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Elle fut encouragée el soutenue dans son œuvre par le Gouverneur militaire, le général Wood, médecin lui-môme, qui non seulement lui prêta les secours de son autorité, mais lui fournit sur sa propre cassette les moyens de poursuivre ses expériences.
Expériences du camp Lazear. — On choisit un terrain à un mille environ de la ville de Quemados, sur un plateau bien drainé, bien aéré et absolument indemne de fièvre jaune. Un camp y est établi qui, en souvenir du membre de la Commission précédemment décédé, est appelé camp Lazear (1).
Dans ce camp sont enfermées, avec quelques personnes ayant limmunité, 28 personnes sensibles, Américains de bonne volonté et émigrants espagnols qui ont reçu une somme importante pour se soumettre à ces dangereuses expériences.
Tous sont préalablement soumis à une quarantaine d'observation qui a duré cinq jours pour quelques-uns, mais de quinze à vingt-cinq jours pour la plupart. Aucun d'entre eux ne doit sortir du camp. Tout manquement à cette discipline entraîne l'exclusion. La moindre manifestation fébrile chez l'un des sujets le fait mettre à l'écart.
Toutes ces précautions prises, des moustiques infectés plus de douze jours auparavant sur des malades dans les premiers jours de leur affection piquent 12 personnes. 10 prennent la fièvre jaune dans un délai variant de quarante et une heures à cinq jours.
Cette fois l'expérience est inattaquable. Elle a toute la rigueur d'une expérience de laboratoire. Il n'y manque même pas les témoins, car 5 personnes qui refusèrent de se laisser piquer et 7 autres qui servirent à des recherches ultérieures ont vécu constamment à proximité des malades sans présenter le moindre trouble morbide.
Cette expérience mémorable prouve donc non seulement que le moustique est l'agent de transmission de la fièvre jaune, mais aussi que le contact des malades est inoffensif.
La dernière constatation n'était pas la moins importante. Sa portée économique était très grande. Elle mettait en discussion les mesures quarantenaires imposées aux navires suspects. Il a donc paru indispensable à la Commission américaine de s'attacher d'une façon spéciale à la démonstration de l'innocuité des marchandises.
Elle fit, dans ce but, construire une maison volontairement installée dans les conditions les plus défectueuses au point de vue hygiénique et les plus propres, de l'avis unanime, à favoriser le développement de la maladie. Elle était mal aérée, mal éclairée. Les ouvertures, toutes du même côté, étaient fermées par d'épais volets qui restaient clos tout le jour.
(1) Heed, Carroll et Aghamonte, The etiolo^y of yellow lever, an addilional note. Jnurn. of amer. med. Assoc, 6 fév. 1901. — Expérimental yellow lever. Trnnsuc. of the Assoc. of americ. ]>hf/s., t. XVI, 1901.
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L'atmosphère y était entretenue humide et la température plusieurs foisparjour portée jusqu'à 35°. Une seule précaution défensive avail été prise, boules les issues avaient été garnies d'écrans en toile métallique assez fine pour arrêter tous les moustiques. A l'intérieur de celte maison, on a entassé des couvertures et des linges, provenant de l'hôpital Las Animas, et largement souillés par des malades, de déjection et de vomissements noirs.
Un certain nombre de personnes se sont astreintes à vivre pendant vingt jours au contact de cette literie, la remuant et la manipulant à plusieurs reprises chaque jour. Aucune d'entre elles n'a été malade. Plusieurs fois renouvelée, cette expérience a constamment donné le même résultat,
Ce n'est donc point par des objets souillés ou des marchandises provenant de pays contaminés que peut s'infecter un bateau. Comme pour les maisons, l'infection y est transportée par le moustique contaminé. L'expérience que fit ensuite la Commission américaine l'a démontré amplement.
Elle fit bâtir une nouvelle maison, de mêmes dimensions que la précédente, mais construite dans de meilleures conditions hygiéniques. Elle était largement éclairée et ventilée, grâce à la disposition des ouvertures qui se trouvaient opposées. Comme dans l'autre, des écrans en toile métallique, disposés à toutes les issues, empêchaient l'entrée des moustiques. Cette maison fut ensuite divisée en deux compartiments par une toile métallique qui, partant du plafond, descendait jusqu'au sol.
