Delà fièvre jaune, Naples, 1809, p
2. Report of the sanatory commission ofNew Orléans for 1SS3, N. -Orléans, 1854, p. 240.
L'âge, lé sexe, la profession ne donnent aucune prédisposition à la fièvre jaune.
Quelle influence peut avoir sur l'arrêt d'une épidémie l'émigration sur les hauteurs? Les résultats de cette mesure prophylactique ont été très heureux pendant l'épidémie des Antilles de 1852 à 1857. Il agit et comme déplacementet comme procédé d'isolement. Quand, en effet, on a pu faire l'évacuation des troupes avant l'apparition de l'épidémie parmi elles, la préservation a été complète; mais quand elle n'a lieu qu'après que le mal a déjà fait des victimes, il continue quelques jours encore après l'évacuation.
Sanarelli donne un exemple qui démontre l'action préservatrice de l'altitude dans certains cas et est favorable à l'opinion que la fièvre jaune se contracte la nuit plutôt que le jour. « A Rio de Janeiro on peut observer ce phénomène avec une évidence indiscutable chez les étrangers non acchmatés, qui, pendant l'été, vont habiter la ville de Pétropolis, située à 800 mètres au-dessus du niveau de la mer. Ces personnes (commerçants, diplomates, etc.), bien qu'elles aillent tous les jours à Rio de Janeiro, traversent sans incident une épidémie de fièvre jaune, à condition de ne pas rester une seule nuit dans cette dernière ville. L'oubli de cette règle a coûté la vie à nombre d'imprudents et l'histoire épidémiologique de Rio de Janeiro est très riche en ces exemples tragiques. On contracterait donc la maladie pendant la nuit, dans les foyers domiciliaires où l'individu dort quelques heures dans une ambiance confinée. »
Sanarelli fait d'ailleurs remarquer qu'au Brésil, dans l'État de Saint-Paul, le typhus ictéroïde a pénétré dans l'intérieur loin du littoral, en des points dont l'altitude est élevée de 800 à 900 mètres au-dessus du niveau delà mer, ce qui démontre que l'immunité conférée par l'altitude n'est pas constante.
Nous avons passé en revue les circonstances qui favorisent la propagation de la fièvre jaune. Cette maladie naît dans un rayon qui parait circonscrit aux Grandes Antilles et au golfe du Mexique : c'est là que les navires chargent la maladie avec leur cargaison et viennent l'apporter en Europe.
Si la fièvre jaune ne se développe pas spontanément sur un navire, comme on le croyait autrefois, celui-ci peut devenir cependant un agent puissant de conservation de la maladie indépendamment du personnel même de l'équipage.
On a vu souvent la maladie renaître, si elle avait cessé, se multiplier, si elle existait encore, lorsque quelque mouvement était opéré dans l'arrimage du navire, soit dans la cale, soit seulement dans le faux pont. Cette persistance des causes d'infection, à bord des navires, est si remarquable, que quelquefois, après le débarquement de l'équipage dans un but de prophylaxie, pendant plusieurs jours, pendant un mois même, si le navire n'a pas été complètement évacué ou suffisamment purifié, on voit les hommes à peine rentrés retomber malades. On a même cité ce fait, qu'une épidémie interrompue par le transport du navire dans les latitudes froides, comme Terre-Neuve, le cap Horn, a pu renaître deux ou trois mois après son interruption.
Cette ténacité est une des raisons qui ont pu faire croire que le navire était l'origine première, la source de l'agent spécifique. C'est là une erreur. Le contage avait été chargé; il a été emmagasiné dans la soute ou dans la cale; il y est resté; le navire n'ayant pas été purifié, le germe spécifique y a été conservé, mais il n'y est pas né.
Etudions maintenant les différents modes de contagion de la fièvre jaune. La
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transmission directe par un malade à un sujet s'étant trouvé en contact avec lui a été longtemps mise en doute. Mais Texempie suivant est à Tabri de toute critique. Lors de l'épidémie de V Anne-Marie à Saint-Nazaire, en 1831, le docteur Chaillou, qui résidait dans un village à 7 kilomètres de cette ville, succomba à la fièvre jaune. Or il n'était pas allé une seule fois à Saint-Nazaire, depuis l'arrivée de VAnne-Marie, mais avait donné ses soins à quatre ouvriers qui avaient travaillé au déchargement du navire infecté et avaient été atteints de fièvre jaune à leur retour dans le village où ce médecin pratiquait.
