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EAUX THERMO-MINERALES ET LEUR MINÉRALISATION

prend deux formes principales, auxquelles on est convenu de donner pratiquement les noms d'azote ammoniacal et d'azote nitrique suivant qu'il y est associé avec l'hydrogène ou avec l'oxygène. L'une des formes passe d'ailleurs facilement à l'autre.

Nous n'avons pas ici à insister sur ce qui sera dit plus loin du mode de fixation de l'azote atmosphérique par les microorganismes, surtout avec intervention de certaines plantes telles que les légumineuses. D'après Berthelot, un hectare de terrain ne fixe pas moins de 1(3 à 32 kilogrammes d'azote dans une année par cette seule action directe. Cet azote, lorsqu'il ne passe pas dans les plantes cultivées et n'est pas emporté avec elles, reste dans le sol où il se transforme en nitrates solubles et en grande partie emportés par les eaux. Un hectare de terre en jachère peut perdre ainsi par an 200 kilogrammes d'azote correspondant à 1250 kilogrammes de nitrate de soude.

Ce nitrate de soude, nous le retrouvons dans les eaux accompagné d'azote ammoniacal, qui a une origine directement organique et, par suite, un rôle beaucoup plus suspect. Puis l'azote ammoniacal se transforme peu à peu en azote nitrique et c'est ainsi que les eaux les plus contaminées, celles de la Seine par exemple en aval de Paris, arrivent, dans un espace relativement court, à se purifier.

Une fois dans la mer, le nitrate est ensuite ramené en grande partie à l'état d'ammoniaque par une fermentation inverse sous l'influence des organismes, et l'on attribue au carbonate d'ammoniaque un grand rôle dans la fixation de la chaux. Puis cette ammoniaque se dégage, passe dans l'air et revient contribuer à la nourriture des plantes.

LES EA UX THERMO-MINÉRALES ET LEUR MINÉRALISA- TION. — Ce serait sortir de notre sujet spécial que de traiter ici la question des eaux thermo-minérales, où la géologie et la médecine se tiennent pourtant de si près et où la première science peut apporter à la seconde un si utile concours. Mais il faut au moins dire un mot de ces eaux souterraines spéciales, qui jouent aujourd'hui un rôle si important en thérapeutique et dont l'emploi, surtout comme eaux de table, pourrait, dans certaines circonstances de captage vicieux, constituer une hygiène à rebours.

Quelle que soit l'origine profonde de ces eaux chaudes et minéralisées (1), leur particularité est d'arriver au jour par un accident géologique, par une fracture profonde largement ouverte, qui permet la brusque remontée jusqu'à la superficie d'eaux accumulées en profondeur sous pression et échauffées par le fait seul de cette profondeur. L'existence de cette fracture béante, dont l'orifice au jour constitue ce qu'on nomme le griffon, est l'élément caractéristique d'une source thermale, qui, arrivant à nous par un plan de cassure vertical, se

(1) Voy. pour tous les détails sur cette question : L. De Launay, Recherche, captage et aménagement des sources thermo-minérales, 1 vol. gr. in-8°, Paris, Baudry, 1899.

dislingue aussitôt des sources oïd inaires, dont l'émergence s'opère en principe, au contraire, suivant un plan de contact horizontal. Une source thermale se trouve ordinairement à l'intersection d'une semblable fracture géologique (faille ou filon), qu'il ne faut pas confondre avec les cassures restreintes et localisées des terrains (ou diaclases), et d'une dépression topographique, telle qu'une vallée, pied de falaise, etc. Comme cas intermédiaire, il exisle des eaux minérales formant des nappes horizontales, que Ton va chercher par des sondages en profondeur et offrant, dès lors, des conditions géologiques analogues à celles des eaux douces : ces eaux minérales pouvant d'ailleurs avoir une origine quelconque, soit qu'elles représentent l'épanchement d'une source thermale fîlonienne, soit qu'on doive les attribuer simplement à la rencontre par les eaux presque superficielles de quelques minéraux solubles, tels que le chlorure de sodium ou le sulfate de chaux.

Le captage d'une source thermale doit —et c'est le point sur lequel je crois utile d'insister ici — viser au moins autant à éviter l'introduction des eaux superficielles qu'à recueillir le plus possible de l'eau thermale. La combinaison de ces deux desiderata s'exprimera en disant qu'on cherchera à obtenir la source thermale dans les conditions de débit maximum correspondantes au maximum de température. Ces variations de température sont, en effet, un indice certain que la source profonde (dont la température peut être, dans les limites d'application pratique, considérée comme à peu près invariable) est mélangée avec une eau froide superficielle qui la refroidit.

Ce captage peut être obtenu par bien des méthodes dont je ne saurais songer à donner une idée. L'une des plus ingénieuses consiste à utiliser le jeu des pressions hydrostatiques et à refouler l'eau thermale vers le point choisi par une contre-pression, obtenue précisément au moyen de ces eaux superficielles qui étaient une gêne et qui deviennent un utile instrument. L'eau froide et l'eau chaude peuvent, en effet, se trouver en contact dans leurs canaux souterrains et se faire équilibre statique sans qu'il en résulte un mélange, dont le thermomètre avertirait aussitôt.

Cette méthode est souvent nécessaire dans les terrains meubles, tels que les alluvions des rivières au milieu desquelles sourdent de nombreuses sources thermales, et il était utile delà signaler en passant pour éviter les appréciations erronées auxquelles ses applications ont parfois donné lieu de la part des hygiénistes, qui ont cru y voir un danger de mêler l'eau froide à l'eau thermale. Bien appliquée, elle est, au contraire, excellente. Dans tous les autres cas, on cherche à atteindre le même résultat en allant capter la source thermale, qui vient de la profondeur, le plus profondément possible.

ACTION DE CERTAINS PRINCIPES MINÉRAUX DU SOL. ACIDES CARBONIQUE, SULFHYDRIQUE, ETC. — Nous avons

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