INFLUENCE DU SOL ET DU SOUS-SOL
lion d'eau peut être très difficile, parce que les eaux absorbées dans le terrain descendent trop bas pour pouvoir être cherchées au moyen de puits. Il existe des régions entières (Haute-Normandie, etc.) où Ton n'a d'autre eau potable que celle des mares et des citernes.
Sur ces mêmes plateaux, l'existence du résidu argileux signalé précédemment constitue souvent ce que l'on appelle Y argile à silex (dont les silex sont ceux de la craie décomposée). La présence de l'argile détermine alors une acidité des eaux qui y séjournent ; en outre, la décalcification de ces terrains superficiels nécessite comme correctif pour les cultures l'addition de chaux par le chaulage ou le marnage.
Sous-sol schisteux. — Un autre cas à considérer est celui des terrains schisteux. Dans la plupart des cas, le schiste, qui est le résultat d'un métamorphisme exercé sur une argile, a subi ce métamorphisme dans les mouvements tectoniques du sol ; il est donc rare que des schistes soient horizontaux sur Mne certaine étendue. Presque toujours leurs bancs sont plus ou moins redressés et se présentent ainsi à la surface par leurs tranches, en sorte que, malgré l'imperméabilité du schiste lui-même, les interstices des feuillets se prêtent fort bien à l'infiltration des eaux et, en même temps, par suite de leurs dimensions très restreintes, à leur épuration. Ces eaux, ainsi descendues entre les feuillets des schistes, peuvent s'enfoncer très profondément et un assez grand nombre de sources thermales ont ainsi leur bassin d'alimentation dans un terrain schisteux. Échauffées par la profondeur de leur circuit souterrain, ces eaux remontent alors à la surface brusquement et rapidement, quand quelque accident géologique (faille, filon, etc.) leur ouvre, à partir de cette profondeur jusqu'au jour, une libre issue. A côté de ces eaux particulièrement profondes, on a, au contraire, dans les schistes, des multitudes de sources précaires à la rencontre des ravins qui traversent les feuillets schisteux et y exercent un drainage. Très abondantes après une pluie, ces sources superficielles sont exposées souvent à tarir.
Sous-sol sableux. — Enfin la présence d'un sous-sol sableux est une condition favorable, puisqu'il n'est pas de meilleur filtre qu'un sable : il faut cependant faire attention au phénomène de durcissement plus ou moins superficiel que nous signalions tout à l'heure à propos des Landes et qui intervient fréquemment dans les sables. La plupart des sables tendent à devenir des grès, bien que, tout à fait à la surface, un grès, d'abord cimenté par du calcaire, puisse parfois se désagréger. Les grès des terrains calcaires sont d'anciens sables agglutinés, de même que les quartzites sont des grès soumis ultérieurement à un métamorphisme. C'est le phénomène qui peut produire la fixation naturelle des dunes. La conséquence hygiénique est que, sur un semblable terrain de sable, si meuble et si poreux d'apparence, le
développement de Ealios peut amener la stagnation des eaux et la formation de marécages.
Ces quelques exemples pourraient élre longuement multipliés. L'étude spéciale qui va être faite par Martel de la circulation des eaux permettra d'y revenir et nous en avons assez dit pour faire comprendre, ce qui était ici notre but, l'influence générale de la constitution géologique du sol sur l'hygiène.
Nous allons, pour terminer ce côté du sujet, ajouter quelques mots sur des questions accessoires.
COMPOSITION MOYENNE DEL'ÉCORCE TERRESTRE. SELS EN DISSOLUTION DANS LES EAUX. LEUR ORIGINE. — Toutes les eaux sont plus ou moins chargées de substances minérales empruntées aux terrains qu'elles ont traversés souterrainement ou à la surface desquels elles ont coulé : substances qui interviennent ensuite dans les effets plus ou moins hygiéniques de ces eaux.
Quand on fait l'analyse moyenne des roches, on voit que toute Eécorce terrestre est un silicate d'alumine, de fer, de chaux, de magnésie, et d'alcalis, où entrent seulement pour environ 1 p. 100 de substances étrangères. Plus exactement, cette composition moyenne est la suivante :
Silice 59,80
Alumine 15,40
Sesquioxyde de fer 2,70
Protoxyde de fer (correspondant à 3,80 de sesquioxyde) 3,40
Chaux (correspondant à 8,55 de carbonate) 4,80
Magnésie 4,40
Potasse 2,80
Soude 3,00
Eau (dont 0,40 persistant au-dessus de 110°) 1,50
Oxyde de titane 0,50
Acide phosphorique 0,20
Ou, en éléments chimiques, par ordre d'importance :
Oxygène 47,10
Silicium 27,90 ,
Aluminium 8,10 y
Calcium 3,50 "
Sodium , 2,70
Magnésium 2,60
Potassium 2,40 /
Titane 0,30
Hydrogène 0,20
Chlore , 0,17
Carbone 0,10
Phosphore 0,10
Manganèse 0,07
Soufre 0,06
A reporter 100,00