C'est encore la même épidémie de Saint-Nazaire qu'on cite toujours pour démontrer la possil)ilité du transport du contage par l'air. Dans le port de Saint-Nazaire les navires placés sous le vent de V Anne-Marie furent les seuls à présenter des cas de fièvre jaune, et môme un tailleur de pierre, qui travaillait sur un quai, sous le vent du bâtiment, fut atteint sans avoir eu aucun rapport avec l'équipage ou les passagers. Kermorgant fait remarquer que dans l'épidémie actuelle du Sénégal, les premières victimes à Saint-Louis occupaient une maison située sous le vent et à dix mètres seulement du pavillon d'isolement où on soignait les sujets atteints de fièvre jaune. Il est assez diflicile de comprendre le transport du contage par l'air en des points éloignés; il y aurait là une exception à la règle généralement admise d'après laquelle les agents morbides ne peuvent être transmis par l'air qu'à une faible distance.
L'agent spécifique de la (ièvre jaune semble pouvoir vivre dans l'eau. Le docteur j Glarac signale qu'à la Martinique, dans le port de Saint-Pierre, la maladie a toujours sévi princii>alement sur les na\ ires mouillés dans la partie de la rade où va se déverser l'égoiit de rhojiilal colonial. Eu tout cas on n'a jamais signalé de cas de i contagion par l'ingestion d'eau.
Les exemples de transmission par les objets inertes sont très nombreux. En 1878, au Sénégal, un médecin (jiiitte (iorée, siège d'une éj)i(l(''mie (b^ lièvre jaune. 11 arrive à Békel et son donu^stique ouvre sa malle, où se tiouvaient du linge et des vêlements ({ui n'avaient subi aucune désinIVction. Le domestifjue, puis le médecin, enfin 8 soldats de la gai'nison contraclcnl la maladie
Les objets de literie (lc\i('nnent aisément des véhicules du coulage. C'est ainsi qu'aux îles du Salut, dans la Guyane française, en 188o, la lièvre jaune, qui avait disparu de|)uis huit ans, atteignit des iiersounes (|ui avaient couché sur des matelas qu'on venait de remjdir avec de la laine empruntée aux réserves de l'hôpital. L'enquête montra que cetb' laine ]>i-ovenait en partie de matelas ayant servi en 1877 à des sujets atteints de lièvi-e jaune. On brûla ces objets de literie et, depuis, aucun nouveau cas ne fut signalé.
Les bagages i)euvenl aussi transporter l'agent morbide. Dans nombre d'épidémies européennes ce sont les emi)loyés des douanes qui ont été les premières vicfimes : tel fut le cas à Lisbonne en 1857.
Quoique le coulage semble se conserver tout })articulièrement bien à fond de cale, il est à remanjuer ctue l'importation de la maladie par les marcliandises n'est pas I établie d'une façon rigouieuse. Cei)en(lant il faut tenir pour suspects les objets I rentrant dans la catégorie des drilles et des chiffons.
I Les locaux où ont séjourné des malades sont infectés; les personnes qui viennent les occuper dans la suite s'exposent à leur tour au typhus amaril.
A bord des navires, il semble que la cale réalise un milieu essentiellement propice à la conservation du contage amaril. Souvent c'est au moment où les panneaux sont enlevés et les écoutilles ouvertes, pour opérer le déchargement, que les accidents | apparaissent. A l'arrivée de V Anne-Marie à Saint-Nazaire, il ne s'était pas produit dans l'équipage de nouveau cas de fièvre jaune depuis treize jours, l'épidémie avait donc cessé parmi les hommes du bord. Mais, pendant le déchargement du navire, 4 des ouvriers du port employés à ce travail contractèrent la maladie.
Dans d'autres cas, l'équipage, épargné jusque-là, est atteint après Touverture de quelque partie du navire close depuis un certain temps. (Dupont.)
Dans certaines circonstances, le principe morbifique semble s'identifier tellement avec certains navires que les désinfectants les plus puissants ne parviennent plus à le détruire.
