet maintenant aux diverses nations de préparer dès le temps de paix, suivant des règles dûment établies, les secours extérieurs que nécessiterait l'entrée d'une marine en action.

Ces secours consistent essentiellement dans l'armement de navireshôpitaux officiels ou privés, et dans l'organisation des ambulances et des dépôts de matériel de pansements constitués sur les côtes par les sociétés de la Croix-Rouge, qui fonctionnent aujourd'hui dans tous les pays.

Les Archives de médecine navale des mois de mars, avril et mai 1905 publient le texte d'un mémoire récompensé par le prix Bomberg, qui pourra renseigner le lecteur avec la plus grande précision sur tous les détails de ces armements et de cette organisation. Les lignes qui suivent ne sont qu'une analyse succincte de cet intéressant travail.

Après avoir établi avec Wenzel que toute escadre prenant la mer dans l'intention de livrer combat doit être accompagnée d'un bâtiment de secours officiel, nécessairement doué d'une vitesse égale à la sienne (16 à 17 nœuds minimum), l'auteur envisage le double rôle de ce bâtiment :

Rôle de sauveteur des naufragés ;

Rôle d'hospitalier des blessés et des malades.

Rôle de sauveteur. — Sur le champ de bataille, la présence d'un bâtiment sauveteur ne peut être tolérée, — tout le monde est d'accord sur ce point, — qu'à la condition de n'empêcher ni un coup de canon, ni une manœuvre. « Si le bâtiment l'oubliait, ce serait à son détriment. »

Ceci posé, avant le combat, le sauveteur conservera le poste qui lui est assigné, en cherchant à ne jamais perdre de vue son escadre. Il est infiniment probable qu'il ne pourra pas intervenir pendant le combat, sauf dans le cas d'un bâtiment isolé, qui, s'étant rapidement écarté du lieu de rengagement, est devenu la proie d'un incendie ou est prêt à couler.

Son rôle ne sera véritablement effectif qu'après le combat, quand il pourra, sans inconvénients pour l'issue de la lutte et sans danger, pour lui-même, se porter, sur le signal de l'amiral, ou plus probablement sur sa propre initiative, au secours d'un navire qui sombre.

A ce moment il devra diriger par groupes des embarcations commandées par des patrons bien pénétrés d'avance de leurs instructions, les unes, les plus pressées, vers les hommes tombés à la mer nageant ou flottant sur des épaves, les autres vers le navire plus ou moins désemparé, sur lequel se trouveront des blessés et des gens valides.

En même temps, le bâtiment sauveteur, se rapprochant lui-même prudemment des naufragés, jettera à la mer tous ses engins de sauvetage (bouées, radeaux légers, corps insufflés, etc.).

Ces manœuvres n'auront chance de réussir qu'à la condition d'être exécutées avec beaucoup d'ordre et de calme, et qu'autant que le commandement saura faire observer « la discipline des secours, en allant le mieux possible du plus au moins urgent ».

Rôle d'hospitalier. — Quels que soient les cas, — et ils seront nombreux, — où des escadres devront, après un combat, recourir à un bâtiment sauveteur afin de se débarrasser de leurs blessés, une opération de transbordement ne pourra être tentée que par un temps « maniable », pour employer l'expression maritime.

Les blessés, tous munis d'un pansement, formeront deux catégories : ceux qui marchent et ceux qu'il faut porter.

S'il fait calme, le transbordement pourra s'effectuer de bord à bord et être assez rapidement mené. Si la mer est un peu houleuse, il deviendra très délicat.

Les treuils à vapeur ou électriques des navires de combat (en supposant qu'ils fonctionnent encore à ce moment), déposeraient sur des pontons intermédiaires, ou, en leur absence, dans des embarcations, les gouttières et les hamacs qu'embarqueraient alors les treuils des bâtiments-hôpitaux. Mais il est probable que le plus souvent, à défaut de treuils mis hors d'usage, le débarquement des appareils contenant les blessés ne pourra s'opérer qu'à bras ou à l'aide de moyens improvisés.

Rôle des sociétés de secours. — Les sociétés de secours des différents pays n'ont pas toutes attendu les décisions de la Conférence de la Llaye pour tenter de venir en aide en pleine mer aux victimes

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