‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 56 sur 129 · DÉFENSES MOBILES. — FLOTTILLES DE TORPILLEURS · texte numérisé non relu

DÉFENSES MOBILES. — FLOTTILLES DE TORPILLEURS

pour une raison quelconque, ils ne peuvent où ne veulent pas passer dans leur famille ; les hommes en instance de réforme, de retraite, etc.

C'est ce qui explique que, dans les statistiques médicales, les dépôts fournissent une morbidité et une mortalité considérables : « Tout « porteur d'une affection chronique échoue fatalement au dépôt et « les décès dus aux affections de cette nature, à la tuberculose princi- « paiement, s'y rencontrent dans une proportion relativement très « élevée, bien qu'elles aient été contractées ailleurs. »

De plus (note de la statistique officielle), tout décès d'homme en congé, en route, en un mot ne figurant pas à l'effectif d'un navire ou du bataillon, est porté pour ordre à l'actif du dépôt des équipages dont dépend le matelot et où il est inscrit.

Pour bien apprécier la valeur des chiffres fournis par la statistique, il faut donc tenir compte, non pas des effectifs moyens des dépôts, mais bien du nombre d'hommes qui y passent chaque année. C'est ainsi que l'on compte, en 1899, 14618 hommes à Brest pour une moyenne de 3202 présents : on fait ainsi rentrer dans la moyenne générale la situation sanitaire des dépôts, qui, sans cette juste interprétation, apparaîtrait tout à fait déplorable et nullement en rapport avec les conditions hygiéniques de ces casernements.

D'après une excellente mesure prise en avril 1904, les tuberculeux ne doivent plus jamais séjourner dans les dépôts, où ils venaient attendre souvent assez longtemps le règlement de leur retraite, congé ou réforme : ils doivent être maintenus jusqu'au jour de leur libération à l'hôpital, dans un service spécial, avec un personnel infirmier spécial et renouvelé tous les trois mois.

Cela ne diminuera pas beaucoup le chiffre des tuberculeux de la marine qui seront attribués à d'autres groupes de la statistique, mais cela diminuera les chances de contagion, plus difficile à éviter dans une infirmerie de dépôt que dans un service hospitalier.

Page 1