C. LEVADltl. — FIÈVRES RÉCURRENTES
Méthode de Leishman (1). — On se sert d'une solution préparée en dissolvant 0«*,15 de la poudre de Leishman dans 100 centimètres cubes d'alcool méthylique. On dépose quelques gouttes de cette solution sur la couche de sang étalé et desséché (non fixé) et, quelques minutes après, on y ajoute à peu près le môme volume d'eau distillée. L'alcool se mélange à l'eau et s'étale uniformément sur la lame. Au bout decinqàdix minutes, on lave à l'eau, on dessèche, eton examine directement. Les préparations o firent le môme aspect que celles colorées par le Giemsa.
Détails morphologiques. — L'étude morphologique des spirilles de la récurrente a été entreprise au cours des dernières années par Schaudinn, Zettnow et Prowazek. Cette étude est des plus intéressante, car elle touche de près aux relations qui existent entre les spirilles d'une part, et les protozoaires ainsi que les bactéries d'autre part. On sait que Schaudinn (2), à la suite de ses recherches sur l'évolution deVHemamœba Ziemanni, parasite de la chevêche, dans le corps du Culex pipiens, a pensé pouvoir attribuer aux spirilles les attributs des protozoaires et de les rapprocher, tant au point de vue morphologique que biologique, de certains flagellés. Nous n'entrerons pas dans les détails de celte question, qui, d'ailleurs, est loin d'être définitivement tranchée. Nous dirons seulement que, malgré les études approfondies auxquelles on a soumis les spirilles pathogènes, il a été impossible de découvrir chez eux des détails de structure permettant de les identifier avec les trypanosomes. En effet, les parasites de la fièvre récurrente, les plus faciles à étudier parmi les spirochètes pathogènes, à cause de leur volume, ne montrent ni noyau bien différencié, ni centrosome, ni membrane ondulante. Zettnow (3) distingue, après coloration au Giemsa, un eclosplasme formant l'enveloppe du parasite, et un contenu colorable en bleu plus ou moins foncé, constitué par un mélange intime d'endoplasme et de chromaline. De son côté, Prowazek (4) insiste sur l'existence, chez les spirilles, d'un périplaste se colorant par le Giemsa dune façon différente de l'ectoplasme. Ce périplaste parait avoir une structure alvéolaire, est traversé par des fibrilles et résiste à l'action de la trypsine, de la pepsine, de la s îponine et de la sapotoxine, contrairement au contenu proloplasmique, lequel se laisse attaquer par les ferments protéolytiquesetles glycosideshémolysants. Le périplaste, d'après Prowazek, se continue aux deux extrémités du parasite avec les flagelles terminaux, dont il sera question plus loin. La membrane ondulante, visible chez les gros spirochètes (Spirochœla Balbianii, Sp. anondonlœ), n'existerait
(1) Leishman, British med. Journ., sept. 1901.
(2) Schaudinn, Arb. aus deux Kaiserlich. Gesundheilsamle, 1904, vol. XX, fasc. 3, p. 387.
(3) Zettnow, Zeilschr . fur Ilygime, 1906, vol. LU, p. 485.
(4) Prowazek, Centralbl. fur Bacteriolojie, 1908, vol. XLVI, fasc. 3, p. 229.
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qu'à l'état de vestige chez les petits spirilles. Quant à la chromatine, Prowazek admet qu'elle est représentée par des granulations régulières, disposées à la file dans le corps du parasite et formant un bâtonnet nucléaire.
Cils vibratils. — La question de l'existence de cils vibratils chez les spirilles pathogènes est importante. Leur présence chez les parasites spirilles a permis de résoudre le problème de la parenté qui existe entre ces parasites d'une part et les bactéries d'autre part, problème fort discuté dans les derniers temps. Les recherches de Borrel (1), faites sur le Spirochœta gallinaram, ont mis hors de doute l'existence des cils latéraux chez ce spirochète. Ce savant a eu Tidée d'examiner des préparations de spirilles isolés des éléments cellulaires et aussi débarrassés que possible de matières albuminoïdes. Afin de les obtenir dans cet état, Borrel centrifuge du sang de poule infectée, recueille les spirilles qui surnagent à la surface de la couche globulaire et les suspend dans une certaine quantité d'eau salée. Après une nouvelle centrifugation, il lave une seconde fois le dépôt, mélange les spirilles avec quelques gouttes d'eau et les étale sur des lames. Après fixation à la chaleur, on colore par le procédé de Lœffler employé pour la mise en évidence des cils vribatils (mordant au tanin, fuchsine phéniquée), en ayant soin de changer plusieurs fois le mordant tout d'abord, la fuchsine ensuite. Après ce traitement, les spirilles montrent des cils latéraux très nets, sous la forme de filaments ondulés et plus ou moins enchevêtrés, attachés le long du corps du parasite. On remarque, en outre, <ies bouquets de cils terminaux aux deux extrémités.
