EDMOND BOX.JEAX.— LE SOL. SON ROLK EN HYGIENE
relevée par P. Brouardel el Du Mesnil l au sujel du déplacement du cimetière des Innocents où plus de 90 000 cadavres inhumés dans les trente dernières années ont été remués ou enlevés avec une couche de huit à dix pieds de terre Infectée pendani les mois d'hiver et les Tories chaleurs, avec el sans précautions, sans qu'un danger se soit manifesté pendant le cours des opérations et qu'aucun accident ait troublé la santé publique.
De nombreuses observations ont été faites el sont t'ai les journellement dans ce sens (désaffectât ions de cimetières, percements de tunnels, bouleversement de terrains contaminés pour Les grands Iravaux des villes (métropolitains souterrains, etc.).
Ces observations nous conduisent à reconnaître qu'il n'y a pas d' « épidémie » strictement tellurique, et que, si dans certains cas le sol paraît jouer un rôle important, c'est parce que les résidus virulents des sujets infectés sont rejetés virulents au sol et sont véhiculés de nouveau jusqu'à l'organisme humain par les aliments souillés, les eaux d'alimentation impures, les végétaux crus, les insectes.
La règle qui découle de ce fait est de stériliser ou de rendre inoffensifs ces résidus, avant de les épandre sur le sol : cette règle est peut-être la plus importante de la prophylaxie des affections épidémiques.
Le sol doit présenter certaines propriétés physiques et chimiques que l'homme peut quelquefois lui apporter lorsqu'elles manquent naturellement : c'est ainsi qu'il appliquera les règles de l'agriculture dans le but de cultiver des plantes utiles à son alimentation: qu'il défrichera certaines régions, qu'il en asséchera d'autres afin de modifier les terrains trop propices au développement de certains germes, parasites, ou insectes susceptibles de provoquer et d'entretenir des maladies et des épidémies (taenia, moustiques, mouches, ankylostomes, etc.).
La nature du sol influe considérablement sur les conditions d'existence des individus qui l'habitent : le choix de l'habitation, du vêtement et des aliments dépend en partie de sa constitution. Le sol régit la qualité des eaux d'alimentation ; il constitue souvent par luimême le meilleur organe d'épuration et permet alors d'évacuer et de rendre inoffensifs les déchets de la vie et les résidus de toutes espèces «les agglomérations (matières fécales, eaux résiduaires, cadavres : ces deux dernières considérations sont des plus importantes pour l'hygiène publique.
(1) Bhouaudfl et Du Mksnii., Recueil des trnvaux du Comité cons. dllyg. publ. de France, t. XXII, p. 53.