D'un côté, on disposa, comme dans l'autre maison, des objets souillés que manipulaient des personnes sensibles enfermées avec eux.
De l'autre, au contraire, on ne laissa entrer que des matériaux soigneusement stérilisés; maison lâcha une quinzaine de moustiques infectés depuis au moins douze jours sur des malades au début de leur affection. Un jeune médecin américain, le Dr Moran, entra à plusieurs reprises dans ce compartiment et y fut piqué par un certain nombre de ces moustiques. Il a pris une fièvre jaune typique, tandis que les personnes qui se trouvaient dans le compartiment voisin étaient encore en bonne santé après vingt jours d'expérience.
Le moustique est donc le seul agent de transmission de la fièvre jaune. Dans les épidémies, apparamment dues au transport de bagages ou de marchandises suspectes, il faut chercher la cause ailleurs.
Ces expériences ont été répétées à plusieurs reprises et dans divers endroits. Elles l'ont été d'abord par une deuxième Commission américaine, à La Havane même (1), puis par une Commission de
(1) J. Guitehas, Expérimental yellow fever at the inoculation station of the sanitary department of Ilavana tvith a view to producini;- immunisation. —
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l'Institut spécial pour l'étude de la fièvre jaune, dont le siège est à Washington (1). Cette Commission fit ses expériences à la Vera- Cruz. Une Commission brésilienne les répéta à Sao-Paulo (2). Enfin elles furent reproduites par les membres de la Commission française à Rio-de-Janeiro.
Mission française. — Cette Commission, composée de Marchoux, Sàlimbeni et Simond (3), a poursuivi ses recherches pendant quatre ans. Ses travaux ont permis de pénétrer un peu plus avant dans la connaissance du Typhus amaril. C'est plus spécialement des résultats acquis par la Commission française qu'il va êlre question maintenant.
Toutes les recherches faites sont venues confirmer la découverte de Reed, Carroll et Agramonte et dénoncer le moustique comme l'agent de dissémination de la maladie.
Pour devenir infectieux, après avoir piqué un malade, il faut évidemment que l'insecte trouve le virus dans le sang qu'il absorbe. En effet, c'est là encore une constatation de la Commission américaine, les germes circulent dans les vaisseaux des jauneux. La plus petite quantité de sang prélevée chez un malade suffit à donner la fièvre jaune à une personne sensible qui le reçoit sous la peau. Il n'est même pas nécessaire d'injecter le sang entier. Le sérum, débarrassé des globules, est aussi virulent. Le Virus amaril, quoi qu'en puisse faire croire son évolution chez le moustique, est donc bien différent de l'hématozoaire du paludisme. En premier lieu, il n'est pas contenu dans les éléments cellulaires du sang; il est libre dans le plasma; en deuxième lieu, il n'est pas nécessaire de le porter jusque dans un vaisseau pour provoquer l'infection.
Mais il ne pullule que si on le dépose sous la peau. Il a besoin de se trouver rapidement dans un milieu favorable à son développement. Il ne possède pas la résistance de tant d'autres virus, qui se transmettent par une simple porte d'entrée ouverte dans la peau. On peut impunément, sur une écorchure même profonde, sur une érosion de l'épiderme même étendue faite chez une personne sensible, étaler une grosse goutte de sérum virulent. La dessiccation détruit le virus, et le sujet reste indemne.
Quelle est donc la nature de ces germes si fragiles? L'examen microscopique du sang des malades ne peut nous renseigner. Même armé des plus puissants instruments d'optique, l'œil
Departamento de Sanidad, Habana, Cuba et Rcvislad de.medicina tropical, llabana. 1901. Ameri. med., II, p. 109, 1901.
(1) Parker, Beyer et Pothier, A study of the yellow i'ever. Yell. fev. Inst., mars 1903. — Les mêmes avec Rosenau, mai 1904.
