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INFLUENCE DU SOL ET DU SOUS-SOL

lions de leur teneur en acide nitrique et apprécier par là les causes qui ont pu influer sur le bassin d'alimentation.

Une fois les eaux ainsi chargées de nitrates, elles peuvent se purifier par diverses réactions, dont la principale est la fixation de l'acide nitrique dans des terrains traversés, où sa présence peut se traduire extérieurement par desefflorescences de salpêtre. Il suffit, d'ailleurs, pour assainir l'eau, que la combustion des matières organiques ait été complète : ce qui se produit chimiquement dans les fissures capillaires des terrains poreux, où les éléments en suspension sont d'autre part mécaniquement arrêtés.

Ce rôle de filtre est surtout attribuable au sous-sol, aux terrains géologiques dont il nous reste maintenant à parler en examinant successivement le cas des principaux terrains : roches cristallines, sables, calcaires, schistes, etc.

Sous-sol de roches cristallines. — Quand on se trouve sur des roches cristallines, telles que des granités, on observe d'ordinaire à leur ^surface une décomposition, arrêtée à quelques mètres de profondeur, qui forme l'arène granitique. Cette altération commence à partir de fissures et s'étend progressivement, de sorte qu'entre des parties arénacées peuvent subsister des masses dures, souvent en outre préparées par la cristallisation même de la roche. C'est le phénomène bien connu qui amène peu à peu, par l'entraînement de ces arènes dans le ruissellement des eaux, l'isolement de gros blocs granitiques sur les sommets et la formation de roches singulières, auxquelles on a parfois voulu attribuer une origine cyclopéenne on mégalithique. Avant que l'érosion ait été poussée jusque-là, l'arène granitique fournit aux eaux un accès facile ; ces eaux, filtrées entre les grains de granité, ou drainées par les minces fissures de la roche, vont se rassembler par mille canaux disséminés à la naissance des thalwegs qui constituent une zone de moindre pression hydrostatique, et l'on a ainsi en pays granitique des sources nombreuses, disséminées, généralement purifiées par la filtration qu'elles ont subie. De telles sources accusent cependant parfois une teneur en acide nitrique, qui provient des fumiers épars sur leur bassin d'alimentation: elles peuvent être, en outre, acidifiées par leur contact avec des tourbières qui se développent aisément au-dessus de cette arène perméable, dès que l'écoulement de l'eau est insuffisant. Ces tourbières existent souvent sur la source même que l'on veut utiliser et la rendent impure; mais il suffit alors de pousser les travaux de captage jusqu'à une certaine profondeur pour assainir Peau.

Les terrains granitiques ont, en général, besoin d'être drainés pour diminuer l'humidité, qui se produit par la stagnation des eaux sur leur relief confus. Les hauts plateaux granitiques manquent, pour la plupart, d'écoulement. En outre, le phénomène général qui décalcifie les terrains altérés de la superficie, portant ici sur des

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poches dont la teneur en chaux es! par elle-même très faible, entraîne pour les terres cultivables une pauvreté <'ii chaux, qui, si l'on n'y remédie par des apports artificiels, détermine l'épuisement des cultures et la pauvreté des habitants, avec les conséquences uécessaires d'insalubrité pour les demeures.

Sous-sol calcaire. — Sur un terrain calcaire, les conditions sont totalement différentes. Il est bien rare qu'un calcaire ne soit pasassez fissuré pour laisser passer les eaux. Celles-ci vont alors se concentrer à sa base au-dessus du premier terrain argileux, schisteux, ou plus généralement, imperméable qu'elles rencontrent en s'enfonçant, et il en résulte, à l'affleurement de ce contact inférieur, un certain nombre de sources, qui ont parfois fait croire très inexactement à la présence de nappes d'eau, à l'existence de strates filtrantes et, par suite, à la pureté de ces sources calcaires. On verra bientôt plus en détail quelles sont les lois réelles de la circulation en terrain calcaire. Mais, vu la gravité de la question, il faut dire, dès à présent, et dire avec insistance que l'action filtrante des calcaires est, en général, tout à fait insuffisante et, par conséquent, que les sources des terrains calcaires doivent être en principe suspectées. La circulation dans les calcaires ne se fait, en effet, nullement, dans la plupart des cas, par les fissures capillaires ou les pores que l'on avait imaginés; elle se réalise par des fractures plus ou moins larges, qui, pour n'être pas toujours susceptibles de laisser passer un homme, sont néanmoins impuissantes à assurer l'épuration. Et c'est bien pour cela que les sources sont si belles, si tentantes à la base des calcaires, parce que les eaux s'y accumulent dans des réservoirs souterrains, y suivent parfois de véritables rivières et se concentrent donc sur quelques points favorables avec une remarquable abondance. Cela ne veut pas dire qu'une source de terrain calcaire fissuré soit nécessairement mauvaise : la longueur des circuits souterrains, dont on se fait une idée par le retard de la courbe des débits sur celle des précipitations pluvieuses, a pu au contraire amener l'intervention d'agents épurants dans des conditions encore très discutées ; mais sa composition chimique et sa température sont en tout cas à surveiller.

La présence d'un sol calcaire entraîne d'autres conséquences hygiéniques. Tout d'abord un semblable sol, pour les raisons mêmes indiquées plus haut, se prête parfaitement à l'absorption des eaux contaminées dans des puits creusés à cet effet: mais la facilité de la solution ne doit pas empêcher de prendre garde ; il faut toujours songer à la possibilité de fissures assez larges pour laisser ces eaux contaminées arriver jusqu'à des sources, ou jusqu'à la zone d'alimentation des puits. Aussi une étude spéciale est-eHe nécessaire pour reconnaître dans quel sens ont lieu les circulations souterraines et éviter du moins de souiller les nappes d'eau les plus proches.

Il faut remarquer encore que, sur les plateaux calcaires, l'alimenta-

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