‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 142 sur 224 · XVI. — PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE · texte numérisé non relu

XVI. — PROPHYLAXIE INDIVIDUELLE

Nous entendons par mesures de prophylaxie individuelle tous les moyens que les particuliers peuvent mettre en œuvre pour se protéger, eux et leurs familles, quand ils habitent une localité pestiférée, ou suspecte, ou simplement menacée de l'invasion de la peste. Cette prophylaxie individuelle fait partie intégrale de la prophylaxie défensive. Elle est l'auxiliaire obligatoire de toutes les mesures d'ordre général, assumées par les autorités d'une ville envahie. Si elle est pratiquée par la majorité des habitants, elle contribue, dans une large mesure, à assurer le succès des opérations défensives.

Les individus sont en général infectés dans leur domicile. — L'expérience montre que, dans la majorité des cas, l'individu atteint de peste a été infecté dans son domicile. Cependant on a d'assez nombreux exemples d'ouvriers qui contractent la maladie dans les locaux où leur travail les oblige à passer soit la journée, soit la nuit. On peut voir aussi des personnes qui, pour avoir passé quelques instants dans un local où il s'est produit des cas murins ou humains, manifestent une atteinte de peste. Dans une ville en épidémie, la sécurité absolue n'existe nulle part, mais le risque, en dehors des locaux où il y a eu des rats malades, est extrêmement faible. Il est au contraire très grand dans les maisons infectées.

De ces observations on peut conclure qu'une mesure excellente pour se mettre à l'abri consisterait, lors d'une épidémie, à habiter hors de la ville et à n'y venir que pour ses affaires. Quelques privilégiés seulement peuvent employer, pour eux et leurs familles, ce moyen de protection. Pour ceux qui ne peuvent transporter leurs pénates hors du foyer de peste, il importe de veiller à ce que leur demeure soit à l'abri de toutes les causes d'infection

Protection de la maison contre les rats, les puces et les punaises. — Avant tout, la maison doit être rendue inaccessible aux rats, aux puces et aux punaises. Il faut donc qu'elle soit en bon état au point de vue de sa construction. C'est dans les habitations anciennes, délabrées, dont la maçonnerie de mauvaise qualité a commencé de s'effriter par places, dont les charpentes et les boiseries sont vermoulues, dont les caves communiquent par des soupiraux non grillagés avec l'extérieur, dont les parquets sont en mauvais état, dont l'entretien estinsuffisanl, que les rats, les puces et les punaises trouvent des asiles inexpugnables. C'est dans ces maisons aussi que la peste élit domicile, séjourne longuement et reparait à chaque recrudescence. On a cru que certaines maisons conservaient la peste d'une année à l'autre à l'état latent, parce que Ton voyait de nouveaux cas se manifester chaque année, lors des recrudescences succédanl à la première épidémie. La raison de ce fait très com-

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