Cette découverte, rapprochée, d'une part, de l'absence de détails de structure analogues à ceux des protozoaires et aussi de la division transversale des spirilles (Voy. plus loin), vient confirmer l'hypothèse de la nature bactérienne des spirochètes, soutenue par Koch, Metchnikoff, Zettnow et d'autres. Elle a été vérifiée, en ce qui concerne les spirilles de la récurrente africaine, russe et américaine, par Zettnow (2) et par Fraenkel.
Le premier se sert de l'imprégnation à l'argent pour colorer les parasites de la tick-feuer (fièvre récurrente africaine) et met ainsi en évidence leurs cils vibratils latéraux. Du sang de rat infecté est défibriné, puis centrifugé; les parasites sont recueillis à la surface du culot sanguin et lavés plusieurs fois avec de Teau salée isotonique. On les étale sur des lamelles et, après fixation au formol, on les mordance avec une solution d'acide gallique et de tartrate d'antimoine ; on les imprègne ensuite à l'argent, en traitant les préparations avec une solution de sulfate d'argent ajoutée d'éthylamine. Les cils latéraux découverts par Zettnow ressemblent à ceux obser-
(1) Borrei,, C. II. de la Soc. de biologie, 1906, vol. LX, p. 138.
(2) Zettnow, Zeitschr. fiir Hyy., 1900, vol. LU, p. 539.
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vés par Borrcl chez le spirochète do la septicémie des poules. De son côté, Fraenkel (1) décrit des formations similaires chez les spirochètes de la fièvre récurrente russe et américaine. Le spirille américain possède non seulement les cils terminaux signalés auparavant par Novy et Knapp, mais aussi des filaments ciliaires implantés latéralement. Ouant au microbe de la fièvre à rechutes d'Europe {Sp. Obermeieri), il ressemble à ce point de vue aux spirilles de la tikfevereï delà récurrente américaine, comme il résulte des recherches de Framkel (2), faites à l'aide du procédé à l'argent recommandé par Zettnow. Ajoutons que, pour ce qui a trait aux spirilles de la récurrente européenne, leurs cils avaient déjà été entrevus antérieurement par Karlinski (3), qui, sur cent préparations, aurait constaté cinq fois des formations ciliaires assez nettes. Rappelons également que, d'après Zettnow, le prolongement terminal ondulé dont parlent Schaudinn, Novy et Knapp, diffère des cils latéraux proprement dits; en effet, il se colore avec les couleurs basiques d'aniline, montrant ainsi des affinités tinctoriales sensiblement différentes de celles des véritables formations ciliaires.
Spores. — Le fait que les spirilles disparaissent à la fin de la crise, pour réapparaître dans le sang au début de la rechute, a suggéré l'idée que ces parasites doivent engendrer des spores. On a pensé que les formes en spirale donnent des spores résistantes, lesquelles se conservent quelque part dans l'organisme aussi longtemps que dure la période fébrile, pour se transformer, au début de l'accès, en parasites spirilles typiques. Cette hypothèse, soutenue par Heidenreich, a été admise par Albrecht et Rossbach. Albreeht affirme même avoir constaté l'apparition de spirilles dans une goutte de sang recueillie pendant la période d'apyrexie, et placée entre lame et lamelle, constatation qui fut confirmée par Gerhardt et Lachmann. Cependant, il est actuellement hors de doute que les spirilles, et en particulier ceux de la fièvre récurrente, ne possèdent pas de spores. Aucun auteur, parmi ceux qui ont étudié les spirochètes à l'aide des méthodes de colorations perfectionnées, n'a vu des formations pouvant être rapprochées des spores bactériennes. 11 est établi, d'ailleurs, que le sang infectant, soumis à une température de 55°, perd totalement ses propriétés pathogènes.
Mode de division. — On a beaucoup discuté le mode suivant lequel se segmentent les spirilles en général, et le Spirochœta Obermeieri en particulier. Les auteurs sont peu d'accord sur ce sujet; les uns admettent que ces parasites se divisent longitudinalemenl, d'autres disent avoir observé leur segmentation transversale.
(1) Fraenkel, Hyg. Rundschau, 1907, p. 263; Centralblat fur Bactériologie, 190S, vol. XLVI, fasc. 4, p. 471.
(2) Fr/Eivkel, Centralblat fur Bactériologie, 1908, vol. XLVII, fasc. 4, p. 471.
(3) Karlinski, Forlschr. der Med., 1890.
En général, les microorganismes appartenant au monde des bactéries etdesprotozoaires se divisent de deux façons : chez les bactéries, bacilles et vibrions, la segmentation s'opère transversalement; le microbe se divise à un point donné de son corps, après l'apparition d'une cloison qui sépare les deux individus destinés à se détacher l'un de l'autre. Chez les protozoaires flagellés, au contraire, la division s'opère longitudinalement : elle débute par le dédoublement du flagelle et se termine parla segmentalion du parasite suivant sa longueur. Abstraction faite de quelques rares exceptions, on conçoit que le mode de division est important au point de vue de la précision de la nature bactérienne ou protozoaire d'un microorganisme donné. Tel est le cas, par exemple, du spirille de la fièvre récurrente, dont les alfinités avec les bactéries ou les protozoaires ont été fort disculées.
