V.is P.-L. S1MOM). — PESTE
Il existe également un certain nombre de faits bien observés de transmission de peste pneumonique pour lesquels la durée d'incubation peut être exactement déterminée. Tel est le cas, cité par nous, des sept cipayes musulmans de Kurrachee qui contractèrent la maladie
en veillant le cadavre d'un de leurs camarades décédé de peste pneumonique. Ils présentèrent les premiers symptômes de la pneumonie pesteuse les uns dans le cours du second jour, les autres dans le cours du troisième jour, après la veillée mortuaire.
La Commission d'enquête sur la peste de l'Inde en 1899 a recueilli un certains nombre de faits qui lui font admettre pour l'incubation une durée de un à cinq jours. Dans la plupart de ces cas, une cause «Terreur résulte de la probabilité que l'inoculation s'est effectuée par l'intermédiaire des puces postérieurement au moment auquel on la fait remonter. Très rares sont les observations où il est possible de fixer avec quelque certitude l'heure de la piqûre de l'insecte infectieux.
Rapprochant de nos observations personnelles celles qui ont été faites par divers auteurs au cours des dix dernières années, nous ne croyons pas qu'il existe de cas authentique d'une incubation ayant sûrement dépassé quatre jours de durée.
Mesures à prendre vis-à-vis des personnes suspectées d'être en période d'incubation. — S'il est nécessaire de tenir en surveillance les personnes suspectes d'être en période d'incubation, il ne faut cependant pas attacher à cette question de l'incubation chez l'homme une importance démesurée. A l'époque où l'on supposait que la contagion directe jouait le rôle capital dans l'évolution des épidémies, on était fatalement amené à maintenir les individus réputés suspects strictement en quarantaine pendant une durée assez longue, au moins égale à la durée maxima de l'incubation. Or cette durée, établie d'après des observations insuffisantes était assez arbitrairement estimée à neuf, dix, douze jours, suivant les auteurs. Nous savons actuellement que le malade n'est infectieux qu'à une période tardive de sa maladie, que la contagion immédiate n'est pas à redouter pour la plupart des cas et qu'elle est à elle seule insuffisante pour la détermination d'une épidémie.
Dans ces conditions, le strict isolement des personnes suspectes n'a guère de raison d'être. 11 peut suffire, pour éviter tout danger, de les soumettre à une surveillance médicale etTective, quitte à isoler celles qui tombent malades au moment où l'événement se produit.
Nous aurons à revenir sur celte question de l'isolement.
La peste peut être apportée dans une localité ou un territoire sains, soit par voie de mer, soit par voie de terre. Nous appelons
mesures de prophylaxie offensive celles qui ont pour objet d'empêcher Paccès de la peste dans le pays par Tune ou l'autre de ces deux voies. Le qualificatif d'offensive est justifié, puisque cette prophylaxie consiste à prendre l'offensive contre la peste avant que celle-ci soit apparue. Au contraire, la prophylaxie défensive comprendra l'ensemble des mesures qui permettent à la collectivité de lutter contre la peste dans une localité déjà envahie. Enfin, sous le nom de prophylaxie individuelle, nous indiquerons les procédés et moyens que chaque individu peut mettre en œuvre pour se préserver ainsi que sa famille.