(2) L.-P. Bahreto, A. de Barros et A. G. S. Rodriguez. Experiencias realisadas no hospital de isolamento. liev. med. de Sâo-Paulo, t. VI, 28 tév. 1903.
(3) Marchoux, Sàlimbeni, Simond, Rapport sur la fièvre jaune. Ann. de l'Insi Past., nov. 1903.
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ne perçoit aucun organisme vivant. Rien ne se voit non plus dans Le moustique infecté, rien au moins qui puisse être retenu, car les parasites ii'\ manquent pas. On y trouve des moisissures, des levures, des pébiines, des grégarines, sans compter diverses bactéries ; mais aucun de ces germes ne peut être considéré comme le microbe de la fièvre jaune. Celui-ci appartient à la catégorie des germes invisibles (1).
Les microbes trop ténus pour être distingués sont déjà nombreux. Le premier cpii ait été signalé comme appartenant à cette catégorie de germes est le microbe de la péripneumonie des bovidés découvert par Nocard et Roux, il doit en être distrait depuis les recherches de Rordet, d'une part, et de Borrel d'autre part, qui nous l'ont fait connaître comme un être polymorphe, colorable et visible au microscope. D'ailleurs, il n'a jamais été franchement invisible, il était plutôt à la limite de visibilité. Dans les cultures en milieu liquide, on distinguait un frétillement particulier causé par la masse des microbes en mouvement. A l'ultramicroscope, les cultures paraissaient contenir une masse énorme de granulations.
Mais beaucoup d'autres sont connus que, au moins jusqu'à présent, aucun des instruments d'optique que nous possédons ne nous permet de voir.
Tous ces germes ont une propriété commune qui permet d'en reconnaître la présence dans les humeurs, qui permet aussi de les séparer des autres germes et de les inoculer à l'état pur. Us traversent sans difficulté les bougies poreuses qui retiennent les autres microbes. Cette propriété a été découverte en 1889 par Lœffler et Frosch pour le germe invisible de la fièvre aphteuse. Ces deux savants ont reconnu que, en filtrant au travers d'une bougie Berkefeld de la lymphe étendue d'eau distillée, on obtenait un liquide qui restait virulent et encore capable de transmettre la fièvre aphteuse par injection à des animaux sains.
Tous les microbes invisibles partagent avec le virus aphteux la faculté de traverser les bougies filtrantes. A la vérité, ils ne sont pas seuls à posséder cette qualité, puisque le microbe de la péripneumonie passe aussi au travers de la bougie Berkefeld. Des germes parfaitement visibles sont aussi capables de franchir les pores de ces bougies au bout de peu de temps. Aussi, quand on fait une opération de ce genre, faut-il toujours faire accompagner le microbe que l'on cherche d'un germe très fin, qui sert de test, et doit-on toujours arrêter la filtration dès les dix premiers centimètres cubes.
Tous les germes invisibles ne traversent d'ailleurs par les bougies avec la même facilité et, sans doute, faut-il faire intervenir là soit
il Reed et Carroll, The etiology of yellow fever, a supplemental note. ///•' Con- (jrèsanniieL de « Thesociety of americ&n bactériologiste », Chicago, 31 dée. 1901 et i,:rjanv. 1902. — Voy. aussi Marchoux, Salimbeni et Simond, loc. cit.
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leur mobilité ou, ce qui revient au même, la facilité plus ou moins grande qu'ils ont de se laisser adsorber. Peut-être encore peut-on faire intervenir, quoique avec moins de vraisemblance, une question de taille. Quoi qu'il en soit, la faculté plus ou moins grande avec laquelle filtrent ces microbes permet de les ranger en catégories.
Moins est étendue la dilution des liquides albumineux dans lesquels ils sont contenus, plus sont fins les pores de la bougie employée, plus est faible la pression exercée, plus d'autre part sont déliés les germes qu'on manie. En d'autres termes, plus est visqueux le liquide employé, plus sont fins les pertuis qu'il traverse, plus est faible la rapidité du courant, plus enfin est basse le température à laquelle l'opération est faite, plus un germe a de difficulté à traverser les bougies poreuses.