D'après Schaudinn, Prowazck et les partisans de la nature protozoaire des spirilles, ces microorganismes se divisent longitudinalement. Ainsi Prowazek affirme avoir observé des spirilles mobiles (spirilles de l'ulcère tropical) se segmentant dans le sens de leur plus grand diamètre, constatation qui fut confirmée par Hoffmann et Prowazek (1) chez le Spirochœta buccalis et le Spirochœta balanitidis, et parMuhlens et Hartmann (2) chez le Spirochœta deniium. Ces auteurs auraient constaté, sur des préparations fraîches, deux spirilles réunis par l'une de leur extrémité et disposés en forme de V.
D'autres observateurs, partisans de la nature bactérienne des spirilles, prétendent avec tout autant de fermeté que les divers représentants du genre Spirochœta se divisent par segmentation transversale. Zettnov, qui a examiné à ce point de vue le spirille de la tick-fever, observe des parasites se divisant au milieu de leur corps par suite de leur étirement à ce niveau ; deux spirilles de dimensions à peu près égales se montrent réunis bout à bout par un filament mince, prêta se rompre. Cette constatation est conforme aux observations antérieures de Metchnikoff et de Levaditi, et aux données plus récentes de Borrel et M"e Cernovodeanu (3) et de Swellengrebel (4), concernant le mode de division du Spirochœta Balbianii et du Spirilum giganten/n. Sans entrer ici dans les détails de cette question, nous dirons seulement que nos recherches, faites sur le spirille de la poule et de la fièvre récurrente africaine, concordent avec les observations des auteurs quenous venons de citer. Soit sur des coupes, soit sur des frottis, soit enfin sur des spirilles examinés à l'état frais, nous n'avons jamais constaté des figures pouvant être interprétées comme un stade d'une division longitudinale des
(1) Hoffmann et Prowazek, Ccntralhlat fur Bactériologie, 1906, vol. XLI, fasc. 7, p. 741.
(2) Mûhlens et Hartmann, Zeitschr. fur Hygiène, 1906, vol. LX, p. 81.
(3) Borrel et Mlle Cernovodeanu, C. R. de la Soc. de Biologie, 1907, juin, vol. LXII, p. 1102.
(4) Swellengredel, C. R. de la Soc. de Biologie, 1907, vol. LXII, p. 213.
Traité d'hygiène. XVII. — 35
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parasites spirilles. Nous nous sommes convaincus que les spirilles disposés en forme de V, dont parlent Schaudinn cl Prowazek, se
sont réunis par suite de L'agglutination de leur- cils terminaux el ne résultent nullement de la segmentation longitudinale d'un seul microbe. En effet, non seulement les ondulations des deux microorganismes ne coïncident pas entre elles, comme cela devrait être s'il s'agissait de deux jeunes parasites résultant d'une segmentation longitudinale, mais encore, très souvent, les deux spirilles réunis enV sont d'une inégale longueur. Par contre, nous avons pu établir la réalité de la division transversale des spirochètes, s'opérant comme il suit : à un moment donné, un spirille, plus long que d'habitude, s'amincit vers la partie médiane de son corps, s'élire et donne naissance à deux microorganismes plus petits, réunis entre eux par un mince filament ondulé. Bientôt ce filament se déchire, et les deux spirochètes filles se détachent pour flotter librement dans le plasma.
On doit donc admettre que le mode habituel suivant lequel les spirilles se divisent est celui delà segmentation transversale. C'est là une constatation qui, rapprochée de l'absence de détails de structure rappelant ceux des trypanosomes et de la présence de cils latéraux et terminaux, permet d'établir l'existence de relations intimes entre les spirilles de la fièvre récurrente et les bactéries.
Conservation et essais de culture. — Les spirilles de la récurrente se conservent plus longtemps in vitro, lorsque le prélèvement de sang est fait au début de l'accès, que si l'on puise les spirilles tout près du début de la crise. Nous avons donné plus haut une explication plausible de ce fait. D'après Karlinski (1), les spirilles gardent longtemps leur mobilité quand le prélèvement de sang est fait chez l'homme vers le quatrième jour d'un premier accès (vingt et un jours entre lame et lamelle, et environ cent jours dans un tube capillaire). Par contre, ces parasites cessent de se mouvoir huit heures déjà après la saignée, quand cette saignée est pratiquée le septième jour de la période fébrile. De leur côté, Novy et Knapp (2) ont constaté que les microbes de la fièvre à rechutes sont encore virulents quarante jours après le prélèvement du sang au commencement de l'accès.
Une méthode assez pratique, permettant la conservation de l'activité pathogène des spirilles en dehors de l'organisme pendant un temps plus ou moins long, a été indiquée par Pasternazki (3), en 1890. L'auteur a constaté que, si l'on fait sucer du sang infectieux humain à des sangsues, et si l'on conserve ces dernières à la température de la chambre, les parasites cessent de se mouvoir le quatrième jour: mais, si les sangsues sont gardées à basse température, cette mobilité persiste encore le dixième jour. De son coté,
(1) Karlinski, For tschr. der Medizin, 1S90 (d'après Wladimiroff).
