DISLOCATIONS DES TERRAINS
ceux qui ont déjà l'habitude et la pratique des cartes géologiques; l'expérience montre néanmoins qu'elles ne seront pas inutiles à tous ceuxqui veulent utiliser ccsdocuments sans une préparation suffisante. C'est un de ces cas très fréquents dans fout essai de vulgarisation, où les uns sont tellement familiarisés avec une idée qu'ils ne songent même pas à renoncer, tandis que les autres, ne la soupçonnant pas, ne comprennent rien aux déductions qu'on en tire, faute d'un simple mot d'explication qui leur en donnerait la clé.
Il nous reste maintenant, avant d'aborder l'étude des cartes et des coupes géologiques, à parler des dislocations subies par les sédiments postérieurement à leur dépôt, des plissements et failles qui les ont souvent bouleversés, divisés par compartiments et parfois même renversés de fond en comble.
DISLOCATIONS DES TERRAINS. PLISSEMENTS, REN- VERSEMENTS, FAILLES, ETC. — Quand nous avons tout à l'heure indiqué d'un mot l'allure des sédiments pour la comparer à celle des roches éruptives, nous avons admis approximativement qu'une strate sédimentaire se présentait sous la forme d'un banc horizontal et homogène composé de tel ou tel terrain, grès, schiste, calcaire, etc.. L'expérience la plus courante montre qu'il n'en est rien et, sans recourir à des théories compliquées ni raccorder par des hypothèses savantes des observations de détail, il suffit de se promener quelques jours dans une région montagneuse ou de suivre une falaise de nos col es pour y apercevoir des terrains plissés, contournés, repliés sur eux-mêmes en sinuosités compliquées.
L'observation la plus fréquente des mineurs montre également qu'après avoir suivi en galerie un banc de terrain horizontal, il arrive de rencontrer tout à coup, au même niveau, un terrain différent, d'un âge géologique beaucoup plus ancien ou plus récent, séparé du premier par un plan de fracture qu'on appelle une faille ; le fait apparaît avec une netteté particulière quand le banc, dans lequel la galerie horizontale était creusée, se trouvait constitué par une substance utile, houille, minerai de fer, phosphate de chaux, etc.; la brusque disparition de cette substance est alors un désastre industriel, ou du moins elle semble telle jusqu'au jour où des recherches méthodiquement conduites permettent de retrouver, au delà de la faille, le prolongement du terrain utile disparu, dans la position qui résulte pour lui de son rejet par cet accident mécanique désigné sous le nom de faille.
Une constatation analogue peut encore se faire d'une façon un peu moins nette, quand, sur un plateau où tout le terrain apparaissait formé pendant Longtemps d'un même étage géologique bien horizontal, on voit brusquement apparaître un étage géologique tout à fait différent et dont la nature physique peut faire contraste avec celle du premier. Bien des gens ont ainsi, sans aucune connaissance
géologique, soupçonné l'existence d'une faille au milieu de leur propriété en remarquant le contraste que présentent, «les deux côtés dune certaine ligne, les terrains, les cultures et, par suite, la valeur même du sol.
On arrive ainsi tout naturellement à lidée que les terrains sédimentaires ont subi, depuis leur dépôt, des mouvements multipliés : idée qui résulterait d'ailleurs de ee fait seul que des couches marines se trouvent aujourd'hui portées au sommet des Alpes, tandis que d'autres dépôts marins plus récents existent, en même temps, à leur pied, et c'est ainsi que s'est constituée toute une science, dite la tectonique ou Y orogénie, Tune des- plus ingénieuses, mais aussi des plus compliquées, parmi toutes celles entre lesquelles se partage l'attention des géologues, qui a pour but d'étudier ces mouvements du sol, de les coordonner, d'en rechercher la loi et de reconstituer ainsi l'histoire de ces chaînes montagneuses, si importantes dans la structure terrestre et pourtant, comme nous le remarquions en commençant, si éphémères. Il ne saurait être question de donner ici une idée, même très sommaire, de la tectonique; mais quelques définitions sont nécessaires pour comprendre le moindre rapport géologique.
Les accidents, dont les terrains peuvent porter l'empreinte, se divisent, suivant la nature du mouvement subi, en deux grandes catégories, qui viennent