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COULEUR ET LIMPIDITÉ

La couleur (1) doit être nulle par transparence à travers une faible épaisseur, et bleue (2) (non pas verte, ni jaune) sous une profondeur de quelques mètres. Elle est d'ailleurs fort diminuée par Faction de la lumière solaire qui « mange la couleur de la tranche superficielle » (Imbeaux). Elle ne doit pas être confondue avec la limpidité ou transparence, qui est toujours si recherchée du consommateur : celui-ci serait en général bien surpris si on lui disait, conformément à la stricte vérité, qu'une eau trouble, limoneuse par exemple, chargée de particules argileuses en suspension, mais provenant d'une région inhabitée, exempte de toutes causes de contamination, peut être plus saine que Feau claire de certaines résurgences remplies d'invisibles et dangereuses bactéries. Il est vrai que certaines eaux courantes, opaques, comme les torrents laiteux des glaciers, ne sont pas de bonnes eaux potables, à cause des substances dissoutes (magnésie, sulfates, etc.) qu'elles entraînent. Il est certain aussi qu'une résurgence doit toujours être mise en décharge, dès qu'elle présente le moindre indice de trouble, principalement à cause des remises en mouvement de microbes décantés, provoquées par les crues souterraines et dont il a été question ci-dessus.

Une eau est limpide quand, vers 0m,50 à 0m,60 d'épaisseur, elle n'altère pas la couleur du papier blanc. Une eau jaunâtre renferme du sable ou de Fargile ; noirâtre, de la tourbe ; laiteuse foncée, des résidus industriels ; brunâtre, des résidus fécaux.

Le service des eaux de la Ville de Paris distingue, à ses captages, les trois degrés de turbidité : louche, très louche, trouble. (On peut les apprécier avec le récent tholomèlre (de tholos, trouble) ou diaphanomètre de Van den Broeck et Rahir) (3).

Jusqu'en 1904, on ne mettait en décharge que quand le deuxième degré se manifestait. La prudence complète exigerait que l'on prit cette précaution dèsle premier degré (4). Mais alors, en l'état actuel des

(1) Voy. Kemna, Bull, de la Soc. belge de géologie, t. X, 1896, niém. p. 211-279. — E. Imbeaux, Odeur, couleur et limpidité de l'eau. Bull, de la Soc. des sciences de Nancy, séance du 1er décembre 1903.

(2) Voy. Schloesing, Rapport sur M. Gérardin. C. R. Ac. Se, 23 déc. 1895.

(3) Soc. belge de géologie, 28 juillet 1903.

(4) Des pluies abondantes survenues dans le bassin supérieur de l'Avre les 6, 7, 8, 9 et 10 juin 1904, avec fortes averses le 7 et le 8, ont déterminé du 9 au 12 une nouvelle crue des sources captées dans cette région, et, à partir du 10 au matin,

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