C'est surtout à bord des bâtiments de guerre que ce fait s'observe, et il n'est pas j d'épidémie grave et prolongée qui n'en fournisse des exemples. De Kéraudren cite, dans son mémoire sur la propagation de la fièvre jaune, le brick VEuryale^ qui était dans ce cas, et, pendant une épidémie des Antilles, Dutrouleau a vu la frégate VIphigénie résister à tous les moyens d'assainissement. On pourrait d'ailleurs trouver des exemples de l'attachement du principe morbifique au navire dans | d'autres maladies. Ainsi, le vaisseau le Duperré, pendant la guerre de Grimée, fut envahi par le typhus et en conserva le germe, malgré l'emploi des désinfectants et ' le débarquement de l'équipage.
Dans ces cas, le navire est bien réellement malade, comme le sont certaines salles d'hôpital qui sont devenues de véritables foyers d'infection. Le navire, dans ces cas, est transformé en quelque façon en pays à fièvre jaune, et cette idée a été rendue avec beaucoup de bonheur quand on a dit que « le navire, en s'en allant, emportait, en quelque sorte, avec lui une portion du cHmat, qu'il était dans une certaine mesure ce cUmat flottant » .
SanareUi a tenté de donner une expUcation de cette longue persistance du germe amaril dans des miUeux humides et confinés comme les cales des navires. Il a montré que le bacille ictéroïde, qu'il a isolé et qu'il considère comme l'agent spécifique de la fièvre jaune, se développe particuhèrement bien au contact des moisis- ; sures de l'air. D'après lui « cet étrange phénomène de parasitisme est peut-être la | cause principale de l'acchmatation facile de la fièvre jaune à bord des navires. La j légendaire chaleur humide et le manque de ventilation seraient alors des conditions directement favorables au développement des moisissures et indirectement favorables à la vitaUté des bacilles ictéroïdes. »
D'après Finlay (de la Havane) les moustiques joueraient dans la transmission de la fièvre jaune un rôle analogue à celui qu'on leur attribue dans la malaria. A Augusta, en Géorgie, la ville fut infestée de moustiques pendant toute la durée d'une épidémie de fièvre jaune. Une locaUté voisine, Summerville, qui à ce moment n'avait été envahie ni par les moustiques ni par le typhus amaril, fut, quelques années plus tard, la proie de ces insectes, à la suite de grands travaux de terrassement; la fièvre jaune ne tarda pas à faire son apparition. On a fait valoir aussi qu'à PétropoHs il n'y a pas de moustiques et que c'est pour cela que les habitants de Rio de Janeiro qui viennent y passer les nuits restent indemnes. A ce propos Ker- A morgant fait remarquer qu'à Rio les moustiques piquent aussi bien le jour que la
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nuit et que l'épidémie récente du Sénégal a débuté avant la saison où apparaissent les moustiques.
Tout dernièrement à la Havane, Reed, Carroll, Agramonte et Lazear ont réalisé l'expérience suivante : 12 sujets de race blanche et par conséquent ne présentant aucune immunité vis-à-vis de la fièvre jaune, se sont exposés aux piqûres du culex farciatus, nourri de sang de malades atteints de typhus amaril. Trois d'entre eux (notamment Carroll et Lazear eux-mêmes) ne tardèrent pas à présenter les symptômes classiques de la fièvre jaune et Lazear succomba au bout de quelques jours. Cette expérience, qui a été faite pendant les mois d'août e septembre 1900, paraît d'autant plus concluante, qu'à ce moment, dans la même localité, sur 1 400 blancs, on ne releva aucun autre cas de fièvre jaune.
La transmission de la fièvre jaune par les moustiques semble donc bien vraisemblable dans certains cas.
