‹ Traité d'hygièneChapitre 32 sur 191 · MICROBES PATHOGÈNES. S · texte numérisé non relu

MICROBES PATHOGÈNES. S

Bacille typhique. — Grancher et Deschamps (1) ont constaté que le bacille typhique avait résisté cinq mois et demi dans la terre stérilisée entre 20 et 50 centimètres de profondeur. Wurtz et Mosny (2), dans une série d'expériences entreprises sur les conseils de P. Brouardel, ont établi :

1° Que le bacille typhique ne pénètre pas à plus de 50 à 60 centimètres de profondeur ;

2° Que le bacille typhique meurt dans la terre végétale en moins de 3 jours quand la nappe d'eau est en contact avec lui.

Karlinsky (3) lui a reconnu une durée de 3 mois en culture pure dans le sol et dans les cadavres enterrés ; Klein de 22 jours dans les cadavres enterrés; Gielt, dans les fumiers, 5 et 9 mois: Genersich, dans un sol humide et stérile, la retrouvé vivant après 293 jours; l'Office impérial allemand, 19 jours ; Lôsener l'a rencontré dans une terre en apparence non contaminée. Ce même auteur l'a mis en évidence dans un cadavre enterré au 96e jour.

Gaertner l'a conservé 7 jours dans du fumier et des matières fécales. Fraenkel a constaté que le bacille typhique peut végéter à 3 mètres de profondeur et que dans les mois d'été il prospère plus vigoureusement. Tryde et Salomonsen (4), de Copenhague (1884), Macé (1888), Remlingeret Schneider (1897) l'onl mis en évidence dans le sol de casernes infestées. Estore de Franceshi (5) a effectué une série d'expériences ayant paru lui démontrer qu il existe des échantillons de microbes du typhus qui, parvenus dans un sol exposé à l'air, si le sol contient une suffisante quantité de substances organiques, acquièrent des propriétés infeclieuses qu'ils ne possédaient pas auparavant à ce degré ?

A notre avis, la plupart des travaux relatifs à la présence du bacille typhique dans le sol sont à reprendre, tant la confusion a été grande et l'est encore, bien que plus rare, entre ce germe et d'autres de caractères voisins. Nous avons examiné des germes qualifiés bacille typhique isolés du sol de cours, de jardins, dans un temps où quelques auteurs le trouvaient et signalaient partout: or ces germes ne possédaient que quelques caractères du bacille typhique, mais ils n'en étaient pas. D'ailleurs son isolement est de plus en plus rare au fur et à mesure que l'on précise les caractères spécifiques de ce germe.

Macé estime que, lorsque toutes les conditions convenables se trouvent réunies, le bacille typhique peut se conserver fort longtemps vivant dans le sol, surtout dans les couches profondes.

Bacille tuberculeux. — Lôsener, dans des cadavres enterrés, lui

(1) Grancher et DESCHAMrs, Arch. de mid. expér. et d'anat. patliol., lre année, p. 33.

(2) Wurtz et Mosny, Congrès international d'Hyg. de Paris, 1889, p. 4 17.

(3) Karlinsky, Fortsch. der Med., 1889.

(4) Tryde et Salomonsen, Soc. de Mëd. de Copenhague, 1884.

(5) Revue d'hygiène, 1905.

assigne une durée de 95 jours; Klein de t9jours; Gaertner, dans des fumiers ei des matières fécales, de plusieurs mois; l'Office impérial allemand, de trois mois dans les mêmes conditions.

Bacille tétanique. — Ramu a pu inoculer avec succès, à Varsovie, une série de lapins avec de la terre provenant de Gôttingen ei conservée depuis 3 ans 6 mois dans une éprouvette soigneusement bouchée. Miquell'a rencontré virulent après 16 ans; Lôsener, dans les cadavres enterrés, Ta retrouvé virulent après 234 jours et constaté qu'il était mort après 361 jours.

Bacille du charbon. — Pasteur, Roux, Chamberland, dans leurs mémorables expériences sur le charbon, l'ont rencontré dans une terre 17 ans après l'enfouissement d'un animal charbonneux.

Koch a constaté que ce germe ne poussait pas dans la terre de jardin, l'humus ou la boue.

D'après Feltz, une atténuation sensible de la virulence du bacille du charbon aurait lieu par son séjour dans la terre (1).

Bacille du choléra. — La spirille du choléra, étant une espèce relativement fragile, doit présenter peu de résistance dans le sol. De Giaxa (2) a confirmé ce fait en invoquant surtout la concurrence des espèces saprophytes; Lôsener et Klein, dans les cadavres enterrés, l'ont retrouvée au 28e jour; Klein, dans des fumiers et des matières fécales, lui assigne une durée de 4 jours, et de 17 jours dans les cadavres inhumés, d'après les recherches de l'Office impérial allemand. Fraenkel a constaté qu'elle se développait encore à 3 mètres de profondeur en été ; à lm,50 en toute saison. Pour Dempster (3), elle meurt en 3 ou 4 jours dans la terre sèche et vit 28 à 68 jours dans la terre humide. En dehors des recherches de De Giaxa, tous ces chiffres ont été déterminés dans des conditions bien différentes du contact direct de la spirille du choléra avec le sol.

Bacille de la peste. — Klein lui assigne une durée de 22 jours dans les cadavres enterrés; Yokolé, de 15 à 30 jours. Yersin a rencontré dans le sol d'une contrée où sévissait la peste, un bacille identique, mais moins virulent que celui des bubons pesteux.

Il est à noter que les poussières pesteuses du sol peuvent donner la peste par la respiration.

Bacille pyocyanique. — Lôsener a constaté la mort du bacille pyocyanique dans les cadavres enfouis dans la terre après 33 jours; nous avons retrouvé ce germe dans la terre conservée légèrement humide après 3 mois.

Staphylocoque doré. — Klein a signalé sa mort après 2 mois.

Pneumobacille de Friedlander. — Lôsener a constaté sa disparition sur les cadavres enfouis dans la terre après 28 jours.

(1) Feltz, C. R. Acad. des Sciences, Cil, 1886, p. 132.

(2) De Giaxa, Ann. de micr., II, 1890, n<> 5.

(3) Dempster, Soc. de mèd. ei de chir. de Londres, 1894.

Page 1