HISTORIQUE DU TYPHUS EXANTHEMATIQUE
Épidémie de Plouhinec (Finistère), en 1879 (Gestin); ÉpidémiedeGarnoët(Côtes-du-Nord),en 1892 (Netter); Épidémie de L'arrondissement de Châteaulin (Finistère), de 1890 à 1892 (Dubuisson, Netter).
Telles sont 1rs peliles explosions épidémiques locales. Mais c'est l'endémie, plus silencieuse, qui relie les faits épidémiques. A l'occasion de répi<16niie de Rouisan, Gestin a pu établir que, de 1872 à 1875, le typhus exanthématique avait élé endémique dans les cantons de Brest, Ploudalmézeau, Saint-Renan, Plabennec, Lannilis, Landerneau, Pont-Croix, Saint-Pol-de-Léon, Landivisiau (Finistère) et avait frappé un grand nombre de villages.
En 1892, Netter, faisant une enquête en Bretagne, démontrait la présence du typhus dans les communes de Veuzit (Finistère), Mousloir et Trébivan (Côtes-du-Nord). Il n'est donc pas douteux que, depuis de longues années déjà, le typhus exanthématique est endémique en Bretagne, où il frappe surtout le Finistère et les Côtes-du- Nord.
L'intérêt de cette constatation apparaît considérable lorsqu'on découvre que l'endémie bretonne a élé, selon toutes probabilités, le pointde départ d'une épidémie (\\\\, en 1892-1893, afrappé douzedépartements, parmi lesquels celui de la Seine.
A la fin de 1892 et durant l'année 1893, le typhus exanthématique se répandit dans la Seine-Inférieure, le Calvados, l'Eure, l'Oise, la Somme, le Nord, l'Aisne, la Seine-et-Oise, la Seine, la Seine-el- Marne, la Mayenne et la Marne. Plusieurs villes importantes lurent particulièrement atteintes, notamment Amiens, Beauvais, Abbeville, Lille, Pontoise, Pont-Audemer, Évreux. A Paris, il y eut 149 cas avec 60 décès.
Le Dr Charlier émit l'opinion que le typhus avait été importé de New- York, où il régnait alors, au port du Havre. Il n'apportait aucune preuve démonstrative à l'appui de cette hypothèse. L interprétation de Netter paraît beaucoup plus plausible. Pour lui, le typhus fut transporté du foyer endémique de Bretagne au Havre par le bateau qui fait un service régulier entre MorlaixetLeHavre,et qui débarque dans cette dernière ville de nombreux Bretons. Du Havre à Paris, le typhus a suivi deux routes : d'une part, la grande voie directe marquée par les foyers de Neufehâtel, Gournay, Étrepagny, Gisors, Ponloise,etc. Les cas constatés à Abbeville, Amiens, Lille, Beauvais, se rattachent à cette direction par des déviations faciles à suivre sur une carte. D'autre part, le typhus a suivi la route du Havre, lion- Heur, Pont-Audemer, Rouen, Évreux, Mantes, Paris.
Le tableau suivant résume la répartition actuelle de l'endémie typhique dans les pays d'Europe.
570 L. TIIOINOT ET P. RIBIERRE. — TYPHUS EXANTHÉMATIQUE.