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ANALYSE CHIMIQUE DES EAUX

Prélèvement des eaux à diverses profondeurs. — Un grand nombre d'appareils ont été imagines pour le prélèvement des échantillons à diverses profondeurs. Beaucoup sont d'un maniement peu pratique. Parmi les meilleurs, citons ceux de Fresenius, Miquel, Lepsius, Heyroth, Esmarch, Bertin-Saris, Dié).

La figure 57 représente un appareil de ce genre dont le fonctionnement est facile à saisir : il se compose d'un flacon carré de un litre F, maintenu verticalement dans une armature métallique et lesté à sa partie inférieure par une plaque de plomb. Ce flacon est bouché avec un bouchon de liège percé d'un trou dans lequel s'engage un gros tube terminé par une ampoule A.

L'appareil étant descendu à la profondeur voulue, on fait descendre sur la cordelette P qui le maintient, un « messager M » qui brise l'ampoule et laisse rentrer l'eau. Au besoin, cet appareil peut être stérilisé à l'autoclave à 115° (J. Ogier).-

Marche de l'analyse chimique.

— On commence l'analyse chimique

par les recherches et dosages des produits les plus altérables, qui sont les suivants :

Matière organique.

Hydrogène sulfuré.

Oxygène dissous.

Composés azotés.

Nitrates.

Nitrites.

Azote organique.

Ammoniaque et sels ammoniacaux.

On procède ensuite à la détermination du résidu fixe et au dosage des divers sels :

Résidu à 110°.

Résidu après ealcination.

Résidu après ealcination et reprise par le carbonate d'ammoniaque.

Silice.

Oxyde de fer et alumine.

Chaux.

Magnésie.

Acide sulfurique.

Fig. 57. — Appareil pour le prélèvement des eaux à diverses profondeurs.

Chlore.

Acide carbonique.

Acide phosphorique,

Et finalement on détermine :

Le degré hydrotimétrique total.

Le degré hydrotimétrique permanent.

Le degré alcalimé trique.

Quelquefois Ton est conduite doser encore la potasse et la soude. et à rechercher les métaux toxiques tels que le plomb, le cuivre, le zinc, l'arsenic.

Dosag-e de la matière organique. — Les eaux potables renferment des matières organiques de diverses natures, bactéries el autres organismes, substances hydrocarbonées, ou azotées résultant de la décomposition des matières végétales ou animales avec lesquelles l'eau s'est trouvée en contact.

Il est impossible, sauf dans des cas très particuliers, de préciser la composition des produits désignés sous ce nom vague de matière organique.

On ne peut songer en effet, dans la grande majorité des cas, à isoler et à caractériser cette matière organique par des procédés d'analyse immédiate, ni même par des procédés quelconques. La proportion de matière organique dans les eaux est en effet infiniment faible par rapport aux sels minéraux dissous. Prenons l'exemple d'une eau contenant, pour 500 milligrammes de sels minéraux, 5 milligrammes de matière organique par litre: si l'on voulait effectuer une combustion pour y déterminer l'azote, le carbone, l'hydrogène et l'oxygène, il faudrait opérer sur 50 milligrammes au moins de matière organique, c'est-à-dire évaporer 10 litres d'eau pour obtenir 5 grammes de résidu. Que deviendrait la matière organique pendant de telles manipulations? — Cependant, dans des circonstances très spéciales, il est possible et utile de recourir à l'analyse immédiate, par exemple dans l'examen d'eaux très riches en matière organique, et que l'on soupçonne d'être polluées par des déchets industriels (sucreries, féculeries, papeteries, etc.). Dans ces cas, par un examen attentif, par des procédés analytiques convenablement choisis, on arrive souvent a des résultats intéressants au sujet de la nature et de l'origine de la pollution. Nous indiquerons plus loin les essais qui ont été faits en vue de déterminer la nature de la matière organique des eaux.

L'incinération du résidu sec laissé par l'évaporalion d'un certain volume d'eau à 100 ou 110° peut fournir des renseignements sur la quantité de ces matières organiques. Mais ce procédé présente beaucoup de causes d'erreur. La méthode la plus répandue consiste à évaluer, par un dosage volumétrique, la quantité de permanganate de potasse nécessaire pour oxyder complètement la matière orga-

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