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ÉVOLUTION DE L'ÉPIDÉMIE. 1*— 4S

pneumoniques n'est point tranchée et que, quelquefois tout au moins, ce procédé peut être la contagion vraie, autrement dit le simple contact.

Les modes de transmission auxquels le rat et la puce sont étrangers ne jouent qu'un rôle bien minime dans l'évolution d'une épidémie. Ils ne lui sont nullement nécessaires et n'ont aucune influence ni sur sa marche, ni sur sa disparition. L'épidémie est constamment subordonnée à l'épizootie murine, et la courbe de morbidité humaine suit de très près celle de la morbidité des rais, en particulier du rat de grenier, qui, répandu dans les habitations, y vit plus que le surmulot en contact intime avec l'homme. Par suite, s'il se produit pour des causes quelconques une diminution notable du nombre des rats dans la localité; l'épidémie est diminuée ou même enrayée. Il est démontré également que l'arrêt de l'épizootie comme de l'épidémie est corrélatif de toutes les causes qui empêchent la puce de jouer son rôle d'agent d'infection. Ces causes sont en particulier la diminution du nombre des puces et l'élévation excessive de la température. Il existe une saison, d'ailleurs très variable suivant les localités, où les puces pullulent grâce à des conditions favorables de température, d'humidité, etc. C'est à cette saison que, d'après les recherches effectuées dans l'Inde, correspond la période épidémique de la peste.

D'autre part, nous avons remarqué que très généralement une épidémie de peste ne peut continuer son évolulion quand la température atmosphérique se maintient à 30° et au-dessus. La Commission anglaise a constaté que la température exerce une influence marquée sur la disparition du microbe du corps de la puce. Tandis qu'aux températures inférieures à 30° le bacille peut encore exister dans le tube digestif de l'insecte huit jours après qu'il a piqué, il disparait en vingt-quatre heures si la puce, après la piqûre, est conservée à une température dépassant 30°.

Toutes ces conditions de l'arrêt dîme épidémie confirment d'une manière éclatante le rôle des rats et des puces dans la dissémination.

Rôle des linges, vêtements et literie. — Dès longtemps, on a attribué à tous les objets qui avaient été en contact avec le malade et particulièrement au linge, au vêtement et à la literie, la propriété de véhiculer l'infection.

L'expérience prouvequeces objets, s'ils sontsouillés par le microbe, ne demeurent pas longtemps infectieux; il suflit d'une rapide dessiccation pour que le microbe y devienne inoffensif. Cependant, ainsi que nous en avons fait l'expérience dans les camps de ségrégation des villes indiennes, des effets provenant d'une maison pestiférée peuvent conserver pendant onze à douze jours environ le pouvoir de communiquer la maladie.

Sachant que la puce, après avoir absorbé le bacille p^steux, est

capable de le conserver dans son tube digestif en moyenne une (lonzainc de jours, on est amené à incriminer encore les puces des méfaits <|ue Ton attribuait jadis à la souillure des vêtements. 11 est certain pour nous (pie les failsde transmission obtenus en couchant dans le lit où es! mort un pestiféré, ou en manipulant les linges qui lui ont servi, ou en portant ses vêtements, relèvent, dans la presque totalité des cas, des piqûres de puces demeurées dans la literie, dans le linge ou dans les vêtements. Par là s'explique en particulier la transmission de la peste aux blanchisseurs.

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