‹ Traité d'hygiène (volume 4)Chapitre 24 sur 49 · Maison d'ouvrier a Plan de l'étage · texte numérisé non relu

Maison d'ouvrier a Plan de l'étage

Plan du sous-sol (1).

Au rez-de-chaussée, qui sera entouré complètement par un petit trottoir L, en pierres ou en briques, on accédera à l'entrée par deux marches. La porte s'ouvre dans un vestibule F comprenant l'escalier de l'étage et au-dessous celui de la cave ; le vestibule aura un portemanteau et permettra à l'ouvrier de quitter ses sabots ou ses souliers, toujours fortement souillés, avant d'entrer dans l'habitation. La caveE sera réduite, par mesure d'économie, à la partie se trouvant au-dessous d'une chambre B: elle sera éclairée et aérée par deux soupiraux.

La cuisine A, assez spacieuse, sera éclairée par deux fenêtres, l'une au nord, l'autre au midi ; ellecomprendra, sur le mur de refend, la cheminée ou le poêle pour le chauffage et la préparation des aliments; dans un coin, un évier de pierre ou de métal permettra l'évacuation des eaux ménagères. Les armoires ne seront pas monumentales, mais hautes, s'élevant jusqu'au plafond: sur les étages du bas, se placeront les ustensiles d'usage courant: sur ceux du haut, ceux plus rarement employés. On évitera de la sorte beaucoup de place perdue, que l'on peut diminuer encore en plaçant ces armoires dans le murde refend. Les fenêtres auront 1 mètre de large et monteront jusque près du plafond; elles devront pouvoir s'ouvrir facilement pour aérer complètement : il n'est pas utile qu'elles comportent à l'intérieur

(1) Voy. l'explication des lettres à la ligure 103, page 16J.

une tablette qu'on encombre d'objets qui en interdisent l'ouverture.

Des trois chambres, une sera plus vaste G pour les parents (prévoir le berceau), les deux autres B, D, plus petites. Elles auront chacune une cheminée, dont les tuyaux de fumée seront indépendants les unsdes autres et de celui de la cuisine, cheminées devant servir plus à l'aération qu'au chauffage, qui du reste ne sera utile qu'en cas de maladie; le tuyau de fumée de la cuisine traversant toute la maison y entretiendra une douce température. Pour augmenter l'aération, on surmontera les portesd'impostes établies comme nous le verrons plus loin pour les fenêtres d'écuries (fig. 109). Les chambres seront au midi, et les fenêtres ouvertes tous les matins dissiperont les miasmes accumulés pendant la nuit.

Il n'était pas utile de prévoir un garde-manger ou office pour mettre les aliments à l'abri des souillures, car la cave, d'un accès facile, rendra ce service.

Le mobilier ne comprendra que les meubles nécessaires, mais établis solidement et à surface lisse. Le bois, comme les métaux, seront avantageusement revêtus de peinture, qui rendra leur lavage plus facile, ce lavage devant être fréquent. Pour cette raison, les escabeaux de bois sont préférables aux chaises de paille. Les lits seront toujours mobiles, de préférence en fer ; ils pourront économiquement être ceux employés dans l'armée, c'est-à-dire des planches peintes sur des tréteaux métalliques. Les matelas de paille sont certainement meilleurs que ceux de plumes ; ils ont, du reste, par suite de leur bon marché, l'avantage d'être faciles à renouveler souvent, ce qui doit être fait tous les ans.

A ce propos, nous devons recommander que, lorsqu'un matelas aura servi à un malade atteint d'affection contagieuse, il ne devra pas être vidé sur un fumier, mais brûlé immédiatement.

Le sol de la cuisine sera toujours lisse et étanche, si possible recouvert de carreaux céramiques faciles à entretenir en état de propreté. lien sera de même des chambres, quoique, pour l'étage, il serait plus économique d'y établir des planchers qui devrontêtre bien jointifs etbien entretenus.

Pour la couverture, onpeutréduire

carr(>fa(7e w'/rxmïfue h L>' ? ï

'""Il *"■■■ '■""".if.nHl.lRfl - ^

■fierté dinfuSpires ■■■

. cîme/ii

Fig. 106. — Couches isolantes sous la toiture, contre la muraille, sous le carrelage.

ladépenseen établissanl l'étage

164 ED. IMBEAUX ET E. ROLANTS. — HYGIÈNE RURALE

en mansardes, pourvu que le plafond en soit bien isolé par un matelas de mâchefers fins (1). Il sera toujours préférable de construire un grenier, qui sera un meilleur protecteur contre le froid ou la chaleur, et qui permettra d'y ranger certains produits encombrants comme le bois. La toiture sera, nous y avons insisté plus haut, garnie de gouttières : celles-ci, si on n'a pas d'eau facilement, aboutiront à une citerne K qui recueillera l'eau de pluie. En cas contraire, cette eau sera évacuée (fig. 103, 104 et 105).

