‹ Traité d'hygiène (volume 5)Chapitre 24 sur 224 · VI. — SP0R0TRICH0SE · texte numérisé non relu

VI. — SP0R0TRICH0SE

Parmi les Fungi imper fecti, non loin des Oospora, se place le genre Sporolrichum, caractérisé par l'existence de conidies directement insérées sans ordre et isolément le long d'un filament dressé. Schenk avait signalé l'existence de lymphangites dues à un champignon de ce genre et Hektœn et Perkins en 190(> décrivirent ce microorganisme sous le nom de Sporotrichum Schenki.

De nombreuses observations ont été rapportées dans ces dernières

SPOROTRICHOSE.

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années par de Beurmann el Ramond, de Bennnann et Gouge roi, Dor, Lesné, Gaucher, Monier-Vinard, Rubens Duval el Fage, Laubry et Esmein, Dominici et Rubens Duval, de Beurmann et Gaston, de Massary, Doury et Monier-Vinard, Danlos et Blanc, Letulle, elc, et ont fait de cette affection une véritable actualité scientifique. La facilité avec laquelle ces observations ont été réunies en si peu de temps montre qu'il ne s'agit pas là d'une infection exceptionnelle.

Son aire de diffusion est du reste assez grande. Greco l'a signalée dans la République Argentine, Lutz et Splendore au Brésil.

La sporotrichose affecte surtout la peau et le tissu cellulaire sous-cutané ; mais elle peut envahir les muqueuses et même peut-être les viscères (Monier-Vinard).

Le parasite ne peut être décelé qu'avec difficulté dans le

pus où il n'apparaît que sous des formes très courtes (2 ja de long sur 5 [x de large) ou même complètement globuleuse. Mais les cultures sont facilement obtenues sur tous les milieux usuels, principalement

sur carotte, pomme de terre,

gélose glycérinée, etc. — Les cultures, d'abord blanches, brunissent au moment de la fructification, en commençant par le centre.

Au microscope, le mycélium apparaît comme un fin réseau cloisonné, incolore, de '2 u. environ de diamètre, abondamment ramifié et enchevêtré. Les spores disposées sans ordre apparent sont brunâtres, ovoïdes (3 à 5 [x de longueur sur 2 à 4 p. de largeur). Leur nombre très grand sur chaque article ou

— Sporotrichose bucco-pharyngée (d'après Letulle).

îg. 72. — Sporotrichose du pharynx; le tissu interstitiel est infiltré de conidies en navette : deux cellules géantes (d'après Letulle).

'apparence de grosses masses

thalle donne aux fructifications cylindriques de 10 jx de diamètre.

Quant à la différenciation des espèces décrites sous le nom de S. Schenki, S. Beurmanni, S. Dori, on ne saurait, en raison de leur élude biologique encore incomplète, se prononcer

A.CHALME.

MICKOBES SAPROPHYTES.

sur l'identité ou la différenciation de ces divers microorganismes.

L'inoculation a donné des résultats constamment positifs chez le rat en portant le microorganisme dans la région plantaire à l'aide d'un trocart. On a pu également communiquer l'infection à la souris, au chien, au chat, au cobaye, au lapin principalement, en opérant suides sujets jeunes. Chez ces trois derniers animaux, on a pu obtenir des sporotrichoses généralisées.

Le Sporotrichum semble provenir le plus souvent du milieu extérieur, bien que de Beurmann et Gougerot l'aient signalé à l'état de

^KV--**

■ •Cf* :

Fig. 73. — Culture pure de Sporotrichum en goutte pendante (Monier-Vinard).

commensal dans la cavité bucco-pharyngée. On Ta rencontré vivant en. saprophyte à la surface de légumes et principalement de salades (de Beurmann, Brodier et Gastou).

La contagion animale semble pouvoir être également incriminée en certains cas. Gougerot et Garaven ont observé une sporotrichose spontanée du chien. D'autre part, Lutz et Splendore ont observé au Brésil une maladie spontanée du rat due à un Sporotrichum qui a pu être identifié avec le Sporotrichum Beurmann. Ils ont pu en rapporter 40 cas et ont isolé le même microorganisme de 5 cas de sporotrichose humaine. Il y a là une indication étiologique importante et un nouvel argument en faveur de la dératisation qui apparaît de plus en plus comme une mesure hygiénique de premier ordre.

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