LE PÉRIL VÉNÉRIEN DANS LES COLONIES
En 1906, il a été traité à l'infirmerie ou à l'hôpital 1661 cas de chancre mou, correspondant à une morbidité de 09, 2 p. 1 000 d'effectif total (59,2 p. 1 000 en 1905 : — 50,9 p. 1 000 en 1904 ; — 5 1 ,4 p 1 000 en 1903.
Sous cette rubrique, sont comprises les complications du chancre mou, particulièrement fréquentes et longues dans les pays tropicaux.
La blennorragie et ses complications ont nécessité le traitement à l'infirmerie ou à l'hôpital dans 1924 cas, correspondant à une morbidité de 80,3 p. 1000 hommes d'effectif total (88,6 p 1000 en 1905 ; - 77,4 p. 1 000 en 1904; - 56,3 p. 1 000 en 1903).
Le total des maladies vénériennes dans les troupes européennes a donc été de 4573 cas, donnant une morbidité totale de 190,7 p. 1 000 d'effectif total (184 p. 1000 en 1905; - 160,5 p. 1000 en' 1904; - 137 p. 1000 en 1903). L'augmentation est donc progressive dans les quatre dernières années; elle porle principalement sur la syphilis et le chancre mou.
2° Troupes indigènes. - 275 cas de syphilis ont été traités à 1 infirmerie ou à l'hôpital, correspondant à une morbidité de 8,3 p. 1000 hommes d'effectif total (8,4 p. 1000 en 1905; — 8,5 p. 1 000 en 1904: — 1 1 ,5 p. 1 000 en 1903).
Ces cas de syphilis se décomposent ainsi :
Période primaire
134 cas.
— secondaire 115
— tertiaire 26
Le chancre mon et ses complications ont donné lieu à 741 cas traités à l'hôpital ou à l'infirmerie, correspondant à une morbidité de 22,4 p. 1000 d'effectif total (19 p. 1000 en 1905;- 20 8 p 1000 en 1904; — 15,1 p. 1 000 en 1903).
La blennorragie et ses complications ont donné lieu à 823 entrées à 1 infirmerie ou à l'hôpital, correspondant à une morbidité de 2o,3 p. 1000 hommes d'effectif total (23,9 p 1000 en 1905- — 26,2 p. 1000 en 1903).
Le total des maladies vénériennes pour les troupes indigènes selevea 1839 cas, soit une morbidité de 56 p. 1 000 d'effectif total
eïfja) X 00° 6n 19°5; ~~ 55'5 P' 1 °00 Gn 19°4; ~ 4°'5 p- 100° Les maladies vénériennes, chez les soldats indigènes, échappent très souventàla constatation médicale. Cependant, le fait qu'ils sont autorises à vivre en ménage explique en partie qu'ils ont moins souvent 1 occasion de s'infecter que les soldats européens
C'est toujours dans les Antilles que les troupes blanches sont éprouvées par les maladies vénériennes; c'est à Madagascar ei en
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Gochinchine que les troupes indigènes donnent le pourcentage le plus élevé relativement à la maladie.
D'après M. Grall, inspecteur général des troupes coloniale-. chaque recrudescence notable de la morbidité par maladies vénériennes dans le corps d'occupation coïncide avec l'arrivée dan- la place de troupes de renfort ou de relève. Si Ton veut, dit-il, réduire le nombre des invalidations de cette origine, il faut s'inquiéter de l'état sanitaires des provenants au débarquement et pendant les premières semaines de séjour. Très nombreux sont les militaires qui contractent des affections contagieuses aux ports d'embarquements et aux escales. Les simples soldais négligent souvent de se présenter au médecin : les sous-officiers s'abstiennent, en règle générale, de se faire porter malades avant l'éclosion des accidents secondaires. Ils contaminent les femmes indigènes qui avoisinentles postes, et cellesci disséminent le virus importé d'Europe à toute la garnison. Le sousofficier, conclut Ms Grall, est, dans les milieux militaires coloniaux, l'un des agents les plus puissants de diffusion de la maladie. Il doit cesser d'échapper à la surveillance médicale.
Pour prévenir le transport de la syphilis de la métropole dans les colonies, et vice versa, il est nécessaire que les hommes et les sousofficiers de l'armée coloniale soient astreints à une visite sanitaire individuelle et complète avant rembarquement; que les militaires reconnus malades soient mis en traitement en cours de route ; qu'ils ne puissent descendre aux escales: qu'au débarquement ils soient diriges sur un hôpital où ils seront consignés jusqu'à guérison des accidents contagieux. Il est, en outre, désirable que les mesures prophylactiques en vigueur dans les armées de terre et de mer soient étendues, autant que les exigences du service le permettent, aux troupes stationnées dans les colonies.
En pratique, ces règles sont difficilement applicables en dehors des villes de garnison. Les postes disséminés dans la brousse, pour la plupart privés de médecin, ne peuvent assurer la surveillance et la continuité du traitement, et ils ne le pourraient pas davantage, même -i tout vénérien était pourvu d'un livret spécial de santé relatant les différentes phases de sa maladie. Il en résulte que les contagieux sèment partout l'infection au cours de leurs multiples pérégrinations. « Non seulement les compagnies ont des tours de roulement pour divers services souvent fort éloignés, mais à l'occasion d'une colonne, d'un exercice, d'une modification de casernement, d'un départ, d'un voyage, d'une escorte, d'un ravitaillement, d'un rapatriement, d'une relève, d'une épidémie, d'un travail de route, d'une surveillance à exercer, parfois pour une punition même légère, ou simplenu ni comme mesure de faveur ou de défaveur, les hommes passent d'une compagnie à une autre, d'un bataillon, d'un régiment à un autre, subitement et plusieurs fois dans l'année. Même dans les conditions