Le vestibule F aboutira à une petite porte donnant un accès facile au puits I, muni d'une pompe pour l'eau potable. De l'autre côté de l'habitation se trouveront en 1 1 la fosse et les cabinets d'aisances.

Devant la maison, au nord, une terrasse JN est réservée aux jeux des enfants. Derrière est le jardin M, dans lequel l'ouvrier industrieux pourra construire un petit appentis pour y ranger les outils de jardinage et y placer quelques cages pour rélevage des lapins et des volailles.

HABITATION DU CULTIVATEUR. — Celte habitation varie, comme on le comprend facilement, avec l'importance de l'exploitation et aussi avec le genre de culture. Cependant on doit tout d'abord poser en principe, et nous le redirons plus loin, qu'elle doit servir uniquement au logement de la famille et du personnel du fermier: les animaux en seront donc écartés notablement. Nous ne pouvons ici donner une disposition schématique, et nous devons nous contenter de rester dans les généralités.

On a souvent conseillé de bâtir des maisons sans étage pour (pic la surveillance du fermier soit plus facile et plus efficace. Nous ne voyons pas que cette raison soit bien importante, car le fermier, levé dès l'aube et couché à la môme heure que son personnel, réside peu dans sa chambre. Aucontraire, les chambres à l'étage permettent un repos plus efficace, étant moins troublé par les allées et venues aux alentours de la maison. Il est donc préférable de réserver le rez-de-chaussée aux services généraux, l'étage aux chambres à coucher et le grenier aux récoltes petites ou précieuses.

Surfout si la cour est petite el par suite .les étables proches, nous recommandons que l'accès aux différentes pièces du rez-de-chaussée ne soit pas direct, mais pratiqué dans un vestibule ou un couloir. On peut ainsi éclairer mieux ces pièces et avoir plus de propreté à l'intérieur. La cuisine sera vaste, bien éclairée, bien aérée; dans les petites exploitations, elle sert de salle commune; il sera bon d'y adjoindre une petite salle qui comportera l'évier et où se fera le lavage de la vaisselle et des ustensiles : la cuisine sera par suite tenue plus proprement et imposera aux habitants le désir de ne pas la souiller. La laiterie, que nous étudions plus loin en détail, pourra être atte-

(1) La figure 106 montre la disposition à adopter en ce cas.

nantc à l'habitation, pourvu qu'elle n'y communique pas. Une pièce du rez-de-chaussée n'ayant qu'une entrée par le dehors, avec si possible les ouvertures au nord, conviendra fort bien.

Les dispositions que nous avons indiquées ci-dessus pour l'habitation de l'ouvrier agricole seront suivies avec avantage: et, si l'exploitation est petite et l'habitation modeste, le planque nous en avons donné pourra suffire.

Si l'exploitation est plus importante, on poura prévoir une salle à manger distincte pour le fermieretsa famille, la cuisine étant réservée au personnel, et un bureau.

Pour les très grandes exploitations, le propriétaire fera bâtir pour lui-même une habitation qui ressemblera aux maisons bourgeoises, et les bâtiments affectés aux opérations de la ferme en seront plus ou moins éloignés.

Au point de vue agricole strict, les bâtiments de la ferme doivent être disposés de telle sorte qu'ils permettent au fermier une surveillance facile et au personnel un service commode ; cela n'exclut pas que la disposition tienne compte des nécessités hygiéniques.

Ces nécessités sont principalement une bonne orientation des bâtiments destinés aux logements des animaux, l'éloignement des fumiers et purins de ces bâtiments, de l'habitation et surtout des puits. Il faut y ajouter les craintes d'incendie que peuvent donner les granges contenant les récolles. Aussi est-il indispensable que les bâtiments soient très isolés les uns des autres. Ils comprendront trois groupes : l'habitation, à laquelle on pourra annexer la laiterie; le logement de tous les animaux; le logement des récoltes et instruments avec les hangars.

L'habitation sera autant que possible indépendante du reste de la ferme, car sans cela les émanations des écuries et étables s'y répandent ; déplus, la grande promiscuité donne un transport plus facile des fumiers dans l'habitation, qui, ainsi trop souvent souillée, est mal entretenue et devient insalubre.