L'agent étiologique de la fièvre jaune doit être classé parmi les germes les plus subtils. Non seulement il traverse la bougie Berkefeld, mais il passe sans dilution du sérum et sous faible pression au travers de la bougie Chamberland F beaucoup plus serrée. La bougie Chamberland B, une des plus fines que nous possédions, ne l'arrête même pas quand le sérum est additionné de son volume d'eau.
Si sa facilité à franchir ainsi une barrière qui arrête les bactéries ordinaires était uniquement fonction de sa petitesse, il faudrait le ranger parmi les germes les plus ténus qui existent dans cette classe même des microbes invisibles. Rien de surprenant alors que le microscope ne puisse nous en déceler la présence.
Il est cependant très abondant dans le sang des malades, car 0CC,033 de sérum, après passage au travers d'une bougie filtrante, renferme encore assez de virus pour provoquer, après injection souscutanée à une personne sensible, une fièvre jaune typique et même grave. Mais il ne reste pas longtemps dans la circulation. La Commission américaine avait déjà vu qu'il fallait, pour les infecter, faire piquer les moustiques durant les premiers jours de la maladie.
Cette obligation est imposée par la disparition de la virulence du sang après cette date. La Commission française a montré que l'injection à une personne sensible de sérum ou de sang d'un malade au quatrième jour, alors que celui-ci a encore de la fièvre et même une température très élevée (40<>), reste toujours sans effet.
Il se passe pour la fièvre jaune un phénomène tout à fait comparable à celui qu'on voit se produire dans les spirochétoses sanguicoles, où les organismes pathogènes disparaissent de la circulation avant la mort de l'animal infecté.
La comparaison peut même être poussée plus loin. La nature des lésions causées par les deux virus est la même. Les symptômes des deux infections se ressemblent. On a observé, par exemple, des formes particulièrement graves de fièvre récurrente, dans lesquelles il
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se produisait, comme dans la Gèvre jaune, des hémorragies, de l'ictère el même de l'anurie. A l'autopsie, ou constatait une dégénérescence graisseuse de tous les organes et du foie en particulier.
Doit-on considérer que le microbe inconnu de la fièvre jaune puisse être un spirochète trop fin pour être vu? (le serait aller trop loin. Mais il n'esl pas invraisemblable de supposer qu'il puisse appartenir à une famille voisine.
Plus encore que les spirochètes, le virus de la fièvre jaune est spécialisé. Les animaux de laboratoire sont totalement insensibles au Virus amaril. Aussi la question de la fièvre jaune est-elle restée stationnaire, tant qu'on n'a pas eu la hardiesse d'expérimenter sur l'homme.
Les singes anthropomorphes manifestent une certaine sensibilité (1), mais la découverte qui en a été faite n'a pas diminué la difficulté des recherches. Ces animaux sont trop rares et trop fragiles pour être utilement employés.
Cette sensibilité a pourtant permis de réaliser une expérience importante et de fournir la preuve matérielle du transport par bateau des germes de la fièvre jaune au travers de l'Atlantique.
Au mois de juin 1905, un orang-outang et un jeune chimpanzé ont été piqués à Paris par des moustiques rapportés infectés du Brésil. Les deux animaux ont eu de la fièvre quelques jours plus tard. Mais la bénignité de leur maladie, l'absence de symptômes caractéristiques avaient obligé à conserver une certaine réserve. Cependant le chimpanzé, mort accidentellement de pneumonie très peu de jours après cette courte indisposition, a été trouvé porteur d'un foie très franchement dégénéré en graisse. Les chimpanzés qui meurent de pneumonie ont toujours un peu de dégénérescence graisseuse du foie, mais jamais dans les proportions de celui-ci.
L'expérience faite par Thomas (2), de l'école de Liverpool, a levé tous les doutes qui pouvaient rester sur la nature de l'infection de ces singes.
