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ACIIAI.ME. — MICROBES COMMENSAUX

huit jours avec un abcès au poinl d'inoculation. Guillemot le croit très commun, mais difficilement cultivable.

«Bacillus thetoides » Risl el Guillemot). — Identifiable probablement avec I»' Bacillus funduliformis (Halle . étudié également par Veillon H Zuber, Veillon el Morax.

C'esl une espèce très polymorphe, présentant parfois une apparence nettement bacillaire, mais pouvant se renfler en son centre au point de devenir presque sphérique.

Immobile, il se décolore par la méthode de Gram. Colonies jaunâtres présentant l'aspect d'une lentille convexe. Il ne se développe (|u à la température de l'étuve; cultures fétides. Vitalité très inégale. Abcès gangreneux ou escarre chez le cobaye.

« Bacillus Albarrani » (Jungano). — Bacille isolé de l'urine du bassinet, se rapprochant assez de Baccillus thetoides. Pathogène pour le cobaye.

« Bacillus serpens » (Veillon et Zuber). — Probablement identifiable avec B. radiiformis (Rist, Guillemot).

C'est un gros bacille immobile, se décolorant par la méthode de Gram, donnant des colonies assez caractéristiques qui liquéfient la gélatine. Cultures fétides. Vitalité faible. Pas d'étude chimique. Il tue le cobaye en produisant un abcès au point d'inoculation.

« Bacillus fusiformis » (Veillon et Zuber). — Bacille polymorphe, n'ayant une apparence fusiforme que dans le pus. Cultures fétides. Abcès bénins au lapin et au cobaye.

« Bacillus nebulosus » (Halle). — Petit bacille décoloré par la méthode de Gram. Il donne sur gélose glucosée des colonies à aspect nébuleux.

« Streptobacillus pyogenes floccosus » (Courmont). — Streptobacille très fin, végétant en flocons dans les milieux liquides. Isolé dans un cas mortel de bubon accompagné d'abcès pulmonaire. Pathogène pour le cobaye, le lapin et le chien.

« Spirillum nigrum ». — Rist a décrit sous ce nom un microorganisme mobile, présentant un petit point pigmenté. Il ne liquéfie pas la gélatine et donne sur agar des colonies variant du brun au noir. Les cultures sont fétides. Il semble peu pathogène. Le nom générique de spirille ne paraît pas convenir parfaitement à cette espèce, non plus du reste qu'à l'espèce voisine, décrite par Guillemot dans la gangrène pulmonaire.

On voit qu'il est vraiment difficile d'identifier ou de différencier des microorganismes d'après des descriptions aussi sommaires. Aussi n'insisterons-nous pas sur les espèces décrites par Gaudiani. ROLE PATHOGÈNE DES MICROBES AN AÉROBIES CHEZ L'HOMME. — Les principaux foyers de vie anaérobie dans l'organisme sont : la bouche, l'intestin, les organes génitaux. L'existence des microbes anaérobies dans la bouche est connue depuis longtemps,

puisque Vignal, en 1886, en signalait déjà l'existence. Les interstices dentaires, les sillons gingivaux, les divers replis de la muqueuse buccale, offrent, avec l'abondance de la matière organique, des cou ditions favorables à la vie sans air. Les recherches de Miller, celles plus positives de Lewkoviez, de Choquet, de Monier, ont montré que les espèces anaérobies facultatives ou strictes jouaient un rôle des plus important dans la pathogenèse de la carie dentaire. Le Bacillus ramosus est spécialement incriminé par Monier. Cette prédominance d'espèces anaérobies explique la fétidité des abcès d'origine dentaire, où on les rencontre concurremment avec des vibrions et des spirilles (Vibrio rugula, Spirochœte denticola).

En face de ces cas où Ton peut suivre la voie de pénétration des microbes, il faut placer toutes les stomatites et pharyngites félidés ou gangreneuses, où l'infection de la muqueuse se fait en surface. La stomatite ulcéro-membraneuse représente un type morbide cliniquement assez bien défini. Mais on n'a pas pu encore établir quel processus amène la mortification superficielle de la muqueuse, qui en est l'expression anatomo-pathologique. Les recherches de Vincent, qui sont les plus précises, l'attribuent à l'action synergique des spirochètes de la bouche et du bacille fusiforme décrit par cet auteur. Les observations de Bruce, Eichmeyer, Buday, sont venues confirmer les conclusions de Vincent. S'agit-il là d'une espèce anaérobie? Malgré toute la vraisemblance, on ne peut l'affirmer, car le bacille fusiforme n'a pu être cultivé à l'état de pureté (Eichmeyer). Ce caractère ainsi que son apparence morphologique le rapprochent beaucoup du bacille de la pourriture d'hôpital et de l'ulcère phagédénique des pays chauds, que nous étudierons plus loin.

Par son extension aux amygdales, le bacille fusiforme donne lieu à une angine à caractères spéciaux, connue sous le nom d'angine de Vincent. Le mauvais état général, l'intoxication hydrargyrique, ou simplement une cause locale comme la carie dentaire ou l'évolution de la dent de sagesse sont les causes prédisposantes favorisant le pullulement microbien à la surface de la muqueuse. Parfois les germes pénètrent plus profondément et aboutissent à la gangrène véritable de la bouche ou noma. La bactériologie de cette affection est des plus diffuse, et les bactéries les plus diverses y ont été rencontrées : il est probable néanmoins, d'après les recherches récentes, que le premier rang doit être réservé au bacille fusiforme et au Bacillus ramosus.

