‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 22 sur 224 · Ostéosarcome du maxillaire inférieur (d'après Moussu · texte numérisé non relu

Ostéosarcome du maxillaire inférieur (d'après Moussu

parasitaire sous une morphologie complètement différente de celle habituellement connue.

PROPRIÉTÉS BIOLOGIQUES. — VActinomyces peut vivre à l'abri de l 'air : on peut même le considérer comme un aérobie facultatif, son mode végétatif de prédilection étant l'anaérobiose. La vitalité des filaments non sporulés est facilement influencée par la chaleur, qui les détruit en quelques minutes à 60°. Les spores supportent une température de 75°. Les autres agents ont moins d'action, et le microorganisme résiste bienà l'action solaire età la dessiccation. Aussi sa vitalité persiste-t-elle longtemps dans le monde extérieur et dans les tissus.

L'action fermentative de VActinomyces a été peu étudiée On sait seulement qu'il sécrète une diastase tryptique peu abondante, qui liquéfie lentement la gélatine et peptonise le lait. D'après Rossi, il saccharifie l'amidon, mais n'intervertit pas la saccharose. Dans les milieux liquides, il ne produit que peu de toxines suivant les obsen a-

ACM A.LME.

MICHOIJKS SAPROPHYTES.

lions de Déléarde. Rossi pourlanl a isolé de tumeurs péritonéales de la poule une variété d' Actinomyces \ L'extrait alcoolique de ces cultures sporulées s'esl montré très toxique pour le chien, le cobaye H le pat,

Les effets pathogènes des inoculations sont aussi très inconstants: la porte d'entrée la plus favorable semble être l'œil (Dor), que l'introduction du parasite ait lieu dans la chambre antérieure ou le corps vitré. Une première inoculation ne vaccine pas contre une seconde; elle semble au contraire exercer une action favorisante. 11 s'agit là d'un phénomène d'anaphylaxie sur lequel Nakayama a le premier attiré l'attention.

AUTRESSTREPTOTHRIX PATHOGÈNES— Dans ces derniers

temps, l'unité de

l'actinomycose a été battue en brèche, et de nombreuses observations sont venues établir que l'espèce décrite plus haut sous le nom (Y Actinomyces bovis ne semblait pas être la seule pathogène pour l'homme et que les différences entre les descriptions des auteurs comme Bostrôm,\Volf et Israël, Eppinger, provenaient de la diversité des échantillons qu'ils avaient étudiés.

Du reste, les recherches de San Félice, Bellisari, Paolo, Calendoli, etc., ont montré la multiplicité des Streplothrix pathogènes existant dans le monde extérieur. L'insuffisance et la variabilité des caractères invoqués (virulence, pouvoir chromogène) apportent quelque confusion dans la nomenclature.

En dehors des espèces que nous étudions plus loin dans le pied de Madura, on peut considérer comme bien établies les espèces suivantes, pathogènes chez l'homme :

Actinomyces Israël i (Kruse), très pathogène pour les lapins et les cobayes, auquel on peut ramener Y Actinomyces Spitzi (Lignières) ; Actinomyces astéroïdes (Eppinger), qui n'a aucune tendance à former des massues ;

Actinomyces Forsteri (Cohn), trouvé dans les voies lacrymales; Actinomyces Rosenbachi (Kruse), agent pathogène de lérysipéloïde, suivant Rosenbach.

Les études de Schabad sur les actinomycoses humaines ont donné

Fig. 63. — Tubercule actinomycosique de la langue.

ACTINOMYCOSE. — DISGOMYCOSE.

des résultats intéressants et ont conduit cet auteur à proposer la classification suivante :

A. Actinomyces lypica. — Donne chez l'homme une suppuration spéciale avec formation de massues :1e microorgauisme ncstpas acidorésistant ; il liquéfie la gélatine, mais ne provoque chez l'animal aucune altération spécifique.

B. Actinomyces alypica. — Production de pus homogène sans grains jaunâtres: pas de formation en massue : le microbe est acidorésistant :

Liquéfie la gélatine, ne donne

Fig. 64. — Examen microscopique d'un crachat d'actinomycose pulmonaire (d'après Jakob-Létienne).

1° Actinomyces alypica simplex.

pas de pseudo-tubercules :

a. Actinomyces alba. — Ferré et Faguel, Schecle et Pctruschky.

(3. Actynomyces flava. — Sabrazès et Rivière, Berestneff.

^Actinomyces atypica pseudo-tuberculosa. — Ne liquéfie pas la gélatine, provoque la formation de pseudo-tubercules (Eppinger, Schabad, Aoyama et Miyamato, Mac Callum).

