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RÉPARTITION DES BACTÉRIES. S

évidence et cultiver, sans toutefois les numérer, les germes nitrificateiïrs qui doivent être les plus répandus dans le sol : il est aussi impossible de numérer les germes anaérobies qui jouent un rôle extrêmement important. A côté des germes nitrificatcurs (nitreux et nitrique), on peut signaler comme étant extrêmement nombreux les anaérobies capables de transformer les substances cellulosiques végétales en produits solubles, puis les germes urophages susceptibles d'effectuer la transformation ammoniacale de Purée.

Les procédés à employer pour l'examen bactériologique sont très variés suivant le but que Ton se propose et ne diffèrent pas de ceux appliqués à l'examen bactériologique des eaux, qui sera traité avec tous les détails nécessaires.

Lorsqu'il s'agit de la numération des germes susceptibles de cultiver sur les milieux usuels de culture, notamment sur la gélatine nutritive, la première difficulté consiste à recueillir aseptiquement l'échantillon à examiner. A l'exemple de Fraenkel, on peut employer une sonde spéciale renfermant une cavité armée d'un biseau : un dispositif permet, à la profondeur voulue, de recueillir dans cette cavité l'échantillon de terre. On peut encore faire une tranchée dans le sol, et prélever l'échantillon horizontalement, en évitant les impuretés de la surface de la tranchée. On porphyrise dans un mortier recouvert d'un linge laissant passer au centre un pilon, on fait ensuite un prélèvement moyen, aussi homogène que possible, que l'on introduit dans un flacon bouché à l'émeri renfermant 500 centimètres cubes à un litre d'eau ou de bouillon. Tout en agitant, on fait des prélèvements à l'aide de pipettes jaugées et on ensemence des cristallisoirs ou des boîtes de Roux renfermant la gélatine liquéfiée à 36° (1). On fait solidifier et on agit comme pour l'examen des eaux (2).

S'il s'agit de la recherche de germes spéciaux, de germes anaérobies, de germes pathogènes, etc., on utilise les milieux d'élection, les méthodes de choix pour les espèces recherchées, notamment l'expérimentation physiologique.

Voici, d'après les analyses de terre effectuées par différents auteurs et d'après nos recherches personnelles, les espèces microbiennes les plus fréquemment rencontrées sur les milieux de culture usuels à la température ordinaire :

Bacillus subtilis. B. violaceus. Coccus luteus.

Coli-bacille. Coccus ureie. B. fluorescens pulridus.

Bacterinm terme. Coccns radiatus. Sarcùia lutea.

B. fluorescens liquefaciens. B. figurans. Coccus fervidosus.

B. mesentericus vulgalus. B. flavus. Coccus prodigiosus.

B. mesentericus ruher. B. Luteus. Proleus vulgaris.

B. mycoïdes. Coccus aurantiacus.

(1) Bien entendu, tous les objets et liquides employés dans ces recherches doivent être stériles.

(2) Voy. Examen bactériologique des eaux.

74 EDMOND BONJEAN. — LE SOL. ÉTUDE BACTÉRIOLOGIQl'E.

Le bacille du charbon, le vibrion septique cl le bacille du tétanos (anaérobie) sont les espèces pathogènes les plus répandues dans le sol à l'état de spores.

Les moisissures : Pénicillium glaucum, Mucor mucedo, Mucorracemosus, Aspergillus niger el glaucus;

Les levures rose et blanche; Torula nigra: les Cladolhrix cl Leplolhrix.

MICROBES PATHOGÈNES. — Le sol reçoit les germes de toutes les maladies infectieuses de l'homme et des animaux avec les matières fécales, les eaux résiduaires, les linges contaminés, les expectorations, les sécrétions, les desquamations, les cadavres, etc.. Ces germes rencontrent sur le sol un très mauvais milieu de culture : la température et le terrain qui leur conviennent sont ceux de l'organisme qui les a rejetés et, sur le sol, ces facteurs sont absolument différents. De plus, ces germes sur le sol sont soumis à une concurrence vitale intense avec des saprophytes acclimatés de longue date et qui sont toujours les maîtres du terrain. C'est d'ailleurs grâce à cette défense naturelle que les germes pathogènes (exception faite pour les spores) paraissent relativement si peu répandus ; les spores présentant au contraire une très grande résistance, il en résulte que les pathogènes sporulés tels que le bacille du charbon, le bacille du tétanos, le vibrion sep tique sont fréquemment représentés dans le sol : la présence de ces spores pathogènes est révélée par les nombreux accidents qui se produisent à la suite des inoculations expérimentales ou accidentelles de terre : mais ces faits ne revêtent pas de caractère « épidémique ».

Il existe un certain nombre d'autres germes pathogènes dans le sol révélés par les accidents que produit le contact de la terre avec les organes des individus ; ces germes, à l'exemple des germes nitrifîcateurs, ne peuvent pas être isolés par les procédés ordinaires de culture, même avec l'aide de l'expérimentation physiologique : c'est ainsi que dans certaines régions de la zone intertropicale les nombreux cas d'ulcère phagédénique sont produits par le contact de la terre humide, de la vase avec les pieds des cultivateurs. La pulpe de l'ulcère renferme un bacille ne cultivant pas sur les milieux ordinaires de culture (Le Dantec, Le Roy de Méricourt, Rochard).

Résistance des germes pathogènes clans le sol. — Depuis quelques aimées, des recherches ont été entreprises dans le but d'étudier la vie des germes pathogènes dans le sol ; chacune de ces expériences s'éloigne plus ou moins des conditions naturelles, de sorte que leurs résultats sont très contingents (1) : voici les principales déterminations résumées pour chacune des espèces intéressant le plus l'hygiène.

(1) Losener a fait ses expériences sur des cadavres de porcs ; Klein sur des cadavres de cobayes ; Gaerlner dans les fumiers et les matières fécales.

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