BORNAGE ET PETIT CABOTAGE. ÎO
De même que ceux qui naviguent dans des conditions similaires sur les côtes de la Manche ou de la mer du Nord, les pécheurs du golfe de Gascogne sont grossièrement mais chaudement velus de costumes de drap épais, de gilets de laine; des pantalons et vêtetements cirés, de solides chaussures de cuir ou des sabots les préservent des paquets de mer et des embruns ; un cache-nez de laine leur couvre presque tout le visage, le bonnet de travail ou le suroit les garantit contre la pluie; mais il faut cependant une constitution robuste pour résister à des veilles prolongées, à un labeur continu, à l'humidité pénétrante provenant de la mer, de la pluie et des brumes fréquentes dans tous ces parages. Les bénéfices de cette industrie maritime seraient accrus si les petits pêcheurs arrivaient à se passer des mareyeurs aux mains desquels ils en abandonnent une partie : mais tous les encouragements donnés et les efforts tentés par les administrateurs des quartiers maritimes pour arriver à ce résultat sont jusqu'ici restés vains.
Sur les balancelles et petits canots montés par deux ou trois hommes les demi-soldiers, incapables de supporter désormais les fatigues de longues navigations, s'efforcent en exerçant la petite pêche à proximité du littoral, en posant des casiers pour la capture des crustacés et des homards, d'accroître leur maigre pension ; ces petites embarcations sont trop souvent encore éprouvées par des accidents de mer, et les gains minimes acquis dans cette petite industrie se trouvent encore diminués par les pertes subies du fait de la détérioration des engins dépêche, pertes contre lesquelles le pêcheur a cependant quelque recours. C'est à bord de ces bateaux de pêche quelesenfants du littoral commencent, tout jeunes encore, à s'habituer à cette rude profession qui sera, pour la plupart d'entre eux, exercée pendant toute leur existence.
Il est impossible de se rendre compte de la morbidité et de la mortalité de la population maritime dont nous nous occupons actuellement; mais, à en juger par les demandes nombreuses d'indemnités temporaires ou renouvelables qui parviennent au ministère de la Marine, si les maladies ne sont pas aussi fréquentes qu'on pourrait le penser au premier abord, il n'en est pas de même des traumatismes ; les maladies a frigore, rhumatisme, bronchite, pneumonie doivent être particulièrement signalées, de même que les panaris occasionnés par les piqûres septiques des hameçons- ou arêtes de poissons, au nombre desquels la vive mérite une mention spéciale.