Pour le logement des animaux, il est important de connaître l'orientation des vents dominants, et l'exposition à choisir est variable suivant que les animaux sont ou ne sont pas en stabulation, qu'ils sont en exploitation comme les vaches laitières ou à l'engraissement. Nous reviendrons plus loin sur l'éloignement et l'utilisation des fumiers.

Les recolles doivent être préservées de l'incendie et de l'humidité. Gomme il est nécessaire de se rendre dans les écuries el étables pendant la nuit, les causes d'incendies peuvent être fréquentes si toutes les précautions ne sont pas prises. La respiration des animaux et des lavages fréquents des locaux entretiennent surtout dans les étables une humidité, recherchée dans certains cas, mais à laquelle il

166 ED. IMBEAUX ET E. ROLANTS. — HYGIENE RURALE.

faut absolument soustraire les récoltes sous peine de les voir se détériorer rapidement. Nous ne parlons que pour mémoire de certaines récoltes qui, après fabrication, comme le vin et le cidre, demandent des soins tout particuliers décrits dans les ouvrages spéciaux ; là surtout il est absolument indispensable que les bâtiments qui les abritent soient bien isolés et protégés.

Nous ne pouvons donner qu'une disposition schématique (fig. 107),

qui montre comment les diverses parties de la ferme doivent se trouver les unes par rapport aux autres. En A l'habitation du fermier avec, sur un coté, le puits (i pour l'eau potable (si on ne peut en avoir dans de meilleures conditions), et de l'autre F les cabinets d'aisances. Elle sera construite suivant les indications données plus haut. Devant l'habitation se trouve la cour D, qui devra toujours être entretenue en parfait état de propreté ; elle servira uniquement à la rentrée des récoltes et au passage des animaux: elle sera néanmoins le plus vaste possible. Si la cour est relativement peu étendue, elle sera pavée ou soigneusement empierrée sur toute sa surface : si au contraire elle est très vaste, on pourra.se contenter de la paver seulement le long des bâtiments et sur le passage habituel des animaux et voitures ; le reste sera empierré. Elle sera traversée de rigoles ou dégoûts permettant l'évacuation rapide des eaux pluviales, les seules qui y seront admises. Dans l'endroit le plus commode, on creusera une citerne pour l'eau de pluie collectée par les gouttières des toitures. D'un côté la cour sera délimitée par les bâtiments B servant au logement des animaux, dont les fumiers seront évacués en E, comme nous le verrons plus loin. De l'autre coté C, lesgranges et tous les bâtiments destinés au logement des récoltes. La cour pourra être fermée par des murs soutenant des hangars H, laissant entre eux une très large porte permettant l'isolement des diverses parties de la ferme en cas d'incendie.

Voyons maintenant les dispositions spéciales à chaque partie.

Fig. 107. — Disposition schématique des divers bâtiments et dépendances d'une ferme.

A, maison d'habitation ; B, logement des animaux ; C, logement des récoltes; D, cour; E, fumier; F, fosse d'aisances ; G, puits ; H, hangars.

LOGEMENT DES ANIMAUX. ÉCURIES. — Si le cultivateur a toujours le plus grand souci de la santé de ses animaux (ils représentent souvent un capital très important), il est à remarquer qu'il n'apporte presque jamais aucun soin dans la construction, l'aménagement et l'entretien des locaux qui leur sont affectés. Il est vrai qu'il habite lui-même de tels taudis qu'on comprend pourquoi les animaux ne sont pas mieux traités.

Aux premiers âges, et encore maintenant en certaines contrées, les animaux même domestiqués vivaient en plein air. Ils étaient ainsi soustraits à la contagion et à l'intoxication de nosétables; ils en étaient plus robustes et ne contractaient aucune de ces maladies si communes maintenant que la stabulation complète est la règle. La tuberculose, si fréquente dans l'espèce bovine de nos contrées, n'existe pas dans certains pays, comme la Sardaigne. Aussi, comme le disait M. Pion(D, l'étable idéale doit se rapprocher le plus possible de l'état naturel, si bien que le grand hall aux larges fenêtres, où l'air et le soleil pénétreraient abondamment, en est le type absolu et absolument hygiénique. La même idée est exprimée par J.-S. Lloyd (2) à propos des écuries.