La démonstration de la transmissibilité du typhus amaril implique l'intervention d'un ageM pathogène. Aussi les bactériologistes ont-ils tenté à plusieurs reprises de déterminer la nature du contage de la maladie. Mais ces recherches entreprises depuis 1885 ne paraissaient pas jusqu'à ces derniers temps avoir donné de résultat satisfaisant. Ni Domingo Freire, ni Gibier, ni Sternberg, ni Hevelburg ne semblent avoir isolé l'agent spécifique. En 1897, Sanarelli publiait une série de mémoires dans lesquels il décrivait les caractères d'un microbe, le bacille ictéroïde, qu'il considérait comme spécifique de la fièvre jaune. Ce bacille mobile, qui se décolore par la méthode de Gram, présente de grandes analogies avec le bacterium coli commune. Mais ses cultures sur milieux solides, principalement sur la gélose, prennent au bout de quelques jours un aspect tout à fait spécial. La colonie végète en bavure autour du point central, qui fait saillie comme le centre d'un cachet après l'application d'un sceau. L'argument le plus essentiel qu'a donné Sanarelli en faveur de la spécificité de cette bactérie, c'est qu'en inoculant la toxine ictéroïde à des hommes sains il provoquait chez eux des accidents très comparables à ceux que détermine la fièvre jaune. En outre, depuis les travaux de Sanarelli, ce bacille a été rencontré de plus en plus fréquemment dans la fièvre jaune; dans 80 p. 100 des cas par Archinard et Woodson à la Nouvelle-Orléans, dans 79,93 p. 100 des cas par Geddings à la Louisiane et à la Havane, dans 70 ]). 100 des cas par Horibeck, dans 100 p. 100 des cas par la commission des bactériologistes de la marine des États-Unis chargée d'étudier le fléau à la Louisiane, au Mississipi et à Cuba. Une autre preuve de grande valeur, favorable à la spécificité du bacille de Sanarelli, a été fournie par les recherches de Pothier, Archinard et Woodson sur le séro-diagnostic de la lièvre jaune. Les expériences de ces auteurs ont été faites à la Nouvelle-Orléans (1897-1898); ils ont étudié l'action du sérum des malades de typhus amaril sur le bacille ictéroïde à la dilution de 1 p. 40 dans 100 cas. Ils ont fait dans un grand nombre de cas en même temps le séro-diagnostic avec le l)acille d'Éberth et ont recherché les hématozoaires de Laveran dans le sang, la fièvre typhoïde et l'impaludisme étant les deux affections qu'on confond le plus souvent avec la lièvre jaune. Dans 93 p. 100 des cas, considérés chniquement comme du typhus amaril, l'agglutination du bacille ictéroïde s'est produite; elle était très précoce et se révélait dès le second jour de la maladie.
Ils ont alors vérifié si le sérum de sujets atteints d'autres affections possédait la même action vis-à-vis du bacille ictéroïde. Chez 20 sujets considérés cliniquement comme des impaludiques le séro-diagnostic amaril resta 17 fois négatif et dans ces 17 cas Thématozoaire se retrouvait dans le sang; dans les 3 autres cas, où l'agglutination s'était produite, le sang ne contenait pas d'hématozoaire.
Le sérum de 35 malades, considérés cliniquement comme atteints de fièvre typhoïde, fut éprouvé par eux; 2o fois la séro-réaction, négative avec le bacille ictéroïde, fut positive avec le bacille d'Eberth. Dans 6 cas où l'agglutination se produisit avec les 2 bacilles, les malades avaient déjà eu la fièvre jaune en 1878.
Enfin chez 20 sujets sains et plus de 30 malades atteints d'affections diverses le sérum restait sans action sur le bacille ictéroïde.
D'après Pothier, Archinard et Woodson la séro-réaction ne se produit plus chez les sujets qui ont eu la fièvre jaune depuis plus de vingt ans.
Si des démonstrations aussi probantes recevaient de nouvelles confirmations, il serait bien difficile de mettre en doute la spécificité du bacille ictéroïde, qui n'est» pas encore admise par tous.
Sanarelli a étudié la résistance de son bacille aux agents physico-chimiques naturels. La chaleur sèche à 120 ou 125° le détruit vite; à 100" elle ne le tue qu'au bout d'une heure et 10 minutes. Il ne résiste pas à la chaleur humide à 60 et à 65*^.
La dessiccation, lorsqu'elle est maintenue à 37^^,5, tue le bacille ictéroïde au bout de trente-cinq à cinquante jours. Mais si, après avoir placé ce microbe pendant vingt-quatre heures à 37°, il est exposé à la température variable de l'extérieur, il résiste encore après 164 jours. La lumière solaire le détruit après sept heures en été, à une température de 28°. Il survit dans l'eau de mer stérihsée ou filtrée de trente-sept à soixante-dix-huit jours.