(2) Novy cl Khapp, Journ. of Infect. Diseuses, 1906, vol. III. 3) Pasternazki, Vratsch, 1890 (d'après Wladimiroff).
Karlinski (1) a observé la conservation de la vitalité des spirilles pendant vingt jours dans l'intestin des sangsues. Comme le remarque W!adimiroff(2), ce procédé est avantageux lorsqu'il s'agit d'expédier du virus, et aussi parce qu'on évite ainsi la coagulation du sang, entravée par le ferment anticoagulant de la sangsue.
De tous les milieux employés pour conserver les spirilles en dehors de l'organisme, c'est encore le sang qui s'est montré le meilleur. L'eau physiologique (solution isotonique de NaCl) immobilise à la longue les spirillesdans le tubeà essai, tandis que dans l'eau distillée, la disparition de la mobilité s'opère très rapidement, sans qu'il y ait toutefois de véritable plasmolyse. Le carbonate de soude à 20 p. 100 se montre relativement sans action, tandis que le citrale de soude est assez nocif. La glycérine, l'alcool, le chloroforme sont nettement spjnllicides, et il en est de même de l'acide phéniqueel du sublimé. Parmi les médicaments, on a essayé l'action, dans le tube à essais, de la quinine, de l'acide salicylique, de la créosote, de la strychnine ; en solutions assez étendues, ces substancee tuent les spirilles de la récurrente. Ajoutons que, parmi les dérivés arsenicaux, le paraminophénylarsenoxyde, produit dérivé de l'atoxyl par voie de réduction (Ehrlich), se montre spirillicide in vitro. Les parasites se comportent donc comme les trypanosomes vis-à-vis de ce produit.
On a étudié, dans ces derniers temps, l'influence exercée sur les spirilles et les flagellés par les poisons hémolysants, et on a constaté [Neufeld et Prowazek (3)] ue certains glycosides, qui provoquent la dissolution des hématies, tuent non seulement les trypanosomes, mais aussi les spirilles. On a tiré de là des arguments plaidant en faveur de l'identité entre les spirilles, d'une part, et les parasites flagellés, d'autre part. La question a été reprise récemment parLevaditi et Rosenbaum (4) ; ces auteurs ont vu que non seulement les glycosides hémolytiques, en particulier la saponine, mais aussi les extraits d'organes autolysés et le venin de serpents (cobra) sont à la fois des poisons globulaires et des substances toxiques pour les trypanosomes et les spirilles. Des recherches approfondies ont montré cependant l'existence de différences assez nettes entre les parasites flagellés et les spirilles, et des dissemblances marquées entre ces derniers et les bactéries. De sorte que, se basant sur ces constatations et sur les considérations morphologiques dont i! a été question plus haut, Levaditi et Rosenbaum admettent, conformément à une conception formulée antérieurement par Mesnil et
(1) Karlinski, déjà cité.
(2) Wladimiroff, Ruckfallfieber, (huis Handbuch der path. Mikroonianismcn de K.OLLE et VVassermann, 1903, fasc. XI II et XIV, p. 75.
(3) Neufeld et Prowazek, Arh. aus dem Kaiser lie h. Gesundheitsamle, 1907 vol. XXV, fasc. 2, p. 494.
(4) Levaditi et Rosenbaum, Ann. de l'Instiiut Pasteur, vol. XXII niai 1908 p. 323. '
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Caullery, que les spirilles ne sauraient cire Identifiés ni avec les protozoaires, ni avec les bactéries. Ils occupent une place à pari et doivent être considérés comme des organismes faisant transition entre le monde des protozoaires et celui des bactériacées (Voy. également Borrel)(l).
11 a été impossible, jusqu'à présent, de cultiver in vilro les spirilles pathogènes ; on n'a obtenu que des cultures en sac de collodion. En se servant de ce procédé, Levaditi (2) a pu cultiver le Spirochœla gallinarum et en faire de nombreux passages en série. Du sang de poule infectée est ensemencé dans un sac en collodion contenantdu sérumde poule chauffé de 60 à 70°, et, aprèsla fermelure du sac, on place ce dernier dans la cavité péritonéale d'un lapin. Au bout de quelques jours, on retire le sac et on constate que les spirilles sont mobiles et qu'ils offrent môme un début de multiplication. On fait un nouvel ensemencement sur le même milieu, et on obtient ainsi une pullulation de plus en plus active.
Le même procédé s'est montré efficace en ce qui concerne la culture du spirille de la fièvre récurrente africaine (3). Le milieu le plus favorable est le sérum de singe, chauffé à 70° ; mais on peut cultiver ce parasite dans des sacs en collodion contenant du sérum de poule, porté à la même température. Les tentatives de passages sur des milieux habituels, ou sur des milieux animalisés, aérobiquement et anaérobiquement, sont restées infructueuses. Si, lors d'un premier et d'un second ensemencement sur le milieu de Novy, par exemple, on constate une certaine multiplication des parasites, cette multiplication cesse bientôt, quels que soient les perfectionnements que l'on apporte au milieu de culture.