Plus on s'éloigne de cet idéal, plus on a de dangers à courir : mais, à voir les locaux actuels, on peut se rendre compte de la distance énorme à parcourir pour l'atteindre. Pas d'aération et pas d'éclairage, telle semble la préoccupation dominante. Des plafonds bas, souvent composés de planches sur lesquelles repose le fourrage; la seule aération se fait par la porte, qui, fermée la nuit ou par les froids, empêche toute entrée del'air extérieur venantéloigner les émanations putrides des animaux et des fumiers : quelquefois on trouve une lucarne, le plus souvent bouchée par de la paille en hiver. Comment peut-on imaginer que des animaux même à santé la plus robuste ne viennent à souffrir et à contracter toutes les maladies ? Aussi la tuberculose est-elle de règle dans les étables, où au moins 50 p. 100 des animaux sont atteints : ce sont surtout les vaches qui, par la stabulation complète, souffrent le plus de cet état de choses. Les chevaux vivent toute la journée au grand air, et ce n'est que la nuit qu'ils peuvent être incommodés. Maislegrand obstacle à toute amélioration est ce déplorable impôt des portes et fenêtres; s'il était supprimé, le paysan se rendrait vite un compte exact de l'importance des mesures hygiéniques que nous réclamons. En attendant, comme il semble qu'il soit appelé à disparaître, on pourrait profiter des dispositions de l'article 16 de la loi du 15 février 1902, qui exempte de tout impôt pendant cinq années toute ouverture pratiquée pour assainir un local. Malheureusement aucun cultivateur n'oserai I en réçla-

(1) Ier Conyrès international d'assainissement et de salubrité de l'habitation, Paris, 190 i.

(2) Sanitary Record, 15 novembre 1906.

ED. IMBEAUX ET E. ROLANTS.

HYGIENE RURALE

mer le bénéfice, car, pour l'obtenir, il serait astreint à dautres améliorations, dont il ne comprend pas encore toute l'utilité.

Les bâtiments réservés aux animaux doivent être considérés comme des bâtiments industriels et comme tels construits économiquement ; mais cela n'exclut pas une disposition convenable et une construction en matériaux appropriés.

Les matériaux seront les mêmes que ceux que nous avons conseillés pour l'habitation, c'est-à-dire pierre ou brique. Les murs seront élevés, dans un terrain sec ou bien drainé de préférence sur une couche de béton, l'humidité étant tout aussi pernicieuse aux animaux qu'à l'homme. Le sol sera surélevé, de façon que la pluie ou les eaux du dehors ne puissent y pénétrer et qu'au contraire tous les liquides

ÏÏCcr

Fig. 10S. — Siphon d'écurie ou d'élable pour l'évacuation des purins.

répandus à l'intérieur en soient facilement éloignés. Pour cela, le sol sera imperméable, un bon pavage bien rejointoyé au ciment surcouche de béton; il sera établi en pente de 1 centimètre environ par mètre, surtout dans les parties réservées aux animaux, pour que les urines puissent s'écouler facilement au dehors. Cet écoulement se fera par des rigoles bien lisses en ciment, terminées par un siphon qui les reliera à la fosse à purin (fig. 108). Le pavage sera réparé aussi souvent qu'il sera nécessaire pour empêcher toute stagnation de liquide.

La couverture sera imperméable et constituée, de sorte que le local soit protégé contre le froid, la chaleur et la pluie. Elle comprendra aussi, comme pour l'habitation, des gouttières pour léloignement des eaux de pluie.

A l'intérieur, les murs seront cimentés jusqu'à une hauteur de lm,75 au-dessus du sol. Dans le reste de leur étendue, ainsi que les plafonds, ils seront enduits de plâtre et blanchis à la chaux au moins une fois l'an, au mois de mai. A l'extérieur, les murs seront aussi protégés jusque 0m,50 environ par un enduit de ciment, qui sera relié à celui qui enrobe le pavage entourant le bâtiment.

Le plafond sera toujours imperméable : cette condition est surtout

indispensable si le logement est surmonté d'un grenier à fourrages, avec lequel il ne doit pas avoir de communication.

Les portes seront avantageusement coupées au milieu de leur hauteur, comme cela existe déjà dans le Nord ; on peut ainsi favoriser l'aération sans crainte de refroidissement des animaux.

Les fenêtres seront placées assez hautes et s'ouvriront de haut en bas, en pivotant sur la charnière placée enbas(fig. 109). La figure A

Fis. 109.

Fenêtres d'éeur

montre une disposition très mauvaise, qui doit être remplacée par celle de la figure B.