La fièvre jaune, comme les maladies épidémiques en général, est surtout une maladie des grandes villes, des pays où la population est le plus dense et le plus misérable. A Livourne, d'après Palloni et Lacoste, la maladie resta presque circonscrite au quartier des pauvres. A Cadix, les épidémies ravagèrent toujours le quartier populeux et misérable de Santa-Maria. A Séville, d'après Berthe, la mortalité dans les quartiers aisés fut évaluée de 5 à 6 p. 100, tandis que dans les rues malpropres et encombrées elle s'éleva de 33,3 à 50 p. 100. Que diverses conditions soient réunies : une topographie spéciale, le voisinage de la mer, une température élevée, la maladie atteindra une puissance très grande. Alors on verra s'opérer un plus ou moins grand nombre de transmissions successives, le principe de la maladie se régénérant et se multipliant dans l'organisme humain sous l'influence d'un milieu favorable. C'est ainsi que s'exphquent la persistance et l'intensité de l'épidémie de Barcelone.
Il est encore un point sur lequel nous devons insister; il s'agit de l'influence de V acclimatement. Nous avons vu que les hommes de V Anne-Marie, qui tous avaient quitté le navire aussitôt après son entrée dans le bassin et s'étaient dispersés, sont restés sains et saufs : ils étaient acclimatés; et ce résultat contraste avec ce qui s'est passé pour les hommes qui ont travaillé au déchargement et qui, eux, ont été frappés dans la proportion énorme des deux tiers environ.
La durée de Yincubation de la fièvre jaune doit servir de base à la limite de l'observation quarantenaire. Il résulte de la plupart des faits que cette durée peut
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être fixée entre deux et six jours, et, le plus ordinairement, de trois à quatre jours. L'épidémie de Saint-Nazaire a encore donné sur ce point des renseignements précieux.
La limite de deux à six jours est celle qui est le plus probable ; c'était Topinion de Bally, celle de Maher, celle de Métier et celle de Dellery, auteur d'un livre sur la fièvre jaune publié à la Nouvelle-Orléans Ce résultat s'accorde également avec les approximations données par Dutrouleau qui, tout en acceptant la donnée générale, cite cependant quelques exceptions.
En France, d'après le décret de police sanitaire du 4 janvier 1896, un navire ne peut être considéré comme infecté que lorsqu'il a présenté un ou plusieurs cas nouveaux de fièvre jaune dans les neuf derniers jours qui ont précédé son arrivée au port.
Prophylaxie de la fièvre jaune. ■ — Les mesures locales opposées à la fièvre jaune sont d'une part les mêmes qui sont utilisées contre les maladies contagieuses épidémiques, comme la déclaration, l'isolement la désinfection, etc., de l'autre, celles qui sont particulières au typhus amaril.
Dans une région à fièvre jaune, il faut autant que possible passer les nuits dans une locaUté élevée, indemne de la maladie. On doit éviter le séjour dans les locaux humides et mal aérés, le surmenage, les excès de toute nature, l'exposition prolongée au soleil et les veilles.
Dans un foyer é})idémique, il est bon également de disséminer dès le début par petits groupes tous les individus non acclimatés et d'évacuer ceux-ci sur des points dont l'altitude assez élevée est peu favorable au développement de la fièvre jaune. Dans quelques-unes de nos colonies les camps de dissémination ont donné de bons résultats.
, On emploiera de préférence pour les soins à donner aux malades des sujets immunisés par une première atteinte de typhus amaril.
Actuellement au Sénégal on })rend des mesures particulières pour empêcher la transmission de la maladie })ar les cadavres. Ceux-ci sont placés, jusqu'à la mise en bière, sous une moustiquaire, afin d'éviter le transport du contage par les mouches et les moustiques. Les orifices naturels, les cavités thoraciques et abdominales préalablement ouvertes sont bourrés de substances imprégnées de liquides antiseptiques. Les cadavres sont inhumés à une grande profondeur et dans un lit de chaux vive. Il serait préférable de les incinérer.
La valeur du sérum anti-amaril préparé par Sanarelli n'est pas suffisamment démontrée pour qu'on soit fondé actuellement à attendre des résultats très appréciables de son emploi à titre préventif.
On trouvera un résumé des mesures de prophylaxie générale usitées contre la fièvre jaune au chai)itre que nous consacrons à la projdiylaxie et à l'hygiène internationales.