‹ Traité d'hygiène (volume 3)Chapitre 57 sur 129 · DÉFENSES MOBILES. -- FLOTTILLES DE TORPILLEURS · texte numérisé non relu

DÉFENSES MOBILES. -- FLOTTILLES DE TORPILLEURS

Les torpilleurs chargés de la défense des côtes sont groupés en un certain nombre de flottilles, dont les centres de stationnement se trouvent dans les cinq ports de guerre, et dans quelques autres ports du littoral, Dunkerque et Saint-Servan, dans la Manche; Ajaccio, Bizerte, Alger et Oran, dans la Méditerranée.

Dans les colonies, Saigon, Diego-Suarez ont été récemment dotés de flottilles de torpilleurs analogues à celles de la métropole.

Chaque groupe, placé, sous le commandement d'un officier supérieur, comprend un nombre variable de torpilleurs, en général de modèle assez réduit, dont les équipages vivent la plupart du temps à terre dans des casernements construits ou aménagés à leur usage. En principe, les hommes ne doivent pas vivre, coucher et manger à

bord de ces bâtiments, dont les conditions d'habitabilité sont évidemment plus que médiocres ; mais malheureusement il n'en est pas toujours ainsi, et l'augmentation considérable qu'ont subie ces flottilles depuis quelques années ne permet pas encore d'assurer à leurs équipages des logements à terre assez grands pour que tous y trouvent le repos, indispensable cependant après leurs fréquents et pénibles exercices.

Nous ne pouvons entrer dans une description détaillée de ces divers établissements maritimes, de valeur hygiénique très inégale, dont beaucoup ne sont que provisoires et feront place bientôt à des constructions confortables, dignes du personnel d'élite auquel elles sont destinées.

Nous nous bornerons à indiquer les conditions communes à la plupart d'entre eux, tels qu'ils existent actuellement, sans insister sur les nombreux desiderata que présente encore leur insuffisante organisation.

Dans chaque centre, il faut considérer : 1° le casernement proprement dit et ses annexes, les cuisines, les lavabos ; 2° les ateliers de réparation où sont sans cesse occupés une grande partie des ouvriers mécaniciens embarqués sur les torpilleurs.

CASERNEMENTS. — Dans la plupart des ports, ce sont d'anciens vaisseaux, tous condamnés, très insuffisants comme aération, comme éclairage, destinés à être remplacés par des casernes à terre.

Au port de Toulon, le casernement est établi sur remplacement de l'ancien bagne, dans des logements vastes, bien aérés, exposés au midi, avec une terrasse bordant la mer, dans d'excellentes conditions hygiéniques.

Gomme dans les dépôts, le seul mode de couchage utilisé est le hamac de bord suspendu à des tringles en fer d'un nettoyage très facile.

Hors des ports, la plupart des casernements de torpilleurs sont d'anciens bâtiments appartenant à la marine, de dimensions souvent insuffisantes pour le nombre d'hommes qu'ils abritent, si bien que dans certains centres, comme Alger, les hommes vivent presque tous à bord de leurs navires. Un des casernements les mieux compris est celui d'Ajaccio, bien aéré, sur le bord de la mer, avec un parquet en carrelage d'entretien facile. Déplus, des précautions sont prises contre le paludisme : dès la fin de l'hiver, les fenêtres sont munies de cadres en fine toile métallique qui permettent l'aération des locaux, tout en empêchant les moustiques d'entrer. L'efficacité de cette mesure s'est manifestée par une diminution sensible du nombre des fiévreux pendant l'été. Des plantations d'eucalyptus semblent aussi avoir contribué à l'assainissement de ce casernement.

Notons enfin la création, à Alger, d'une grande salle de lecture et de jeux, ce qui a entraîné une diminution très grande dans le nombre

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