‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 164 sur 224 · VII. La syphilis secondaire tardive; sa contagiosité · texte numérisé non relu

VII. La syphilis secondaire tardive; sa contagiosité

La syphilis est une maladie en quelque sorte disciplinée, dont les phases se succèdent dans un ordre régulier. Des premières semaines de l'infection jusqu'à la fin de la troisième année s'étend la période secondaire, pendant laquelle la contagion est à redouter, puis la virulence s'éteint. Passé celte époque, le malade entre dans la période tertiaire : la syphilis peut bien encore poursuivre son œuvre, mais elle n'est plus transmissible à autrui. Telle est la marche classique de la syphilis, mais les exceptions à la règle sont nombreuses. Les accidents du terliarisme, — cela est établi, — peuvent être l'origine de contamination. Mais il y a plus, M. A. Fournier a démontré que, contre toute prévision, en pleine période tertiaire, se montrent parfois des efflorescences superficielles de la peau et des muqueuses qui ont manifestement le cachet et la signification des accidents de la période secondaire. A ces reviviscences, à ces retours d'activité, correspond nécessairement un retour de virulence.

En dépouillant 19000 fiches, A. Fournier a compté 1 096 cas de syphilis se traduisant par des accidents secondaires au delà de la troisième année. La syphilis secondaire tardive n'est donc pas une forme exceptionnelle. Fréquente dans les premières années qui suivent l'infection, elle devient de plus en plus rare à mesure que la syphilis vieillit (1). Cependant des manifestations secondaires ont été observées, à titre exceptionnel, vingt ans et même, dans un cas cité par A. Fournier, trente et un ans après l'accident initial.

Sur 1 321 manifestations secondaires tardives, on compte 533 syphilides de la muqueuse de la bouche (lèvres, langue, palais, amygdales, etc.), qui offrent en général le type de la plaque fauchée et 102 syphilides de la région génitale chez l'homme.

J'ai vu des éry thèmes secondaires et des plaques muqueuses sur deux sujets dont la syphilis datait de 18 et 24 ans (2).

Il n'est donc pas surprenant que A. Fournier puisse citer des exemples de contamination tardive, six ans, dix ans et même dixhuit ans après le chancre.

Des recherches ultérieures sont nécessaires avant de décider si certains accidents, fréquents au cours de la syphilis ancienne, tels que la glossite dépapillante, la leucoplasie et les érosions leucoplasiques, l'herpès récidivant, sont doués de virulence.

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