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IV. — ACTINOMYCOSE. — DISCOMYCOSE

STREPTOTHRICOSES.

L'actinomycose est une affection parasitaire commune à l'homme et aux animaux domestiques, due au développement d'un champignon se présentant sous forme d'amas radiés visibles à l'œil nu.

SYNONYMIE. — Actinomyces bovis Harz ; Bacterium actinocladothrix (Afanasiev); Nocardia Actinomyces (Torri et Trévisan) Streptothrix Actinomyces (Rossi, Dori a) ; Oospora bovis (Sauvageau et Radais); Nocardia bovis (R. Blanchard); Cladolhrix Actinomyces (Macé) ; Discomyces bovis (Rivolta, R. Blanchard).

AGENT PATHOGÈNE. — Aperçu par Langenbeck, Lebert, Rivolta, Perroncito, le parasite de l'actinomycose a été bien décrit par Bollinger et Harz, en 1876, et a depuis donné lieu à un grand nombre de travaux, parmi lesquels il faut citer ceux d'Israël, Nocard, Metschnikoff, Bostrôm, etc. Sauvageau et Radais ont étudié plus spécialement la place botanique qui doit être assignée au parasite;

AGTINOMYCOSE. — DISCOMYCOSE.

les traités très complets de Poncet et Bérard et de Schlegel seront consultés avec fruit pour tout ce qui touche la bibliographie très étendue de la question.

VActinomyces se présente sous la forme de petits grains de la grosseur d'un grain de sable, d'une coloration variant du jaunesoufre au vert noirâtre. A un faible grosissement, ces grains présentent un aspect mûriforme et, en coupe optique, une structure radiée. A un plus fort grossissement, on constate la présence de deux zones ; Tune centrale, composée d'un feutrage mycélien ; l'autre périphérique, formée d'éléments en masses disposées en couronne.

Le feutrage central est formé par un lacis serré de filaments ramifiés de 0 p., 8 de diamètre, mais de longueur variable, oscillant

Kg.

Aclinomyces d'une tumeur du maxillaire inférieur du bœuf.

1, une granulation entière (500/1) ; 2, 3, 4, 5, 6, 7, formes diverses des éléments en massue ; 8, 9, 10, éléments arrondis (1200/1).

entre celle d'un long bacille et une apparence véritablement cocciforme. Les masses sont de beaucoup plus volumineuses ; leur extrémité effilée se rattache au mycélium central ; l'extrémité libre, renflée, d'un diamètre de 1 jx, 5 à 4 [j., présente, au début, une apparence assez régulièrement ovoïde, mais subit bientôt une désorganisation se traduisant par l'irrégularité des contours et l'apparence de prolongements digitiformes. Bostrôm, qui a donné une bonne description de ces organes, a signalé à leur intérieur une striation orientée par rapport à un axe central, constitué par l'extrémité libre du filament mycélien qui porte la massue elle-même.

La signification des massues a été diversement interprétée ; mais l'opinion la plus vraisemblable est celle suivant laquelle ces productions seraient des formes de défense du champignon par gélification de sa membrane d'enveloppe, phénomène analogue à celui que nous avons signalé chez certaines levures (entre autres, le Saccha romyces Blanchard i) dans leurs formes parasitaires. Ce qui corro-

ACIlALMi:. MICROBES SAPROPH YTES.

bore cette interprétation, c'esl la différence de colorabilité des filaments, qui prennent le Gram, el «les massues, qui se décolorent beaucoup plus facilement. Presque constantes chez les animaux, manquant souvent chez l'homme, les massues font complètement

défaut dans les cultures.

Ces dernières s'obtiennenl assez difficile menl en partant de l'organisme, puis se repiquent avec facilité. Sur milieux liquides (bouillon, glycérine ou non, sérum, lait), le développement se l'.iil en grumeaux qui tombent au fond du vase. Sur agar, sur sérum solide, on obtient des cultures volumineuses, blanchâtres, puis devenant jaunes ou rougeâtres. Le développement est un peu plus lent sur

Fig. 59. — Grain jaune actinomycosique ; préparation non colorée, obtenue par simple écrasement entre deux lames (d'après Besson).

Fis:. 60.

— Structure du Discomyces bovis en culture.

a, filament continu ; h, filament fragmenté ; c, d, filaments sporifères (d'après Sauvageau et Raclais).

pommes de terre ; la culture grisâtre prend ensuite une teinte brune et se recouvre finalement d'une petite poussière blanchâtre.

Cette poussière est constituée par des spores dont Protopopoff et Hammer, Domec, Sauvageau et Radais ont bien étudié le développement. A l'extrémité des longs filaments ramifiés qui constituent le mycélium du champignon dans les cultures, apparaît une série de segmentations intéressant la totalité du filament augmenté d'épaisseur à ce niveau, segmentations qui aboutissent à la formation de spores complètement différentes des spores endogènes des bactéries.

Ce mode de reproduction, caractéristique du genre Oospora, a servi à classer définitivement VA ctinomyces parmi les champignons hyphomycètes et à l'isoler des bactéries avec lesquelles il avait été d'abord confondu. Parmi les nombreuses dénominations que l'on a données au genre lui-même : Streptothrix, Actinomyces, Oospora, Discomyces, Cladolhrix, Nocardia, celles qui ont le plus de chances de survie semblent être celles d' A ctinomyces dans \tx langue médicale et d" Oospora dans la classification botanique.

ACTINOMYCOSI'.

DISCO MYCOSE.

tl — l'll

De plus d'importance au point de vue général est l'étude comparative de VActinomyces et du bacille de la tuberculose. Il y a certainement entre ces deux parasites une parenté qui s'accentue de jour en jour. Une certaine analogie entre les lésions, les propriétés acido-résistantes de VActinomyces sur lesquelles insistent Fuchs, Horst, etc., la réaction des animaux actinomycosiques à la tuberculose (Zupnick) sont certainement des arguments sérieux en faveur de cette manière de voir. D'autre part, il ne faut pas oublier que mode de végétation du bacille de Koch a amené Metle rapprocher du genre Oospora sous le nom de Sctero- Ihrix Kochii. Ces considérations ne sont pas d'un intérêt purement théorique, car on peut être porté à croire que le bacille de la tuberculose aurait un habitat non

l'étude du chnikofT à

Fig\ 61. — Fructification conidienne d'Oospora (d'après Sabouraud).

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