Pathogénité. — La pathogénité du spirille de la récurrente européenne pour l'homme a été démontrée par les expériences de Mi'inch (4) , de Moczutkowsky (5) et de Metchnikoff; tout dernièrement encore, Hàndel rapporte l'observation d'un travailleur s'étant involontairement inoculé le spirille d'Obermeier au cours de ses travaux de laboratoire. Dès la découverte de ce spirille, Obermeiera essayé de l'inoculer à des chiens, à des lapins et à des cobayes ; mais les animaux n'ont montré qu'une élévation passagère de température, sans qu'il y eût chez eux une pullulation des parasites dans le sang. Haydenreich (6) et Karlinski (7) n'ont pas pu transmettre la spirochétose au chien et à l'âne ; de son côté, Carter (8) n'a pas réussi non plus dans ses
(1) Borrel, Bull, de la Soc. de patholog. exotique, 1908, vol. I, p. loi.
(2) Levaditi, G. R. de la Soc. de biologie, 1906, séance du 7 avril.
(3) Levaditi, C. R. de l'Acad. des sciences, séance du 14 mai 1906.
(4) Mûnch, Moskauer lirztliche Anzeiger, 1874.
(5; Moczutkowsky, Centralhl. fur med. Wissenschaften, 1876; Deutsche Arch. fur klin. Med., 1879, vol. XXIV (d'après Wladimirofe).
(6) Heidenreich, Monographie sur les spirochètes, Berlin, Hirschwald, 1877.
(7) Karlinski, déjà cité.
(8) Carter, Medico-chirurg ical Transact., 1880, vol. XLY.
expériences faites sur les lapins, les souris, les cochons, les pigeons et les poules. C'est le singe qui s'est montré, dès le début, sensible à l'infection par le spirille d'Obermeier. Cette sensibilité des simiens, établie par Carter (1) et Koch (2), a été confirmée dans la suite par Metchnikoff (3), Soudakewitch (4), Gabritchewsky (5), Tictin (6), Ivanoff (7) ctBardach (8).
L'animal, inoculé avec du sang infectieux humain sous la peau ou dans la cavité péritonéale, ne montre aucun symptôme pendant la période d'incubation, qui dure de quatre à cinq jours. A ce moment, on constate une élévation de la température, coïncidant avec l'apparition des parasites dans la circulation générale. Le singe est abattu pendant le temps assez variable (un à trois jours) que dure l'accès. Celui-ci se termine par une crise et, en général, il n'y a pas de récidive; toutefois, dans certains cas, Gabritchewsky et Bardach ontconstaté des récidives se terminant parla guérison définitive. Les organes des singes, en particulier la rate, sont infectieux. Parmi les variétés de simiens inférieurs sensibles au virus de la récurrente, on cite les semnopithèques, les macaques et les cercopithèques.
Des recherches plus récentes ont montré toutefois que le singé n'est pas leseul animal sensible au virusde la récurrente européenne. On a pu, en effet, transmettre la maladie à des rats, à des souris et à des hamsters, en se servant surtout d'un virus ayant fait un ou plusieurs passages sur le singe. Lorsqu'on a repris l'étude expérimentale de la fièvre à rechutes, Fraenkel (9) reconnaissait l'impossibilité de conférer la récurrente aux rats et aux souris, mais, plus tard, ce savant a réussi là où il avait échoué auparavant (10) [Cf. également Babinovitch (1 1) j- Il a établi que le virus de la fièvre à rechutes est pathogène pour les souris et les rats et que, s'il tue les premières presque constamment, il ne provoque chez le rat qu'une mortalité de 50 p. 100. La maladie peut récidiver jusqu'à quatre fois de suite chez les rats qui survivent à une première attaque. Quant à Hamdel (12), il s'est servi, d'après les conseils d'Uhlenhut, de spirilles ayant fait plusieurs passages sur le singe ; il a pu ainsi transmettre la spirillose d'Europe aux souris et aux rats par injections intrapérito-
(1) Carter, déjà cité.
(2) Koch, Kaiserliche Gesundheilsamte, 1881, vol. I.
(3) Metchnikoff, Virchow' s Archiva, 1887, vol. GIX ; Forlschr. der Medizin, 1888.
(4) Soudakewitch, Ann. de VInst. Pasteur, 1891, vol. V.
(5) Gabritchewsky, Ann. de VInst. Pasleur, 1896, vol. X.
(6) Tictin, Centralhl fur Bactériologie, 1897, vol. XXI.
(7) Ivanoff, Cenlralbl. fur Bactériologie, 1897, vol. XXII. (S) Bardach, Ann. de VInst. Pasteur, 1899, vol. XIII.
(9) Fr knkel, Hyff. Bundschau, 1907, n° 5.
(10) Frjenkel, Berl. klin. Wochenschr., 1907, n° 22.
