III. — FIÈVRE APHTEUSE
La fièvre aphteuse est une affection, contagieuse surtout chez les bovidés, et caractérisée par un état fébrile et une éruption vésiculeuse apparaissant sur les muqueuses et la peau.
SYNONYMIE. — Cocotte, mal de bouche, maladie aphtongulaire, phlyctène glossopède, surlangue, etc.
AGENT PATHOGÈNE. — Malgré les recherches de Rivolta, Nosotti, Libbertz, Klein, etc., qui ont décrit des Cocci, comme les microorganismes causant la fièvre aphteuse, on peut considérer que l'agent pathogène véritable est encore inconnu.
D'après les expériences de Lœffler et Frosch, il traverse les filtres Berkefeld et semble appartenir à la catégorie des microbes ultramicroscopiques.
Les propriétés du virus ont néanmoins été étudiées, et l'on a pu constater que la propagation de la maladie se faisait par le liquide contenu dans les lésions phlycténoïdes. Le virus est très actif, même en solution très étendue; en revanche, il est peu résistant et est facilement détruit par la chaleur (stérilisation en quinze minutes à 50°, immédiate à 100°), la lumière, la dessiccation, les antiseptiques. Dans les conditions ordinaires, il peut néanmoins se conserver une quinzaine de jours dans une étable, ainsi que l'ont établi les observations cliniques.
H»'. ACHALME. — MALADIKS ANIMALES TRANSMISSIBLES.
Les animaux les j>lu ^ sensibles à La fièvre aphteuse sont les bovidés, les moutons, les chèvres el 1» i^ porcs. Beaucoup d'autres espèces herbivores peuvent être également infectées, telles que le buffle, le
chameau, le cerf, le chevreuil, le lama, la girafe, etc.
En revanche, il y a lieu de faire, d'après Nocard, certaines réserves en ce qui concerne la prédisposition du cheval, du chien et du chat, qui sont en tout cas extrêmement résistants.
CONTAGION DES ANIMAUX A L'HOMME. — L'observation clinique et l'expérimentation semblent d'accord pour établir que l'homme, dans des conditions exceptionnelles, peut contracter la fièvre aphteuse.
Les expériences positives de Hertwig, Mann et Villain (1834), d'Hildebrandt, semblent avoir mis le fait hors de doute, et, d'autre part, depuis Michel Sagar (1765), on a rapporté nombre de faits bien établis de contagion directe (Boulay, Collin, Mathieu, Heu, Zurn, Esser), ou d'épidémies circonscrites dues à l'usage de lait ou de fromages provenant de bêtes malades (Bircher, Chauveau, Hulin, épidémies de Beecles, de Douvres, Russi, etc.).
Malgré ces faits positifs, les faits négatifs accumulés conservant toute leur valeur, la théorie de la non-contagion conserve encore quelques adeptes, et on doit, en tout cas, admettre que la transmission à l'homme n'a lieu que très rarement, étant donnée la fréquence de la maladie chez les animaux. Faut-il invoquer, pour expliquer cette rareté, soit une virulence spéciale de l'agent pathogène dans certains cas, soit une prédisposition spéciale de certains individus ? Il est probable que ces deux facteurs entrent en jeu suivant les cas, et seule une connaissance plus complète du microbe pathogène pourra définir le rôle de chacun d'eux.
La contagion peut se faire par la voie cutanée, au niveau d'éraillures ou de crevasses, pendant la traite, l'examen de la bouche, le pansage. Arthaud rapporte trois cas d'infection par vaccination.
Mais la contamination par les voies digestives semble beaucoup plus efficace. Il est à peu près établi que la viande est complètement inofYensive. En revanche, le lait cru ou converti en fromage est le plus souvent incriminé, non qu'il soit virulent par lui-même, mais, si l'animal porte des aphtes au niveau des trayons, il est presque forcément mélangé à des matières virulentes.
Le peu de résistance du virus à la chaleur rend donc particulièrement recommandable le chauffage du lait avant sa consommation en temps d'épidémie de fièvre aphteuse.