‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 175 sur 224 · LE PÉRIL VÉNÉRIEN. — PROPHYLAXIE · texte numérisé non relu

LE PÉRIL VÉNÉRIEN. — PROPHYLAXIE

distinctif. Parfois elles étaient cantonnées dans un quartier dont elles ne pouvaient franchir les limites sans s'exposer à des ehàtiments rigoureux.

Trop longtemps le public médical abandonna aux autorités administratives le soin d'assurer la prophylaxie des maladies vénériennes. G'étaiten quelque sorteurie abdication de ses droits imprescriptibles.

Mais, depuis quelques années, un revirement d'opinion s'est opéré dans notre milieu professionnel. Le médecin, aujourd'hui pleinement conscient du rôle qui lui est dévolu dans la société moderne, n'hésite pas à aborder les grands problèmes d'hygiène et de prophylaxie dont la solution intéresse à la fois la patrie et l'humanité. Le péril vénérien est l'un de ceux qui sollicitent son attention et, à bien des indices, on peut inférer que notre génération médicale ne se dérobera pas à ce devoir social. La tâche accomplie depuis quelque vingt ans est déjà considérable. En 1887, l'Académie de médecine nommait une commission, présidée par Hicord, pour rechercher les moyens d'enrayer l'extension des maladies vénériennes, et, Tannée suivante, après une mémorable discussion, elle votait les conclusions du remarquable rapport de A. Fournier. En 1899, une conférence internationale pour la prophylaxie des maladies vénériennes se réunit à Bruxelles, et une seconde conférence se tint dans la môme ville en 1902. A la môme époque, grâce à l'initiative d'A. Fournier, la Société de prophylaxie sanitaire et morale se fonde à Paris (1901). Elle se propose d1 « étudier les moyens — et les moyens de tout ordre — à mettre en œuvre pour diminuer dans la mesure du possible la fréquence des maladies vénériennes et de la syphilis en particulier ». C'est donc une ligue contre le péril vénérien destinée à en faire connaître les suites désastreuses à toutes les classes de la société, à faire naître un mouvement d'opinion, à secouer l'indifférence des pouvoirs publics, à jeter les bases d'une prophylaxie efficace. Dès l'année suivante, des sociétés similaires s'organisent à l'étranger, en Italie, en Allemagne, en Belgique, au Danemark, au Canada. Désormais l'impulsion est donnée, la notion du péril vénérien pénètre dans toutes les couches sociales. Elle est vulgarisée par des brochures cl des conférences dans les établissements scolaires, les milieux ouvriers, l'armée et la marine. Des littérateurs détalent (1), précieux collaborateurs du médecin, ne craignent pas d'initier le grand public, par le livre et par le théâtre, aux suites funestes des avaries sexuelles, ces maladies naguère réputées honteuses, dont le nom môme ne devait amais être prononcé. Toutrécemmenl enlin, le Parlement ;i éié saisi jd'im projet de loi qui organise la réglementation de la prostitution sur de nouvelles bases, en s'inspirant des travaux de la Commission rxlraparlementaire sur le régime des mœurs.

(1) Brieux, Les avariés.

656 E. JEANSELME. — MALADIES VÉNÉRIENNES.

Les mesures prophylactiques propres à combattre l'extension des maladies vénériennes peuvent se ranger sous trois chefs différents.

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