‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 158 sur 224 · OPHTALMIE GONOGOCCIQUE DU NOUVEAU-NE · texte numérisé non relu

OPHTALMIE GONOGOCCIQUE DU NOUVEAU-NE

mination se fait au passage de la tète dans le canal cervico-vaginal, c'est-à-dire au moment de l'accouchement. Quelquefois même, lorsque l'accouchement a été laborieux et prolongé, on peut voir l'enfant présenter dès la naissance une suppuration conjonctivale abondante.

Ce sont évidemment les mucosités et les liquides expulsés en même temps que l'enfant qui transportent l'agent infectieux jusqu'à la muqueuse oculaire, et il est probable que le contact n'a lieu qu'au moment où l'enfant entr'ouvre les paupières, c'est-à-dire après la naissance. Ce mode de contamination a pour conséquence fréquente l'atteinte simultanée des deux yeux. Dès le commencement du xixe siècle, le rapport entre les flueurs blanches de la mère et l'ophtalmie du nouveau-né fut établi par Gibson. Lorsqu'on interroge avec soin les mères d'enfants atteints d'ophtalmie sur la présence de flueurs blanches au cours de leur grossesse, on en relève l'existence dans les trois quarts des cas environ. Dans l'autre quart, il faut admettre que l'infection était latente, ce qui veut seulement dire qu'elle échappait à nos moyens grossiers d'investigation clinique. Ce que les recherches modernes ont ajouté aux notions anciennes, c'est qu'il ne suffit pas que les flueurs blanches existent, il faut qu'elles soient produites par une infection gonococcique pour donner lieu à l'ophtalmie gonococcique du nouveau-né.

Prophylaxie de r ophtalmie gonococcique du nouveau-né. — Elle découle des notions étiologiques et avant tout de l'origine maternelle de l'infection. Gibson, en 1807, posait les bases de la prophylaxie en se proposant de faire disparaître les flueurs blanches chez la mère pendant la grossesse; en cas d'insuccès, d'en débarrasser le vagin pendant l'accouchement, d'en débarrasser par des lavages les yeux de l'enfant aussitôt après la naissance. Ce sont ces idées qui, avec quelques variantes dans les moyens employés, régissent de nos jours encore la prophylaxie de l'ophtalmie. Les solutions antiseptiques ont toutes été préconisées. Si beaucoup d'entre elles exercent souvent une action favorable sur l'évolution d'une infection gonococcique utéro-vaginale, il faut reconnaître, néanmoins, qu'aucune d'elles ne peut être considérée comme étant d'une efficacité constante. Il en est un peu de même en ce qui concerne la destruction du gonocoque dans le sac conjonctival.

La seule différence consiste dans le fait que certains antiseptiques ne peuvent être utilisés en raison de leur action nocive sur la cornée (acide phénique, sublimé). Piringer avait montré expérimentalement sur l'homme qu'un lavage du cul-de-sac à l'eau pure, fait au plus trois minutes après l'infection, suffisait pour l'empêcher. Mais il n'est pas toujours possible de faire ce lavage dans les conditions requises pour qu'il soit efficace. On a dès lors cherché à substituer à l'eau une substance douée de propriétés microbicides. Le nombre de substance-

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