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ROCHES IGNEES ET SÉDIMENTS

tagnes, dans nos plaines, sur les rivages de nos côtes, ou que nous retrouvons plus profondément, dans nos travaux souterrains, puits, carrières, etc., appartiennent à deux groupes principaux tout à fait distincts : différents par l'origine que nous sommes en droit de leur attribuer, dissemblables aussi par leur allure, leur continuité, leur mode de répartition. Les uns impliquent l'action des forces ignées, ils ont passé par l'état de fusion et leur cristallisation s'est faite ensuite, en coulées superficielles, en dykes intrusifs, en amas compacts plus profonds, ce sont les roches ignées ; les autres ont été déposés dans un milieu aqueux, dans une mer, dans un lac, dans une rivière, soit mécaniquement par simple transport et classification, ainsi que les galets de nos rivières ou le sable de nos plages, soit chimiquement après avoir d'abord été en dissolution, ce sont les sédiments. Entre ces deux groupes de terrains, la démarcation est absolument tranchée; pour la plupart des conséquences pratiques comme pour les conclusions théoriques, ils se comportent différemment ; il est donc indispensable d'être renseigné d'abord sur une notion aussi fondamentale, et c'est ce que les cartes géologiques s'efforcent de faire, comme nous le verrons plus loin, en employant des couleurs très différentes pour signaler la zone d'étendue des roches éruptives et celle des sédiments. Par exemple, pour les premières, les couleurs rouges, oranges, ou tout au moins les tons foncés, sont, en général, adoptés de préférence.

Comme cas intermédiaire, je signalerai seulement les sédiments rendus cristallins ainsi que les roches ignées par une transformation profonde, attribuable elle-même en principe à des actions ignées, et nommée le métamorphisme. Les terrains ainsi « métamorphisés » se comporteront, pour la plupart, en pratique comme les roches ignées elles-mêmes. Par exemple, les gneiss, et plus généralement les terrains dits cristallophylliens, c'est-à-dire, comme l'indique l'étymologie, à la fois cristallins et feuilletés, ne différeront guère, pour notre cas particulier, des roches ignées, avec lesquelles ils présentent souvent une grande ressemblance d'aspect.

Chacun de ces deux groupes principaux se subdivise à son tour en quelques sous-groupes, dont, pour nos applications d'hygiène, on peut restreindre fortement le nombre. Ce qui nous intéresse en effel pour les roches ignées, ce n'est pas leur structure, leur agrégat minéralogique, c'est seulement leur disposition habituelle et, à titre secondaire, leur composition chimique et, pour les sédiments, ce n'est pas, à moins qu'il s'agisse d'établir une coupe verticale, leur Age géologique absolu, mais c'est leur disposition physique et la forme de leur dépôt.

A cet égard, les roches ignées constituent tantôt de grandes masses, que l'on peut pratiquement considérer comme indéfinies en profondeur et dont il n'y a donc pas lieu de chercher le substrat uni,

telles que dos granités, des syénites, des gabbros, etc.: ou bien elles peuvenl former des dykes ou filons, c'est-à-dire s'intercaler au milieu de la série des terrains quelconques ainsi que de grands murs verticaux, dont les porphyres, les diabases, les porphyrites offrent de nombreux exemples: ou encore elles peuvent se présenter à Pétai de coulées, de nappes, semblables aux coulées volcaniques et approximativement horizontales (basaltes, trachytes, andésites, etc.).

Pour les sédiments, ràllure est plus simple et surtout plus uniforme, à la condition que ces sédiments n'aient pas été affectés après leur dépôt par les dislocations mécaniques (plissements, failles, etc.), dont il va être bientôt question. Un sédiment, qui est par définition un dépôt dans les eaux, peut, en effet, être assimilé, au moins avec le degré d'approximation qui nous importe ici, aune couche à peu près horizontale, à ce que Ton appelle une strate. Ces strates sont composées de trois ou quatre éléments principaux qu'il est indispensable de savoir distinguer. Tantôt on aura des sables plus ou moins grossiers, plus ou moins agglutinés, passant à des grès, à des quarlzites, ou, quand les galets s'y développent, à des conglomérais ou poudingues. Tantôt il s'agira d'argiles fines, qui, lorsqu'elles se sont trouvées durcies et laminées, deviennent des schistes ou des ardoises. Tantôt enfin on rencontrera des calcaires, composés de carbonate de chaux avec un peu d'alumine, d'oxyde de fer et de silice. Comme cas intermédiaire, les grès peuvent être argileux ou calcaires : les argiles peuvent passer aux calcaires par l'intermédiaire des marnes.

En ce qui concerne la circulation des eaux et, par conséquent, pour toutes les questions d'hygiène où cette circulation intervient, les divers sous-groupes de terrains, que je viens de signaler, se comportent très différemment les uns des autres. Si nous ramenons toujours les faits (en réalité fort compliqués) à des notions simples et, par suite, seulement approchées, on peut dire que les masses de roches ignées sont, dans la profondeur, compactes et impénétrables ; à la surface, elles laissent passer les eaux dans leurs fissures étroites ou dans les intervalles des grains de sable résultant de leur transformât ion en arènes ; elles constituent alors un filtre excellent, bien que le caractère généralement assez superficiel de ces circulations aqueuses puisse amener des contaminations locales faciles a prévoir le cas échéant.

Les filons de roches dures constitueront des plans de drainage verticaux pour les eaux souterraines. Les coulées de roches ignées absorberont par leurs fissures des eaux abondantes, qui se concentreront à leur base, sur quelque couche argileuse, en masses d'eaux souvent volumineuses et donnant lieu à des sources abondantes, ainsi qu'on l'observe pour une cause semblable a la base des calcaires. Puis les sables, étant poreux, pourront donner lieu à des nappes d'infiltration, dont il faut d'ailleurs se garder d'exagérer la continuité el,

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