Par ces fenêtres, l'aération peut être très bonne, mais on peut la rendre plus efficace par la disposition (fig. 110) que nous empruntons à M. Jonson (1) : l'air pur, arrivant par le haut, chasse dans la cheminée l'air souillé plus chaud qui est expulsé en dehors. Cette cheminée d'aération sera construite en poteries de 0ra,25 de côté montant de 0,u,30 à 0m,50 au-dessus du toit; elle ne devra pas pouvoir s'obstruer. L'aération est en effet indispensable, car (2) dans L'air d'une élable mal ventilée les animaux respirent péniblement : ils souffrent, les phénomènes de nutrition sont troublés, et le lait reflète immédiatemenl par un changement de qualité ces accidents ou ces troubles.

Les fenêtres seront nombreuses pour que le logement, bien éclairé

(1) Jonson, Hygiène de l'é table. Congrès international de laiterie, Paris, 1905.

(2) Baron et Dechambre, ibid.

ED. IMBEAUX ET E. ROLANTS. - HYGIENE RURALE.

soit ténu en parfait état de propreté. Il y a souvent avantage à les garnir de toiles métalliques, qui mettent les animaux (surtout ceux en état de stabulation permanente), à l'abri des mouches qui les tourmentent.

Les mangeoires, de grandeur variable suivant les animaux, seront aussi établies à des hauteurs variables suivant les espèces. Elles seront construites en matériaux imperméables: le mur qui les supporte ou contre lequel elles s'appuient sera recouvert d'un enduit de ciment. Elles seront individuelles, au moins, pour le gros bétail.

Fig\ 110. — Dispositif d'aération des étables, d'après Jonson.

Il faut éviter d assembler un trop grand nombre d'animaux; il est préférable de séparer les locaux de façon qu'ils ne contiennent pas plus de quinze à vingt tètes de gros bétail. Celte disposition permettra •aussi, en cas d'épizootie, de soustraire une partie au moins des animaux à la contagion.

Nous conseillons vivement, surtout dans une exploitation importante, rétablissement d'une sorte d' infirmerie ou lazaret. Un local, séparé des autres et construit comme nous venons de l'exposer, sera destiné à recevoir les animaux malades avant la visite du vétérinaire. €e dernier jugera alors s'il y a ou non danger de contagion poulies autres animaux, et l'isolement rapide de l'animal infectieux pourrait suffire souvent à enrayer la dissémination de la maladie. Il en serait de même de tout animal nouvellement acheté : quelques

jours passés au lazaret permettront de se rendre un compte exact de son élat de santé.

Enfin nous ne saurions trop nous élever contre la coutume générale, qui ne semble du reste pas condamnée par certains agronomes clans des ouvrages récents, de faire coucher les valets ou les vachers dans les écuries ou étables. On donne même dans ces ouvrages des dessins représentant des sortes d'alcôves en bois disposés à un bout •du local. La raison donnée est que les chevaux, la nuit, peuvent se détacher et causer des accidents; par suite ils exigent une surveillance. Nous croyons que cette surveillance pourrait être tout aussi active si le valet était logé dans une chambre contiguë, surélevée au-dessus du sol d3 retable ; une fenêtre placée contre le lit lui permettrait de voir rapi-

dement tout le local.

D'autre part, une fenêtre donnant au dehors et restant ouverte pendant le jour assurerait une aération nécessitée par la promiscuité des animaux (Og. 111).

Après ces considérations générales, examinons les conditions requises pour le logement des diverses espèces animales.

Écuries de chevaux.— Les chevaux,

en revenant du dur labeur de la journée, doivent trouver une écurie sèche, aérée et chaude. Comme ils n'y séjournent que peu de temps dans la journée, elle doit être 1res éclairée, pour que le nettoyage en soit facile.

L'emplacement réservé à chaque cheval aura lm,60 de largeur et 3 mètres de profondeur. La hauteur est variable : pour les écuries plafonnées, elle sera de 4 à 5 mètres et, pour celles qui se trouvent directement sous le toit, 7m,50 du sol au faîtage (1). Derrière les animaux, se trouve un couloir de service de 2 mètres de large.

Les portes seront larges pour éviter les accidents; les fenêtres seront situées à 2m,50 ou 3 mètres environ du sol, en arrière des animaux, pour que la lumière ne vienne pas impressionner directement l'œil.

Fig. JJI. — Chambre de garde décurie.

(I) Boucher, Hygiène des animaux. Encyclopédie vétérinaire Cmlênc, Par

Page 1