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CARACTÈRES PHYSIQUES DE L'EAU

potasse, puis de chauffer à 40°. On lave une éprouvette plusieurs fois avec ce mélange, puis on rejette Peau et on porte l'orifice de Téprouvettc sous le nez. Les différentes odeurs, particulièrement celle de l'hydrogène sulfuré, sont aisément perceptibles par ce procédé. D'une façon générale, toute eau récemment recueillie qui dégage une odeur quelconque doit être considérée comme suspecte. Il est quelquefois utile d'exposer aux rayons lumineux l'eau, qu'on veut examiner, dans une bouteille à moitié remplie et soigneusement bouchée. Au bout de quelques jours, dès qu'on ouvre la bouteille, l'odorat révèle un commencement de putréfaction, lorsqu'il existe des traces de matière organique dans le liquide.

Toute eau qui présente un goût amer, putride ou désagréable doit être absolument rejetée. Il faut que les sels soiept en proportion considérable dans l'eau (50 centigrammes à 1 gramme par litre) pour que leur saveur soit appréciable ; cette règle ne s'applique cependant pas aux sels de cuivre et de fer dont de minimes quantités sont perceptibles.

La couleur, la transparence, la turbidité de l'eau nous fournissent également des indications précieuses. Il convient pour bien étudier ces points de verser le liquide dans une grande éprouvette en verre blanc, placée sur du papier blanc, à une hauteur d'environ 50 ou 60 centimètres. On met à côté une éprouvette remplie d'eau distillée, pour servir de terme de comparaison. En regardant de haut en bas, si l'eau est pure, on voit distinctement le fond du vase; la couleur du liquide est bleuâtre. Quand l'eau est trouble il devient de plus en plus difficile de voir le fond de l'éprouvette. Il suffit quelquefois de quelques centimètres de liquide pour le masquer complètement.

On peut déduire, avec un certain degré de précision, par ce procédé, la nature des impuretés suspendues dans l'eau : le sable ou l'argile, maintenus en suspension, donnent au liquide une couleur jaune ou d'un blanc jaunâtre; les matières végétales, la tourbe, etc., donnent une couleur noirâtre; les matières fécales, une couleur généralement brune. Les eaux d'un blanc laiteux ou d'un bleu foncé sans éclat sont généralement des eaux résiduaires de l'industrie.

En laissant reposer l'eau dans un récipient on peut constater s'il se forme un dépôt au fond du vase et déterminer l'importance de cette précipitation.

La température d'une bonne eau potable doit varier entre 7 et 11° centigrades.

Au-dessous ou au-dessus, elle devient nuisible aux fonctions digestives. Les eaux de la nappe souterraine seules présentent une température constante de 10 à 12°. Les eaux superficielles sont influencées par les oscillations de la température extérieure.

On pensait autrefois qu'une des meilleures preuves de la bonne qualité d'une eau était la présence de poissons ou de certains végétaux d'une organisation supérieure pouvant y vivre. On sait aujourd'hui que la présence d'une grande quantité de bactéries dans les eaux ne suffit pas à faire périr nombre de poissons. Cependant il reste constant que si les eaux d'un cours d'eau sont très fortement altérées les poissons remontent à la surface, s'engourdissent et ne tardent pas à périr. C'est qu'alors l'eau ne contient plus qu'une proportion insuffisante d'oxygène, ce gaz s'étant combiné pour oxyder les souillures.

Certaines espèces de poissons peuvent vivre dans des eaux stagnantes, très malpropres (tanches, anguilles, carpes etc.), mais on les rencontre aussi dans les eaux très pures. Seuls les salmonidés (saumons, truites, ombres, lavarets) ne s'accommodent

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que des eaux courantes, peu chargées de matière organique; leur présence dans une eau serait donc un indice favorable en faveur de sa pureté, avec cette réserve qu'elle n'exclut pas la possibilité d'une contamination par des bactéries pathogènes.

D'après Gérardin toutes les herbes vertes ne sont pas également sensibles à Faction de l'eau ; le cresson de fontaine semble la plus délicate des plantes aquatiques, sa présence caractérise les eaux excellentes ; les épis d'eau et les véroniques ne poussent que dans les eaux de bonne qualité ; les roseaux, les patiences, les ciguës, les menthes, les salicaires, les scirpes, les joncs, les nénuphars s'accordent des eaux médiocres ; enfin VOrniido phragmites est la plus robuste des plantes aquatiques, elle survit la dernière et continue à croître et à se développer dans les eaux les plus infectes.

Plus récemment le professeur Mez, en 1898, a prétendu tirer de constatations biologiques des indications précises sur le degré d'infection de l'eau. Suivant lui les eaux extrêmement souillées ne contiendraient pas d'algues vertes, mais seraient un milieu favorable à la pullulation de SpJiœroliius iiaians^ de Beggiatoa alba^ de Leplomitus lacieus, de Carchesium Lachynanni et des Oscillariacées. A un degré moindre de pollution les eaux contiendraient quelques algues vertes et des champignons blancs inférieurs.

Nous répétons que ces données ne peuvent fournir que des présomptions sur la teneur des eaux en matières organiques et n'impli({uent jamais l'absence de germes nocifs, pai ticulièrement des bactéries pathogènes.

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