(11) Rahinovitch, Cenlralbl. fur Bactériologie, 1908, vol. XLVI, fasc. 7, p. 581.
(12) II endel, Mediz. Klinik, 1907, n°44; Arb. aus dem kaiserl. Gesundheilsamte 1907, vol. XXVI.
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Déaies. L'incubation est en général de deux à quatre jours, et l'accès dure environ quatre jours. Après une première crise, on constate une ou plusieurs rechutes, bien entendu si les animaux ne succombent pas h la suite d'un premier accès (1).
Ajoutons que la quanti lé de virus injectée a une grande importance quant à la gravité et à l'évolution de la maladie. Lorsqu'on administre de très petites quantités de spirilles, on peut échouer, mais il arrive aussi de conféreraux animaux une maladie très légère, évoluant lentement et se traduisant par la présence de très rares parasites dans la circulation générale et par l'agglutinabilité spontanée des hématies. Il arrive aussi que l'examen microscopique est impuissant à révéler la présence de spirilles dans le sang circulant, et cependant l'injection de ce sang à d'autres animaux, en particulier à des jeunes rats, est suivie d'une infection manifeste [Nattan- Larrier(2j. Infection parla peau intacte: Voy. plus loin]. Par contre, la spirillose évolue rapidement et est fréquemment mortelle lorsqu'on introduit dans le péritoine du rat de grosses quantités de virus.
Diagnostic microbiologique. — Le diagnostic microbiologique de la fièvre récurrente peut être fait en examinant le sang frais entre lame et lamelle, au microscope ordinaire : lorsque les spirilles sont en nombre suffisant dans la circulation générale, on peut les trouver facilement par ce procédé simplifié. Mais, si le sang est relativement pauvre en parasites, il est indiqué de se servir de l'examen à l'ultramicroscope (éclairage latéral), introduit dans la pratique par Landsteiner et Mucha (3). Il s'agit du dispositif utilisé pour la recherche microscopique du spirochète de la syphilis. On se sert d'un des appareils fabriqués par Reichert, par Zeiss ou par Leitz, dont on trouvera la description ailleurs (4). Une goutte de sang, prise à la pulpe du doigt et diluée avec de l'eau physiologique, est déposée à la surface d'une lame préalablement bien nettoyée (lame spéciale pour l'appareil de Reichert). On couvre avec une lamelle propre, on dépose une goutte d'huile de cèdre à la surface du disque à éclairage latéral, et on y applique la lame. En examinant avec un oculaire compensateur 18 et un objectif n° 6, on distingue, sur un champ microscopique totalement noir, des spirilles mobiles, apparaissant comme des filaments brillants fortement éclairés; les globules rouges ont la forme de disques lumineux légèrement jaunâtres. Grâce à ce procédé, il devient très facile de découvrir des spirilles dans des préparations qui n'en renferment qu'un très petit nombre.
Une autre méthode, plus simple que la précédente, puisqu'elle
(1) Fulledorn et Mayeb [Mediz. Klinik, 1^)07, n° 17, p. 487) sont arrives à des rësultaLs analogues.
(2) Nattan-Larrier, Bull, de la Soc. de palholog. exotique, 1909, p. 239.
(3) Landsteiner et Mucha, Centralbl. fur Bactériologie, 1907, vol. XXXIX, n°s 17-19. (A) Levaditi et Roche, La syphilis, Masson, 1909.
n'exige l'emploi d'aucun dispositif microscopique spécial, est celle de
Ventre de Chine, recommandée par Burri ( 1). A la surface d'une lame bien nettoyée, ou dépose un mélange d'une suspension d'encre de Chiùe et d'un peu de sang contenant des spirilles; on examine au microscope ordinaire, après avoir couvert la goutte avec une lamelle. L'aspect est à peu près le même que celui d'une préparation du même sang observée àl'ultramicroscope.
Le diagnostic peut être également fait par la recherche du parasite dans des préparations de sang colorées par un des procédés que nous avons exposés plus haut (violet de gentiane dilué, méthode de Gùnther , solution de Giemsa). Lorsqu'il s'agit de l'examen anatomo-pathologique fait sur coupe, on peut se servir de la technique basée sur l'imprégnation à l'argent de Volpino (2) ou de Levaditi (3).
Enfin, dans les cas difficiles, on pourrait s'adressera l'inoculation aux animaux, aux singes en particulier.
§2. — Fièvre récurrente africaine
(Tick-fever, Zeckenfîeber).
Nous avons vu, au début de cet article, que la fièvre récurrente existe en Afrique et qu'elle est causée par un spirille sensiblement différent de celui de la fièvre à rechutes d'Europe. Livingstone (4), en 1857, lors de son voyage en Afrique portugaise du Sud, parle d'une maladie humaine qu'il appelle Human tick disease et qui, transmise par les piqûres de certains tics, paraît ressembler à la fièvre récurrente d'Europe. En 1892, Hinde(5) observe une infection analogue au voisinage de Kasongo. La récurrente africaine a été signalée et étudiée dans l'Ouganda, le Congo et dans l'Est- Africain allemand.