Chez les animaux, on observe également un certain nombre de Streplolhrix pathogènes qui n'ont pas encore été signalés chez l'homme. Tels sont Actinomyces farcinicus, signalé par Nocard comme l'agent pathogène du farcin du bœuf, devenu rare en France, mais sévissant encore à la Guadeloupe et à l'île Maurice : Y Actinomyces de la chèvre (Silberschmidt), Y Actinomyces du chat (Rivolta).

HABITAT. — La question de l'étiologie del'actinomycoseest, on le voit, loin d'être simple. Cela tient probablement à ce que le microbe ou plutôt lesmicrobes qui lacausent sont très répandus dans le monde extérieur et ne parasitent les animaux que par accident. Il est probable en effet que les Actinomyces se trouvent à l'état sauvage, pour ainsi dire, à la surface d'un certain nombre de végétaux, principalement des céréales. C'est ce que l'on peut déduire des conditions étiologiques habituelles dans lesquelles l'infection est fonction de la pénétration dans les tissus de parcelles végétales (barbes d'épis, glumelles, etc.). Bellisari et ses collaborateurs de l'école de Naples ont trouvé en abondance des espèces de Streptothrix pathogènes dans les poussières et résidus de blé, d'avoine, de chanvre, alors que les graines de légumineuses leur donnaient dos résultats négatifs.

Le parasite végète du reste activement sur les céréales (blé, orge, avoine) maintenues à un certain degré de chaleur et d'humidité et y

12'i ACHALME. - MICROBES SAPROPHYTES.

donne rapidement des formes de résistance. D'après certains auteurs, il acquerrail même sur ce milieu une virulence particulière. Nous avons vu plus haut que Deckenbach attribuail la pellagre à une intoxication provoquée par le maïs avancé sous l'influence d'un champignon de ce groupe, Oospora verticilloïdes. Lichmann avail observé le développement du champignon dans les tissus des plantes vivantes: mais ses expériences n'ont pu être reproduites par d'autres observateurs.

CONDITIONS PATHOGÉNIQUES. — C'est le plus souvent par la pénétration de débris végétaux au cours de la mastication que prend naissance l'infection actinomycosique chez les animaux : c'est ce qui explique la prédominance de la maladie à la mâchoire, l'inoculation ayant lieu au -^ . , . t V» /««Bj mveau du collet den-

c. < §| taire. Les barbes acé-

. ■ ■ -■ -'"^^^^^'l'i^TÂ rées de l'épi d'orbe

semblent surtout fort

Mlf!^ dangereuses. L'espèce

?*iif%fH bovine est de beaucoup

■:0§ la plus exposée, mais

%M on a rencontré égale-

\$$f ment l'actinomycose

^ ijJ chez le cheval, le porc,

Fig. 65. — Barbe d'un épi d'orge dans une lésion le mouton, la chèvre. actinomycosique (d'après Bostrom). Chez l'homme, l'ino-

culation a lieu le plus souvent de la même manière. Aussi l'actinomycose est-elle une maladie rurale plus fréquente dans certaines professions : laboureurs, jardiniers, cochers, valets de ferme, batteurs de blé, gaveurs de pigeons, etc. La pénétration du parasite se fait habituellement par la voie buccale, et alors la carie dentaire semble jouer un rôle pathogénique important. Dans quelques cas, l'infection résulte d'une effraction du tégument cutané, à la suite d'une piqûre d'épines par exemple; et alors YActinomyces peut parfois séjourner pendant très longtemps dans les tissus à l'état latent, comme dans l'observation de Bollinger, où l'infection n'apparut que cinquante-trois ans après le traumatisme ayant introduit le parasite.

Les aliments peuvent jouer le rôle de vecteur. Bollinger a incriminé le lait, Artault les œufs; la viande des animaux malades peut également apporter le microbe dans l'organisme, et certains cas d'actinomycose à début intestinal semblent montrer que le danger d'une infection alimentaire n'est pas purement théorique.

La contagion des animaux à l'homme, et même d'homme à homme, a pu être établie d'une manière absolue dans certaines observations. Les recherches de Howard sur la présence fréquente de streptolhri-

PIED DE MADURA. f?— 125

ères dans le vaccin du commerce doivent également faire, dans certains cas, soupçonner cette origine.

La prédominance de l'origine végétale de l'actinomycose explique sa plus grande fréquence à certaines époques, qui coïncident avec la récolte et le battage des céréales.

La maladie semble sévère plus spécialement dans certains pays, tels que l'Allemagne, la Russie, l'Angleterre, l'Italie. Elle est certainement plus rare en France, bien que les recherches de Poucet aient démontré qu'elle était loin d'y être exceptionnelle.

Page 1