MICROBES SAPROPHYTES
spores injectées. Ces dernières germenl dans les organes, mais le mycélium produit u'a pas de tendance à La généralisation. Aussi les organes malades ne cou tenant pas de spores ne peuvent-ils pas transmettre la maladie à d'autres animaux.
11 est nécessaire toutefois, ainsi que l'indique Pinoy à propos d'un travail de Sartory et Jourde sur le pouvoir pathogène <lu Sterigmalocyslis lut eus, de mettre les observations de ce genre à l'abri de la cause d'erreur résultant de la prolifération posl morlem de conidies, inoculées en masse et ayant causé la mort par embolie.
Les ascospores étudiées par Heider, Grijus, produisent par inocu-
Fig. 42. — Mycélium aspergillaire dans les crachats d'un peigneur de cheveux (d'après Renon).
Fig. 43. — Aspergillus bronchinlis (400/1) (d'après Blumentritl).
lations les mômes effets pathogènes que les spores conidiennes.
Les recherches de Kotliar, Lucet, Obici, Rénon, dans le luit d'isoler une toxine de Y Aspergillus fumigalus, ont donné des résultats négatifs. Mais les travaux de Carlo Geni et Carlo Besta semblent être arrivés à des résultats intéressants. Des spores d1 Asperg i llus fumigatus et d' Aspergillus flavescens, ces auteurs ont extrait, par l'alcool et l'éther, une substance toxique, toxine ou alcaloïde, produisant chez les animaux des accidents nerveux aboutissant à la contracture. Ils concluent de leurs observations que les spores ft Aspergillus jouent un rôle important dans l'affection toxique connue sous le nom (te pellagre et que l'on attribue à l'ingestion de farines avariées. Ces recherches, qui ont élé reprises et corroborées par d'autres observateurs, tels que Bodin et Gautier, Otto, Sion et Alexandescu, élargissent le champ pathogène de I Aspergillus. Ces derniers auteurs ont trouvé que les races italiennes et roumaines de VA. fumigatus étaient beaucoup plus toxigènes que les autres.
Il ne faut pas néanmoins perdre de vue que l'accord est encore loin
ASPERGILLOSES. — MUCORMYCOSES. iï- 103
d'être fait sur le rôle des Aspergillus dans la pellagre. Deckenbach attribue en effet cette maladie à une intoxication par YOospora verliciltoïdes Sace, provoquant une altération du maïs, et Tizzoni, en collaboration avec Fasoli et Paruchi, a cherché à établir expérimentalement que l'agent de cette affection était un coccobacille qu'il a isolé du sang et du liquide cérébro-spinal de pellagreux aiguës ou chroniques.
h' Aspergillus fumigatus a un habitat très étendu; on le trouve presque constamment à la surface des graines, telles que millet, vesce, blé, orge, mais, sur les foins, les pailles, les feuilles mortes. On le rencontre fréquemment dans l'air et dans l'eau.
La profession qui expose le plus à l'infection aspergillienne est celle de gaveur de pigeons, consistant à insuffler dans le bec des animaux un mélange de graines de vesce et de millet, introduit dans la bouche. Les peigneurs de cheveux, les grainetiers, les meuniers sont également exposés à cette affection.
L1 Aspergillus fumigatus n'est pas . la seule espèce pathogène du genre. Blumentritt, contrairement à l'opinion de Wehmer, considère comme une espèce distincte V Aspergillus bronehialis, dont il a donné la description évidemment un peu distincte des caractères de Y Aspergillus fumigatus. Le stirpe fumigatus a été démembré par Guegen et grossi par Coslantin et Lucet d'espèces très voisines telles que A. Lignieresi et A. virido-griseus. De même ces derniers auteurs ont créé un stirpe Aspergillus flavus, comprenant plusieurs espèces pathogènes pour les animaux.
Mais la plupart des espèces autres que Y Aspergillus fumigatus ne provoquent chez l'homme que des affections de surface. En dehors des parasites du tokelau, des caratés et de certains mycétomes, que nous verrons appartenir soit à ce genre, soit à des genres très voisins, c'est surtout dans le conduit auditif externe que ces moisissures ont été rencontrées chez l'homme. Des otomycoses ont été bien étudiées par Lindt, Wreden, Silbermann, Olsen et Gade, qui ont observé, outre la présence de Y A. fumigatus, celle des espèces suivantes : A, flavus (A. flavescens),A. repens, A. malignus, Aspergillus (Sterigmatocgstis) nidulans , Aspergillus (Sterigmalocgstis) niger (nigricans). On rencontre parfois également dans l'oreille des espèces de moisissures appartenant à d'autres genres. Le plus voisin est le genre Penicillum, caractérisé par la ramification des hyphes terminées par de longs chapelets de spores. Maggiora et Gradenigo ont rencontré le Penicillum crustaceum dans la trompe d'Eustache, et Lieberman le Penicillum minimum dans un cas aigu.
Ce dernier auteur a également signalé, dans sept cas d'olomycose, la présence d'une espèce plus éloignée, le Verlicillum graphii, qui semble être le Tricothecium roseum de Steudener el esl caractérisé par l'existence de conidies acrogènes solitaires.
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On rencontre également parfois dans le conduil auditif externe des mucédinées appartenant à la famille des mucorinées ordre des phycomycètes . I le sont principalement le Mucor corymbifer Siebenmann), l«- Mucor pusillus (Jakowski el I<i Rhizomucor seplatus (Siebenmann). Ces mêmes espèces, auxquelles il faut ajouter le Mucor racemosus, le Rhizopus eyuinus. le Rhizopus Cohni, le Rhizomucor parasiticiïs, peuvent du reste donner lien;') des infections généralisées suivant les recherches de Lichtheim, Lindt, Lucet el Costantin. Paltauf en a observé un cas très intéressant chez l'homme. Ces mucormycoses, (jui ont fait l'objet de la thèse <le Barthelat, se différencient de l'aspergillose, (Tapies cet auteur, par l'existence d'une néphrite généralisée, qui fait défaut dans la pseudo-tuberculose aspergillaire.
Enfin une observation de Neumann chez le chat, dans laquelle la détermination du champignon a été faite par Costantin, tend à établir que le genre Mortierella comprend également des espèces pathogènes.