‹ Traité d'hygièneChapitre 43 sur 191 · L'EAU POTABLE · texte numérisé non relu

L'EAU POTABLE

\^ eau potable peut être définie celle qui est assez claire, fraîche ei pure (chimiquement et bactériologiquement) pour qu'on la consomme avec agrément et sans aucun risque pour la santé. Dans la nature terrestre, elle se présente ainsi beaucoup moins fréquemment qu'on ne le croit d'ordinaire, surtout dans les pays habités; et les récents travaux de tous ordres relatifs à Veau potable tendent tous à établir cette vérité, surprenante pour beaucoup, que la bonne eau naturelle mérite

(1) BnouARDBL et Gilbert, Nouveau Traité de médecine et de thérapeutique, Paris, 1903-1906. — L. de Launay, Recherche, cap t âge et aménagement des sources thermo-minérales, Paris, 1899.

d'être considérée comme chose précieuse, digne de Ions ménagements et de toutes précautions contre le gaspillage et surtout la contamination (1).

Le problème de l'eau. — Le problème de Veau de boisson est devenu, depuis peu d'années, lune des principales préoccupations. l'une des plus fortes dépenses de toutes les grandes agglomérations urbaines et même (depuis le début de ce siècle seulement et par haute el salutaire mesure administrative) des moindres communes de la France.

Pourquoi cet accroissement de valeur et de considération a-t-il affecté soudain l'humble liquide?

C'est en répondant à cette question qu'il importe d'expliquer le programme et la portée du présent chapitre, rendu, nécessaire par les nouvelles données scientifiques, acquises dans ces dernières années, sur Y origine hydrique de certaines maladies. - Sans remonter à la genèse de l'eau terrestre, sur laquelle la géologie demeure réduite à des hypothèses, bien vraisemblables certes, mais dont la preuve reste intangible, on peut rappeler du moins que trois sortes d'eaux, en somme, mouillent notre planète : la mer, salée, non potable ; les eaux douces des ruisseaux, fleuves et lacs ; les eaux thermales ou thermo-minérales, toujours chimiques sinon toujours chaudes (certaines sont froides : Montmirail en Vaucluse ; ou tempérées, Matsesta en Transcaucasie, 21° à 23°, etc.).

Le cycle de l'eau. — Les mers, produites, selon l'idée la plus universellement acceptée, par le refroidissement, la condensation des deux principaux gaz d'une nébuleuse primitive, l'oxygène et l'hydrogène, et par la concentration de particules minérales (les sels chimiques), ont provoqué, dès leur naissance, la mise en mouvement d'un cycle qui dure encore et ne s'arrêtera que par la mort de notre monde : sous l'action de la chaleur solaire, peut-être aussi d'autres causes, une partie de l'eau des mers redevient gaz et remonte en vapeurs, brumes, brouillards, nuages, vers les hauteurs de l'atmosphère ; c'est le phénomène de Vévaporation, qui jamais ne cesse à la surface des océans. Au caprice des vents et des cyclones, des variations barométriques et thermométriques, les nuées à nouveau se résolvent en pluies, relativement bas dans notre ciel, el retombent en ondées soit sur la mer elle-même, soit sur les continents où les poussent les troubles météorologiques, où les attirent les montagnes, où les con-

(1) Voy. P. -F. Ghalon, Recherche des eaux souterraines, 2e édit., in-12, Paris, — H. Boursault, Recherche des eaux potables et industrielles (Encyclopédie des aide-mémoire Lèautè), Paris. — F. Mihon, Les eaux souterraines (Ibid.). — Ed. Imbeaux, Les eaux potables et leur rôle hygiénique (en Meurthe-et-Moselle), in-s° et atlas, Nancy, 1897. — L. Pagliam, Trattato di igiene e di sanita publica, 3 vol., Milan, 1905. (La première partie traite des terrains et des eaux dans leurs rapports avec l'hygiène et la santé publique.) — D1' Guiraud, Manuel pratique d'hygiène, Paris, 1904, 3" édit.

Page 1