Dans l'Ouganda, en 1903, Christy (6) a constaté une maladie des nègres transmise par un tic particulier, YOrnithodorus moubata; il pensait que l'infection était causée par la Filaria prœstans. Gook (7), Nabarro (8), Hodges et Roos (9) établissent qu'il s'agit, en réalité, d'une fièvre ayant l'aspect et l'évolution clinique de la fièvre récurrente d'Europe, et cette constatation fut confirmée en 1904 par Roos et Milne (10), qui décelèrent un spirille particulier dans le sang des
(1) Burri, Das Tuscheverfahren, Iéna, G. Fischer, 1909.
(2) Cf. Bertarelli et Volpino, Cenlralbl. fur Bactériologie, 1906, vol. LXF, las. 4, p. 1.
(3) Levaditi et Manouélian, Annales de Vlnst. Pasteur, vol. XXI, 1907, p. 205.
(4) Livingstone, Mission, Londres, 1857.
(5) IIinde, La chute de la domination des Arabes au Congo, Bruxelles, 1S97, d'après Werner.
(6) Christy, Brit. med. Journ., 1903 (d'après Sobernheim).
(7) Cook, Journal of tropical med., 1904, p. 2i.
(8) Naharro, lirit. med. Journ., 1905.
(9) Hodges et Roos, Journal of tropical med., 1904.
(10) Roos et Milne, lirit. med. Journ., 1904, p. 1453.
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malades. Dans le Congo, Hundee observe, en 1892, la fièvre récurrente dans le territoire situé à l'ouest de Tanganyika; mais c'est à Dulton et Todd (1) que Ton doit la découverte du spirille de la lièvre récurrente congolaise, appelé Spirochœta Dutloni, en la mémoire de Dutlon, qui succombai la suite d'une infection spirillaire occasionnée par ses recherches sur l'agent pathogène de cette maladie. Les savants anglais ont démontré la transmissibilité de la spirillose africaine par un tic, jouant le rôle d'hôte intermédiaire, YOrnilhodorus moubata, ainsi que l'inoculabilité aux singes.
Dans Y Est-Africain, la maladie fut longtemps confondue avec le paludisme; Brûckner (2) en 1902 et Werner (3) en février de la môme année, l'identifièrent avec la fièvre à rechutes. Mais c'est aux recherches de Koch (4), faites pour la plupart dans les environs de Dar es Salam et de Morogoro, que l'on doit des connaissances précises sur les caractères de la récurrente de l' Est-Africain, sur le spi-. rille qui en est la cause et sur les conditions qui président à sa transmission par les tics.
Il résulte de ces données que , dans trois régions de l'Afrique centrale, il existe une infection spécifique caractérisée par des accès fébriles survenant d'une façon intermittente et séparés Les uns des autres par des périodes d'accalmie, maladie engendrée par un spirille particulier, le Spirochœta Dutloni, et transmise par une espèce de tics, YOrnithodorus moubata Murrey, jouant le rôle d'hôte intermédiaire.
Caractères du a Spirochœta Duttoni ». — La longueur de ce spirille varie entre 13 à 43 p. d'après Dutton et Todd, entre 24 à 30 j* d'après Schellack (5); son épaisseur est de Ojx, 3 d'après Zettnow, de 0jx,45 d'après Schellack. Son aspect et ses affinités colorantes sont celles du Spirochœta Obsrmeieri. La distinction entre ces deux parasites ne peut être faite que d'après leurs dimensions longitudinales; en effet, comme l'a fait remarquer Koch, le spirille de la récurrente d'Afrique est sensiblement plus long que celui de la fièvre à rechutes d'Europe. Schellack, confirmant Koch, dit que, dans l'appréciation des dimensions longitudinales du spirille de Dutton, il faut tenir compte des parasites en voie de division transversale, encore réunis par un mince filament ondulé.
Le Spirochœta Dutloni montre les mêmes détails de structure que
(1) Dutton et Todd, Lioerpool med. School, 1905, 17e mémoire; lirit. med. Journ., 1905, p. 1259.
(1) Brûckner, Medizinalberichl neber die deustche Kolonien, 1905, Mittler und Sohn, Berlin.
(3) Werner, Arch. fur Schiffs-und Tropenhygiene, 1907, vol. X, p. 776.
(4) Koch, Deutsche med. Wochenschr., 1905, p. 1865 ; Berlin. Min. Wochenschr., 1906, vol. CLXV.
(5) Schellack, Arh nus dem kniserlich. Gesundheilsnmle, 1939, vol. XXX, fasc p. 379.
le spirille d'Obermeier; c'est en examinant le spirochète africain que Zettnow a pu distinguer un ectoplasme enveloppant le mélange de chromatine et d'endoplasme qui constitue le corps spirillaire. De son côté, Koch décrit des espaces clairs disposés d'une façon irrégulière le long du filament spirillaire, cela sur des préparations colorées au Giemsa; cette constatation fut confirmée par Novy et Knapp et par Dutton et Todd. Il n'y a aucune différence entre les mouvements du spirille de la fièvre africaine et ceux que nous venons de décrire à propos du Spirochaeta Obermeieri. Peut-être le premier montre-t-il des mouvements de progression moins accentués.
