‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 167 sur 224 · CHANCRE MOU · texte numérisé non relu

CHANCRE MOU

Jusqu'en 1852, il fut confondu avec la syphilis. A cette époque, commence la fameuse querelle des unicistes et des dualistes. Bassereau, élève de Ricord, établit le premier une distinction entre les deux virus. Grâce à la méthode des confrontations cliniques, il parvient à dégager la loi suivante : le chancre simple ne donne jamais par contagion qu un chancre simple ; le chancre syphilitique n'engendre jamais que la syphilis (1). Clerc, champion de la doctrine uniciste, soutenait l'opinion inverse. Pour lui, le chancre simple, qu'il appelait chancroïde, était le résultat de i inoculation du chancre infectant sur un sujet qui a eu la syphilis constitutionnelle. L'absence d'accidents ultérieurs serait la conséquence d'une demi-vaccination. Raisonnant par analogie, il émettait l'affirmation suivante : le chancre simple est au chancre syphilitique ce que la varioloïde est à la variole. Cette conception fut l'origine d'une pratique désastreuse, celle de la syphilisation. Elle se proposait, par des réinoculations successives de chancres mous sur un sujet, de le rendre réfractaire à la vérole. Lindmann, un courageux expérimentateur, s'est inoculé ainsi environs trois mille chancres, ce qui ne l'a pas empêché de contracter la syphilis.

Ce qui contribuait à obscurcir la question et à prolonger le débat, c'était l'existence, nettement constatée, de chancres qui, débutant pour ainsi dire sans incubation et offrant tous les attributs exté-

(l) Bassereau, Traité des affections de la peau symptomatiques de la syphilis, Paris. 1852.

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