‹ Traité d'hygièneChapitre 128 sur 191 · INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DE L'EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS DE L'EXAMEN BACTÉRIOLOGIQUE

Nous venons de voir le parti que Ton peut tirer de l'interprétation des résultats de l'analyse chimique. Si, parfois, ceux-ci suffisent pour faire juger de la mauvaise qualité d'une eau, ils sont toujours insuffisants pour en établir la bonne qualité.

Il en est absolument de même pour l'examen bactériologique qui, à lui seul, pourra permettre de conclure qu'une eau est mauvaise ou suspecte, mais qui ne suffira pas pour prouver qu'elle est bonne. La mauvaise qualité sera établie, lorsque des cultures faites sur l'eau prise à l'émergence auront décelé un nombre très élevé de germes variés dont certains d'origine suspecte, ou lorsqu'on aura pu isoler un germe pathogène. Si les résultats bactériologiques sont satisfaisants, on ne pourra pas inversement conclure que l'eau est de bonne qualité.

La numération des germes contenus dans les eaux (c'est-à-dire de ceux qui peuvent cultiver sur les milieux usuels et dans les conditions ordinaires) n'a de valeur que lorsqu'elle est pratiquée avec des cultures faites sur place, ou tout au moins faites d'après des échantillons maintenus aux environs de zéro, dans l'intervalle qui s'écoule entre les prélèvements, et les ensemencements.

Ainsi qu'il a été dit, il faut faire en sorte que l'eau prélevée soit réellement semblable à celle qui doit être ultérieurement distribuée. On comprend sans peine que des échantillons recueillis dans le bassin d'une source non captée, exposée à toutes les souillures de l'air, dans un forage ou un puits dont l'eau n'aura pas été renouvelée par une extraction suffisamment prolongée, donneront des chiffres de bactéries considérables, mais illusoires.

Le nombre des germes comptés dépend aussi beaucoup de la qualité du milieu de culture. Les formules usuelles, comme celle qui a été indiquée page 239 pour la préparation de la gélatine nutritive, sont propres au développement de la plupart des microorganismes des eaux : encore faut-il que la préparation en soit faite avec soin: par exemple, si le milieu n'a pas été suffisamment neutralisé, s'il est faiblement acide ou s'il est un peu trop fortement alcalin, le nombre de germes qu'il révélera sera beaucoup plus faible que celui que fournirait le même milieu convenablement préparé.

(1) Annales de l'Observatoire de Montsouris, t. I. 1900.

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