Le spirille de la récurrente d'Afrique possède des cds péritriches, ainsi que l'a constaté Zettnow pour la première fois, en se servant de sa méthode de coloration au mordant d'antimoiue et au sulfate d'argentéthylaminc. Ajoutons que la culture in vitro du parasite spirille de Dutton n'a pas pu être réalisée jusqu'à présent. Comme nous l'avons déjà vu, on ne l'a cultivé qu'en sacs de collodion placés dans le péritoine des lapins, sacs contenant du sérum de singe, chauffé à 60°. Levaditi a pu ainsi obtenir des cultures successives et assez abondantes pendant plus de quarante jours; les spirilles offraient leur aspect caractéristique, ne montraient aucune forme pouvant être interprétée comme un stade de cycle évolutif et avaient conservé leurpathogénité.
Pathogénité. — Le pouvoir pathogène des spirilles de là récurrente africaine a été étudié par Koch, par Dutton et Todd, par FJreinl et Kinghorn et par Norris, Pappenheimer et Flournoy. L'infection est transmissible au singe, à la souris, au rat, au lapin, au cobaye et au chien.
Le singe peut être infecté par inoculation de sang contenant des spirilles, sous la peau ou dans le péritoine ; on peut également lui iransmettre la spirillose africaine en le faisant piquer par des Orniihodorus contaminés (Dutton et Todd, Koch). L'incubation est d'environ cinq jours; l'accès est caractérisé par une élévation de la température et par l'apparition des spirilles dans la circulation générale. Il y a une ou plusieurs rechutes, l'infection se terminant souvent par la mort.
Chez la souris, l'injection du virus dans le péritoine provoque une spirillose apparaissant après une incubation de deux ou trois jours, le sang étant très riche en parasites. Les rats peuvent être infectés par injection sous-cutanée et intrapéritonéale, et aussi par piqûre de tics. L'incubation dure de trois à neuf jours, et il y a plusieurs accès, l'infection évoluant plus lentement et donnant lieu à plus de récidives que celle engendrée chez les mêmes animaux parle spirille de la récurrente d'Europe.
D'après Dutton et Todd et Breinl et Kinghorn, il est possible de conférer la récurrente africaine au lapin, au cobaye et même au
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chien, à condition de leur administrer une assez grosse quantité de sang infectant; les animaux jeunes paraissent plus sensibles.
Spirille abyssinien. — Brumpt (1), ayanl reçu de Dirredaoua iprovincc d'Harar, Abyssinie) des Ornithodorus r??ou6a/a, les fit piquer
sur des singes, en particulier sur des Macacus rhésus el proroqua chez ces derniers une maladie fébrile apparaissant après dix jours d'incubation. 11 constata des spirilles dans le sang des animaux, spirilles qui étaient pathogènes pour la souris et le rat. Les parasites ressemblent, au point de vue morphologique, au Spirochœia Dulloni. Toutefois, Brumpt les considère comme appartenante une espèce à part, ou plutôt comme une variété atténuée du spirille de la récurrente africaine. En effet, les animaux guéris de la spirillose abyssinienne se sont montrés sensibles au virus de Koch.
Etant donnéque le spirille de \a fièvre re'currenleaméricaine, découvert par Norris et étudié par Novy et Knapp, ne diffère pas morphologiquement de celui de la fièvre récurrente d'Europe, nous nous dispenserons de le décrire en détail.
§ 3. — Différenciation.
Il y a entre les diverses espèces de spirilles qui provoquent des infections à type récurrent des différences de grandeur, comme il résulte des études faites par Schellack (2), par Novy et Knapp et par Zettnow. Nous donnons un tableau résumant les dimensions longitudinales et transversales des spirilles africain, américain et russe :
imensions transversales.
Schellack. Novy.
Zettnow.
Spir. africain.
0 [jl.45.
0 fx, 3.
Spir. américain.
Op, 31.
0,2 — 0 |jl, 3.
Spir. russe.
Dimensions longitudinales (Schellack)
Spir. africain 24 à 30 jx.
Spir. russe 19 à 20 jjl.
Spir. américain 17 à 20 jju
Ces chiffres montrent que, des trois variétés de spirilles, c'est l africain qui est le plus long et le plus épais. Cependant les dimensions et l'examen morphologique des parasites spirilles ne suffisent pas pour en faire des variétés à part. C'est leur étude biologique, en particulier leur pathogénité et surtout leur façon de se comporter vis-à-vis des réactions de Y immunité qui ont fourni des arguments
(1) Brumpt, Bull, de la Soc. de pathol. exotique, 1908, vol. I, n° 7.
(2) Schellack, Arh. ans don kaiserlich. Gesundheilsamtc. 1909, vol. XXX, l'asc. 2, p. 379.