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I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA MARINE MARCHANDE

Suivant leur affectation spéciale, les types des bâtiments sont naturellement très variés, depuis celui de la barque de pêche ne s'éloignant guère des côtes et n'emportant qu'un équipage de 4 à 6 hommes, jusqu'à celui des paquebots appartenant aux grandes corn-

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pagnies maritimes, avec un effectif de 100 à 150 marins ou même davantage, sans compter les passagers.

Soumises à une législation spéciale, ces habitations flottantes abritent une population digne d'intérêt et dont l'hygiène ne saurait se désintéresser.

Il existe d'ailleurs, en France, un lien des plus étroits entre la marine marchande et la marine militaire, le même personnel étant susceptible d'embarquer successivement sur les navires de Tune et de l'autre catégorie; la défense nationale, à défaut même de toute autre considération, justifie donc pleinement les mesures préservatrices édictées en vue de maintenir la santé des équipages naviguant à bord des navires de commerce.

Trop longtemps négligée, l'hygiène de la marine marchande est devenue, depuis quelques années, l'objet des préoccupations du Gouvernement ; mais il reste beaucoup à faire pour améliorer les conditions d'existence du marin, surtout à bord des navires de petit tonnage, où aucune surveillance médicale ne peut être exercée.

Il ne faudrait pas croire cependant que rien n'a été tenté, mais, à chaque effort, le législateur s'est heurté à des intérêts particuliers tendant à restreindre les charges nouvelles qu'il croyait devoir imposer aux armateurs dans l'intérêt des équipages embarqués, et à des difficultés constantes pour faire exécuter les mesures prescrites. C'est peut-être moins par imprévoyance que pèche notre législation que par la non-application des règlements toujours en vigueur et non scrupuleusement suivis. Ajoutons en outre que, dans certains cas, la routine constitue un obstacle sérieux et difficile à surmonter pour l'adoption des plus sages mesures qui, tout en étant exécutoires en principe, demeurent en réalité, dans la pratique, lettre morte.

II. — EXPOSÉ DE LA RÉGLEMENTATION RELATIVE A L'HYGIÈNE DE LA MARINE MARCHANDE.

Le seul objectif que l'on ait eu pendant longtemps en vue avait trait à la sécurité de la navigation. Sous ce rapport, il est curieux de noter, dans les livres anciens, les procédés de préservation collective employés à une époque fort reculée par les Phéniciens et les Romains, qui, dans la construction de leurs bâtiments, mettaient déjà en usage les cloisons étanches et les quilles à roulis, et, dans le but de protéger les carènes, les recouvraient de peintures protectrices (1).

Jusqu'au commencement du siècle dernier, la navigation ne s'opérait guère que dans des zones relativement restreintes; les armateurs, ne possédant que deux ou trois navires, exerçaient une petite industrie: ces navires, commandés par des capitaines faisant

(1) De La Roncigre, Histoire de la marine française. — Lindray, Histoire de la marine marchande. — Colin (Ambroise), Navigation commerciale.

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