Dans de meilleures conditions de température, à Manaos, sur l'Amazone, Thomas a provoqué chez un chimpanzé piqué par des moustiques infectés une fièvre jaune typique. Le chimpanzé est donc sensible au virus, et la fièvre provoquée à Paris par la piqûre de moustiques infectés chez un animal de cette espèce était bien la fièvre jaune.
Cette infection à distance, dans une ville où jamais n'a sévi la fièvre jaune, constitue une démonstration évidente du transport de la maladie par le moustique.
De Rio-de-Janeiro jusqu'à Paris, les moustiques infectés, simple-
(1) Marchoi \ et Simond, Études sur la fièvre jaune. 2e mém. Ami. Inst. ]';tst.. janv. 1906.
(2) II. W. Tik.mas, liril. med. Journ.. 19jativ. L907.
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ment nourris avec du sucre, ont conservé leur pouvoir infectieux, tout comme ceux de Y Anne-Marie ou de la France, qui ont apporté la fièvre jaune à Saint-Nazaire.
La possibilité d'entretenir pendant longtemps l'infection chez le moustique, en le nourrissant de sucre, a suggéré à Marchoux et Simond (1) l'idée de tenter la culture du virus in vitro dans le moustique.
Un insecte infecté devient pour le microbe inconnu delà fièvre jaune un véritable milieu de culture, puisque, après en avoir absorbé une très petite quantité, il finit par en être envahi au point qu'il en expulse avec le liquide de ses glandes salivaires. S'il est possible de faire passer l'infection d'un moustique à l'autre sans se servir de l'homme comme intermédiaire, on réalise une véritable culture, qui se résume à l'élevage des moustiques.
Des moustiques infectés depuis plus de douze jours ont été broyés dans un sirop épais, et des insectes neufs, maintenus à jeun depuis plusieurs jours, se sont nourris de ce jus sucré. Quinze jours plus tard, sans avoir piqué l'homme, ils étaient devenus infectieux.
Cette expérience prouve que le microbe de la fièvre jaune n'accomplit pas dans le moustique un cycle de son évolution, comme le parasite du paludisme dans l'Anophèle. Il y entre sous la même forme qu'il en sort. Il s'y multiplie tout simplement.
C'est encore un point commun entre le virus qui nous occupe et les spirochètes. Les affections à spirochètes sont transmises par des acariens de la famille des Ixodidés. Chez l'Argas infecté, les spirochètes se conservent et se multiplient sans changer de forme. On les trouve dans la cavité générale de ces acariens et dans leurs œufs, tirebouchonnés comme dans le sang.
Le passage de moustique à moustique fournit encore le moyen de multiplier les germes à l'infini, comme dans une véritable culture in vitro.
D'ailleurs l'espoir d'obtenir la culture en tube n'est pas perdu, loin de là. Marchoux a montré qu'un autre germe invisible, qui cause une épizootie importante dans les poulaillers, le virus de la peste aviaire, pouvait être obtenu en cultures successives (2).
En se servant de sang de poule défibriné au-dessus d'un culot de gélose peptonée sucrée, on obtient une multiplication du virus à l'étuve à 37°. Le culot de gélose absorbe les produits nuisibles fabriqués par les germes qui se développent et, d'autre part, fournit de la peptone et du sucre au milieu de culture, qui serait insuffisamment nutritif sans cela.
(1) Marchoux et Simond, Études sur la fièvre jaune. 3e mém., Ànn. Inst. PasL. fév. 1906.
(2) Marchoux, Culture in vitro du virus de la peste aviaire. C. R. Ac. des sciences, août 1908.
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Mais ce virus est très fragile; il ne supporte pas le voisinage d'un autre germe. Toute impureté dans la culture en arrête le développement.
Cette fragilité, qui est sans doute partagée par un grand nombre de microbes invisibles, et l'impossibilité de suivre le développement des germes autrement que par l'inoculation rendent les expériences sinon impossibles, du moins bien difficiles.
Cependant elles seraient d'un intérêt considérable, puisqu'elles permettraient de préparer des animaux et peut-être d'obtenir un sérum immunisant. Elles laisseraient aussi l'espoir d'atténuer le virus et de fabriquer un vaccin.