‹ Traité d'hygièneChapitre 51 sur 191 · CARACTÈRES DES BONNES EAUX · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DES BONNES EAUX

Or l'existence d'une vallée sèche et d'un ancien seuil de déversement du lac de Joux, beaucoup plus haut que ses eaux actuelles, est une des particularités les plus frappantes de cette région.

De môme les eaux du bassin du Locle (à Test du lac de Chaillexon, du Saut du Doubs et de Morteau) se déversaient autrefois par une coupure extrêmement étroite, véritable brèche, en dessous de laquelle ont été pratiqués, dans une situation particulièrement pittoresque, les deux tunnels de la route et du chemin de fer de France en Suisse par le col des Roches (916 mètres) ; l'écoulement de l'eau est devenu souterrain ; quelques centaines de mètres à peine séparent l'engouffrement en territoire suisse et la résurgence en France, par une belle cascade qui sort d'un trou même de la roche calcaire.

Ainsi le côté quantitatif du problème de l'eau, la latte pour Veau et contre la soif, n'est peut-être pas moins préoccupant que le côté qualitatif. Et ce dernier, qui est spécial à notre sujet, se résume en définitive comme suit :

Les eaux des résurgences et des puits des terrains fissurés sont susceptibles, avant leur infiltration dans le sol, d'être contaminées par les vidanges (notamment les selles des malades), les ptomaïnes, les décompositions végétales ou animales, les cimetières, les résidus chimiques industriels, en un mot toutes les pollutions qui peuvent se mélanger aux pluies ou aux ruissellements ; sous terre le filtrage n'existe pas dans les formations crevassées, et la prudence exige qu'au point de vue de l'hygiène publique une formelle distinction soit faite entre les sources filtrées par les terrains arénacés ou détritiques, et les résurgences non épurées.

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