‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 230 sur 326 · Cliauveau, Académie des sciences · texte numérisé non relu

Cliauveau, Académie des sciences

Les recherches de Grëhaut ^ et de Mcloux - nous ont montre que les doses d"alcool ingéré ne sont pas insigniliantes. que passé une certaine quantité Falcool s'accumule dans le sang. La dose d un centimètre cube par kilogramme est précisément celle que M. Gréhant signale comme pouvant être supportée sans inconvénient. Les cliiens de Ghauveau étaient dans un état d'ivresse et cet état est évidemment peu favorable au travail.

Nous ne saurions du reste mieux faire ressortir cette différence entre les effets de Talcool suivant les doses qu'en reproduisant cette phrase du professeur Hirtz : a Le vin qui éveille le cerveau à doses modérées est le même qui. avec quelques verres de plus, jette rhomme ivre-mort, et la foudre qui paralyse le mouvement est la même chose que l'électricité qui guérilla paralysie. »

Faut-il conclure de cette discussion que Tintroduction de l'alcool dans la ratiou ahmentaire soit désirable, qu'il faille conseiller de le substituer au beurre, aux légumes, au sucre?

Une proposition formulée dans ce sens serait évidemment peu justifiée. Il suffirait pour l'écarter, semble-t-il. d'établir qu'au point de vue économique le prix de renent serait sensiblement plus élevé que pour les hydrates de carbones isodynames.

Nous ne saurions du reste mieux faire que de citer ici encore Atwater et Benedict :

€ Ces études n'ont pas tranché la question de l'introduction souhaitable de l'alcool dans le régime du travail musculaire.

c II v a une différence très essentielle entre la transformation de l'énergie potentielle de l'alcool en énergie utile au poiat de vue du travail musculaire et les avantages ou désavantages de la présence de l'alcool daus le régime des ouvriers qui se livrent à un travail musculaire.

Même pour une consommation d'alcool à doses faibles, nos expériences ont fourni l'indication que les sujets au régime ordmaire ont travaillé dans des conditions un peu meilleures qu'au régime de l'alcool. »

Y a-t-il quelque chose de fondé cependant dans l'opinion, si répandue dans le monde des travailleurs, qui accorde à la stimulation causée par l'alcool une influence utile.

Le premier degré de l'intoxication éthylique se traduit comme chacun sait par des modifications particulières. Les idées viennent avec une abondance, une facilité inaccoutumée, la parole est plus libre. Les idées sont plus gaies, les soucis s'évanouissent. Un bien-être général s'empare de l'individu tandis qu'une douce chaleur se répand dans ses vemes. On croit que la puissance physique comme la puissance intellectuelle s'accroît, alors qu'on est seulement moins méfiant, plus audacieux et plus naturel à la fois.

Quoique ces effets ne marquent que le premier stade de l'imprégnation alcoolique, celle-ci ne s'arrête pas là. On comprend comment ces sensations sont recherchées par ceux qui les ont goûtées une première fois ; comment, dans la classe ouvrière surtout, l'idée s'est bien généralisée que les boissons alcooliques sont nécessaires au travailleur.

Cette nécessité n'est nullement confirmée par les faits.

Non seulement il est prouvé que l'alcool à dose élevée diminue le travail musculaire: il est établi également que la stimulation apparente provoquée par l'usage de quantités modérées d'alcool pourra être procurée par un autre aliment.

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