Ciglo medico, n" 4G5, p
4. Rapport au comité d'hygiène par Fauvel sur la relation de Dubroul, gérant du consulat de France à Rarcelone.
MALxVDIES INFECTIEUSES ET CONTAGIEUSES
En 1878 \ il y eut des cas de fièvre jaune à Madrid, où Ton compta une cinquantaine de malades et e^5 décès. La maladie fut introduite par des soldats libérés du service et revenus de Cuba après débanjuement à Santander.
On voit que tous ces faits se confirment réciproquement. On assignait autrefois à la fièvre jaune, comme latitude maxima, le 43'" degré de latitude Nord, c'està-dire une latitude correspondant à UEspagne et à Fltalie. Or, Saint-Nazaire est à 47 degrés passés; enfin, la maladie a été importée jusqu'à Brest -, qui est à 48 degrés et demi, jusqu'au Havre, et, jusqu'à SAvansea en Angleterre à ol°37'. Or, sans vouloir nier que certaines latitudes favorisent la dissémination de la maladie, on peut voir qu'il n'y a pas de limite infrancbissable aux effets de l'importation; on constate aussi combien le champ des grandes épidémies de fièvre jaune s'est étendu,en même temps que les communications sont devenues plusra})ides et plus fréquentes.
Cette observation est applicable à l'Amérique comme à l'Europe. Cette maladie, originaire du golfe du Mexique, et qui y restait en quelque sorte confinée comme maladie endémique, tend à prendre, de plus en plus, dans le Nouveau Monde, une extension considérable. Non seulement la fièvre jaune est en progrès et a de la tendance à se propager et à s'acclimater sur les côtes de la région chaude de l'Amérique, où autrefois elle ne faisait que de rares et courtes apparitions, mais elle ne hmite plus, comme auparavant, ses ravages à la zone maritime, et peut pénétrer très loin à l'intérieur des terres.
Ce développement considérable du domaine de la fièvre jaune, coïncidant avec l'extension et la rapidité des relations commerciales, est une menace incessante pour l'Europe et exige de sérieuses précautions.
Foyers d'origine de la fièvre jaune. — L'origine de la fièvre jaune, en Amérique, est enveloppée d'une profonde obscurité. Nous manquons de documents élabhssant d'une façon positive son existence dans le nouveau continent avant l'arrivée de Christophe Colond). Mais dès les premières années qui suivirent la découverte de l'Amérique, on trouve des relations de peste, de maladies meurtrières, et, malgré la brièveté des descriptions, on parvient à démêler que ces désastres, qui se renouvellent encore de nos jours, ont une cause. identique : la fièvre jaune; car le sol de Saint-Domingue, ce berceau du fléau, a été aussi inhospitaUer aux soldats de Leclerc, au xix*" siècle, qu'il avait été funeste, au xv^, aux hordes de Colomb. (Cornillac.)
Cristophe Colomb découvrit, on le sait, l'Amérique le 8 octobre 149^ en abordant à l'île San Salvador, une des Lucayes, et toucha ensuite à Cuba et Saint-Domingue. Il ne séjourna que trois mois dans les ports de ces îles et seulement pendant la saison sèche, qui permet rarement à la fièvre jaune de se développer.
Les Européens n'éprouvèrent aucune atteinte en ce premier voyage.
Colomb partit de Cadix pour son second voyage le !25 septembre 1493 et, pendant la traversée de quarante jours, ses équipages n'avaient fait aucune perte. Il débarque, en décembre 1493, les 1 500 Espagnols qui furent occu})és aussitôt à la construction d'une ville. Ces hommes furent décimés par une épidémie dont la nature ne prête pas au doute et dont l'ictère était un symptôme prédominant. Ces épidémies encore