‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 186 sur 224 · V. — LE PÉRIL VÉNÉRIEN DANS LES COLONIES · texte numérisé non relu

V. — LE PÉRIL VÉNÉRIEN DANS LES COLONIES

En 1899, dans les troupes coloniales stationnées en France, la proportion des maladies vénériennes n'a été que de 87 p. 1000 (2), tandis cjue, sur l'ensemble des troupes blanches servant aux colonies, elle a atteint le chiffre énorme de 199, 70p. 1000. Dans ce nombre, le chancre mou figure pour un tiers et la syphilis seulement pour un cinquième,

(1) L. Vincent, La marine marchande. — Expose sommaire des conditions toutes particulières d'existence des marins du commerce et des dangers auxquels ils sont exposés. Soc. franc, de prophi/L, 1902, n° 4, p. 172.

(2) La statistique générale (France et Colonies réunies) est la suivante :

Syphilis 26,42 p. 100

Chancre simple 41,49 —

Blennorragie 62,09 —

Il y a lieu de faire des réserves sur l'exactitude de cette statistique pour les raisons que j'ai déjà exposées à propos des statistiques de la marine.

Traité d'hygiène. XVII. — 44

690 E. JEANSELME. — MALADIES VÉNÉRIENNES.

cequi l'ail douter de la valeur de cetle statistique. Certaines montrées sont réputées, à bon droit, comme des foyers d'infection pour nos troupes coloniales. En 1888, certaines unités rapatriées de l'Annani et du sud du Delta présentaient, dans une proportion variant du quart au tiers des effectifs, des lésions de syphilis primaire ou secondaire. Les régiments stationnés au Tonkin donnent une morbidité globale par maladies vénériennes de 338 p. 1000. Au 9e régiment d'Infanterie coloniale, laproportions'est élevée, au coursd'une année, à 535 p. 1 <'<><>. ('/est donc un devoir impérieux pour tout chef de corps de lutter cont re une cause morbide qui peut réduire de moitié notre effectif disponible en temps de guerre, qui grève lourdemment le budget (car la journée d'hôpital, dans certaines colonies, est évaluée à 12francs), qui nécessite parfois la réforme pour infirmité permanente et le rapatriement. Les soldats indigènes ne sont pas soumis au régime de la caserne. En Indo-Chine, la plupart d'entre eux vivent en famille, à proximité du camp, cequi diminue beaucoup les risques de contamination. Toutefois l'état sanitaire des tirailleurs annamites et tonkinois est difficile à apprécier. L'indigène n'a recours au médecin blanc que lorsqu'il y est contraint par la souffrance ; il est donc impossible d'établir, môme approximativement, le nombre des vénériens dans les troupes de couleur.

Dans nos possessions de la côte occidentale de l'Afrique, la blennorragie est universellement répandue. D'après une statistique de 1887-1888, les trois quarts des tirailleurs sénégalais, au Soudan français, étaient atteints d'urétrite chronique. Pareille endémie a été signalée dans rhinrterland, le Fouta-Djalon, le Baoulé et la région du lac Tchad.

La syphilis et la blennorragie font de nombreuses victimes parmi les colons et les fonctionnaires, qui vivent au contact des populations de Madagascar, de l'Indo-Chine, de Tahiti, où les maladies vénériennes sont fort répandues.

Le rapport de M. Kcrmorgant sur les maladies vénériennes observées dans les colonies françaises en 1906 contient les renseignements suivants (1) :

1° Troupes européennes. — 988 cas de syphilis ont été lraitésr en 1900, à l'infirmerie ou à l'hôpital, donnant une morbidité de 41,2 p. 1000 hommes d'effectif total (1905 : 36,2 p. 1000: - 1904 : 32 p. 1000; — 1903 : 33 p. 1000). Ces cas de syphilis se décomposent ainsi :

Période primaire 392 cas.

— secondaire 572 —

— tertiaire 24 —

(h Kerwohgakt, Aead. de méil., séance du li avril 1908. Cette statistique concerne exclusivement Vêlement militaire.

Page 1