‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 165 sur 224 · VIII. Réinfection syphilitique. — Longtemps, les syphili · texte numérisé non relu

VIII. Réinfection syphilitique. — Longtemps, les syphili

[\) A. Fournier, dans la Syphilis secondaire tardive, 1906, donne les chilï'rcs suivants :

Pour la

i'' année

Pour la 9e

année

os

(2) E. Jeanselme, Syphilis secondaire tardive (Syphilis anarchiquel. lier. yen. de clinique et de thérap., 1909.

616 E. JEANSELME. — MALADIES VENERIENNES.

graphes ont admis comme un dogme que la vérole confère une immunité indéfinie. Aujourd'hui, cette assertion est fortement battue en brèche. Chez d'anciens syphilitiques, Kôbner, Gascoyen, Diday, Neisser, llallopeau ont décrit des chancres qu'ils considèrent comme des exemples d'une réinfection indiscutable. Outre le chancre, on peut parfois constater^un engorgement ganglionnaire local. Dans un cas tout récent de Milian (1), un homme syphilitique depuis dix-huit mois a vu apparaître, quarante-cinq jours après un coït suspect, un chancre typique. Celui-ci était accompagné d'adénopathie inguinale double, mobile et indolente et d'une lymphangite plastique qui se rendait |à un ganglion de l'aîne du volume d'une petite noix. Exceptionnellement, le chancre de réinoculation pourrait même être suivi d'accidents secondaires.

Les arguments tirés de la clinique ne sont pas, jusqu'à ce jour, assez décisifs pour que l'on puisse se faire une opinion ferme sur celte question qui offre un si grand intérêt, tant au point de vue doctrinal^qu'au point de vue pratique.

Les récentes expériences deFinger et Landsteiner (2) démontrent que l'immunité d'un syphilitique n'est pas absolue au cours des périodes secondaire et tertiaire. D'après eux, à tous les stades de l'évolution de la vérole, une nouvelle inoculation donne lieu à une réaction locale nettement spécifique.

Pendant la période secondaire, ils ont obtenu par la réinoculaiion, après une incubation de quatorzejouis, de petits nodules surmontés de squames ou de croûtes et laissant des cicatrices pigmentées. Ces manifestations étaient d'autant plus évidentes que la syphilis était plus récente. En outre, l'intensité de la réaction était, jusqu'à un certain point, proportionnelle à la quantité de virus inoculé. Chez les sujets en pleine période secondaire, les accidents dus à la réinoculation étaient plus atténués.

De plus, Finger et Landsteineront remarqué que lessyphilitiques à la période tertiaire possèdent un mode de réaction spécial. Les inoculations faites sur eux, avec du virus provenant d'accidents primaires ou secondaires, se traduisent par des plaques érythémateuses et brunâtres reposant sur des indurations bien circonscrites. En évoluant, ces accidents prennent la physionomie des lésions tertiaires du sujet réinoculé : tubercules de la peau, gommes, syphilides ulcérées. Ces lésions étaient bien produites par des tréponèmes vivants, car des inoculations faites sur les mêmes sujets avec du virus tué par la chaleur sont demeurées stériles. L'expérimentation sur les animaux donne des résultats conformes

(1) Milian, Réinfection syphilitique. Bull, de la Soc. franc, de dermat. et de syphiligr., 4 avril 1910, p. 83.

(2) Finger et Landsteiner, Sitzunsbericht der kaiserl. Akad. der II issenschafl.. Viende, 1906, vol. CXV, fasc. 3, p. 179.

SYPHILIS. — ETIOLOG1E. • * — 6l7

à ceux qui ont été obtenus sur l'homme. Dans un cas, les savants viennois ont pu réinoculer la syphilis à un Cynocephalus hamadryœ dix mois après la première infection. La lésion représentée par quelques nodules rougeâtres se développa moins bien que l'accident primaire. La période d'incubation de ce chancre de réinoculation fut de neuf jours, et il guérit au bout de huit jours.

De son côté, Neisser lit 37 tentatives de réinfection sur des Macacus cynomotgus, des gibbons et des orangs-outangs. Neuf fois le résultat fut positif. En moyenne, l'incubation fut de vingt-huit jours pour le premier accident et de vingt-neuf pour le second. Neisser put réinoculer un singe trois cent seize jours après la première infection.

De tous ces faits expérimentaux, il résulte que l'hypothèse de réinfection ne peut être rejetée sans examen et qu'une syphilitique' ne doit plus se considérer comme étant à l'abri de toute contamination.

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