‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 55 sur 129 · DÉPÔTS DES ÉQUIPAGES · texte numérisé non relu

DÉPÔTS DES ÉQUIPAGES

Cette dénomination, qui a remplacé celle de divisions des équipages de la flotte, supprimée en 1891, sert à désigner les casernes, où dans chacun des ports de guerre viennent séjourner les marins non embarqués, soit au moment de leur incorporation, soit en débarquant d'un bâtiment, soit en attendant une nouvelle destination.

Les hommes du recrutement engagés ou inscrits se rendent au chef-

lieu de leur arrondissement maritime, et c'est dans le dépôt que, après avoir subi les épreuves de la visite médicale, on les habille, on les instruit, on leur fait subir un premier apprentissage de la viemaritime avant de les distribuer sur des bateaux armés, ou de les désigner pour les écoles des spécialités : ils ne restent guère plus de cinq à six mois dans ces dépôts, et leur effectif moyen pour les cinq ports dépasse à peine 7 000 hommes.

Leur existence est donc absolument analogue à celle des troupes casernées à terre, et Toulon est le seul port où les marins des dépôts ne vivent pas complètement à terre. En attendant la construction projetée de locaux qui doivent s'élever à l'extrémité ouest de l'arsenal, dans un vaste et superbe emplacement, ils occupent encore de vieux vaisseaux démodés, à bord desquels ils ne font que coucher ; point n'est besoin d'insister sur les inconvénients de semblables casernements, destinés à bientôt disparaître : les réfectoires, cuisines, salles d'études, sont disposés dans de petits bâtiments sans étages, pavillons provisoires également condamnés.

Dans les autres ports, les casernes sont bien établies, les unes admirablement situées sur le bord delà mer comme à Brest, les autres dans l'enceinte de la ville comme à Rochefort, où, dans ce dernier port, la proximité des marais n'est pas sans inconvénients pour la santé des hommes, souvent impaludés dès leur arrivé au corps.

Une des particularités de ces dépôts consiste dans le couchage, constitué exclusivement par des hamacs suspendus à des barres transversales à 1 mètre environ au-dessus du sol, et qui, chaque matin, sont roulés et ramassés dans des armoires où les hommes vont les reprendre chaque soir.

Ce système de couchage, qui ne paraît pas à première vue s'imposer dans un dortoir à terre, est cependant ici indispensable : d'une part, il faut que le jeune matelot prenne l'habitude, généralement facile à cet âge, de dormir dans un hamac ; et, d'autre part, il ne faut pas qu'une fois cette habitude prise il la perde, en dehors de ses embarquements, dans les séjours plus ou moins longs qu'il fera au dépôt.

L'alimentation est exactement la même que celle des marins à la mer, mais elle se rapproche davantage du régime de l'ordinaire, plus facile à appliquer dans les troupes à terre, avec les ressources abondantes d'une grande ville à leur disposition.

Outre l'instruction militaire, les marins des dépôts suivent des cours d'instituteurs, et des bibliothèques très bien fournies leur permettent d'utiliser leurs heures de loisir, sans sortir du dépôt. Des salles de jeux, billards, fumoirs, sont également à leur disposition, quand ils ne sont pas de service.

Les dépôts reçoivent encore tous les hommes qui reviennent de campagne, les convalescents rapatriés, ou jouissant d'un congé, que,

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