Les microbes anaérobies de la bouche peuvent émigrer dans les diverses cavités qui viennent aboutir au carrefour pharyngien. Rist a montré la facilité avec laquelle ils envahissaient l'oreille moyenne et les cellules mastoïdiennes ; Baup et Stanculeanu ont vu que, dans des cas exceptionnels, les sinusites de la face pouvaient, même en dehors de l'origine dentaire, être dues à des anaérobies que Veillon Traité d'hygiène. XVII. — 7

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cl Morax oni du reste retrouvés dans un cas de péridacryocystite gangreneuse.

La plus grave <l<^ migrations dirccles des microbes buccaux est celle qui abouti 1 à l'infection par la voie aérienne ou sanguine des organes respiratoires (bronches, poumons) et de la cavité pleurale.

Dans la bronchite fétide, il s'agit de la fermentation d'un liquide pour ainsi dire extérieur à l'organisme, et la flore susceptible de la produire esl des plus riches. Il en est de môme de la fermentation secondaire du liquide des cavernes tuberculeuses, syphilitiques, des kystes hydatiques pulmonaires ou de la cavité des pleurésies interlobulaires. Dans ces cas, il semble qu'il s'agisse d'une infection directe par les microbes buccaux.

Dans la gangrène pulmonaire véritable, les anaérobies ont pu être apportés par la pénétration d'un corps étranger dans les voies respiratoires, par une perforation de l'œsophage, ou plus exceptionnellement par une plaie pénétrante du thorax. Mais le plus souvent la gangrène est consécutive à une embolie gangreneuse. Chez les enfants, l'origine otique est la plus fréquente, d'après Guillemot; chez l'adulte, le point de départ peut être aussi fréquemment un abcès dentaire, ou, chez la femme, une infection putride utérine. Dans ces cas, il y a lieu de supposer deux actions convergentes : l'action mécanique de l'embolie et l'action spécifique des microorganismes. La première prédispose à la formation du foyer et la seconde à son extension. — Dans l'examen bactériologique de douze cas de gangrène pulmonaire, Guillemot a trouvé divers microorganismes anaérobies.

La plèvre peut s'infecter par propagation d'une gangrène pulmonaire ; c'est la pleurésie gangreneuse proprement dite. Dans des cas plus rares, que Dieulafoy distingue sous le nom de pleurésies fétides ou putrides, le poumon est sain et la plèvre seule infectée. — Le plus souvent, il s'agit, dans ces cas, d'une migration d'un microbe intestinal à travers le diaphragme. C'est le cas des pleurésies appendiculaires.

Les bacilles anaérobies se trouvent en effet en grand nombre dans la cavité digestive. Quelques espèces, tel le Bacillusbifidus, semblent même, d'après Tissier, exercer une action favorable. Nous avons vu combien il était difficile, sinon impossible, de définir exactement la part des différentes espèces rencontrées dans les péritonites purulentes et principalement dans les inflammations péri-appendiculaires. Les recherches de Veillon sur le rôle des anaérobies dans les suppurations fétides ont eu pour point de départ la bactériologie des appendicites, qu'il a étudiée en collaboration avec Reclus.

Une mention toute spéciale doit être faite du parasitisme anaérobie des voies biliaires. Gilbert et Lipmann ont montré que le canal cholédoque et la vésicule biliaire possédaient une flore normale

composée entièrement d'anaérobieset que ces espèces microbiennes formaient pour ainsi dire la base de toute la pathologie infectieuse biliaire. Des constatations analogues ont été faites par ces auteurs sur le microbisme des canaux excréteurs du pancréas et des glandes salivaires.

Les espèces anaérobies existent aussi dans les voies d'excrétions urinaires, et nous avons vu le rôle important que leur attribuent Cottet et Albarran dans la pathogénie de l'infection urinaire.

Halle a signalé la présence à l'état normal de germes anaérobies dans le vagin et le col utérin. Nous ne reviendrons pas ici sur leur rôle dans la pathogénie de l'infection puerpérale ; nous l'avons longuement étudié à propos du streptocoque. Dans certains cas, néanmoins, les anaérobies peuvent agir seuls. J'en ai rapporté trois cas en 1900, et depuis, Rist et Mouchotte, Jeannin ont étudié particulièrement ces faits.

Mais ce qui prouve combien les conditions d'anaérobisme sont facilement réalisées dans l'organisme, c'est l'existence de foyers microbiens anaérobies dans les replis de la muqueuse vulvaire chez la femme et dans le sillon préputial de l'homme. Rist a en effet montré que les microbes du smegma sont des espèces anaérobies vivant aux dépens des détritus épithéliaux et susceptibles déjouer un rôle dans la pathogénie des balanites et des bartholinites à pus le plus souvent fétide.

Ces faits expliquent que, même sur la surface cutanée, et principalement dans les épidermes macérés, peuvent pulluler des bactéries anaérobies qui produiront soit des accidents de gangrène locale, soit des lymphangites et des adénites présentant l'odeur des suppurations gangreneuses.

On le voit, par cette brève énumération, le champ d'action des anaérobies s'élargit chaque jour aux dépens du domaine des autres microbes pathogènes plus anciennement connus. Il reste beaucoup à faire dans cette voie, car on ne peut comprendre l'action fermentative de chacun de ces microorganismes sans être fixé préalablement sur son déterminisme chimique; or, de ce côté, la question esta peine ébauchée pour la plupart d'entre eux.

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