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ALCOOLISME

L'effet enivrant des boissons fermentées a été connu de bonne heure et les morahstes ont de tout temps protesté contre leur abus. Mais cet abus s'est surtout

PROUST, TBAITÉ d'hYGIÈNE. 49

accentué depuis que la grande production de Falcool a donné aux buveurs la facilité de se mettre en état d'ivresse avec quelques gorgées et à peu de frais.

La consommation d'alcool en France se réduisait en 1788 à 168 000 hectolitres. Elle montait à 906 000 en 1826; à 1 475 000 en 1846; à 2 352 000 en 1862.

En 1879 on évaluait la dépense en achat de boissons enivrantes à 2 900 millions pour la France, 3 250 pour l'Allemagne, 3 750 pour l'Angleterre et 3 600 pour les États-Unis.

En 1885 il y avait 422 300 débits de boissons en France et 20 000 à Paris. En 1886 la Belgique comptait 140 000 débits, 1 par 43 habitants.

Les médecins de l'antiquité ne connaissaient que l'ivresse, mais ignoraient les accidents de l'alcoolisme chronique. A la fin du xviii'' siècle et au début du xix*" siècle on a attiré l'attention sur le délire propre aux buveurs le delirium tremens. Magnus Huss, médecin suédois, a montré en 1847 les modalités si diverses de l'alcoohsme chronique qu'il a rapproché des diverses autres intoxications. Lancereaux, Magnan, Laborde, etc., en France^ ont fait à leur tour de cette intoxication une étude parlicuhère.

Les effets des diverses boissons alcooliques présentent des différences assez notables, sur lesquelles ont surtout insisté Lancereaux et Laborde.

C'est à Rabuteau* que revient le mérite d'avoir reconnu le premier en 1870 que les alcools mono-atomiques de la série G" H^" 0^ étaient d'autant plus actifs qu'ils contenaient un plus grand nombre de fois le groupe GH^, c'est-à-dire que leur poids moléculaire était plus élevé.

Ses expériences avaient été faites sur la grenouille plongée dans des bains d'eau additionnée de doses variables d'alcool éthylique, butylique et amylique.

L'alcool amylique était 15 fois plus actif que l'alcool éthylique et 3 à 4 fois plus que l'alcool butylique. Pelletan en 1825, Fùrst en 1845 et Gros en 1863 avaient signalé les effets de l'alcool amyhque.

Dans un travail ultérieur, en 1878, Rabuteau avait étudié les divers composés que l'on trouve dans les alcools impurs du commerce et que l'on désigne sous le nom de mauvais goût de tête ou de queue, suivant que le point d'ébuUition est inférieur ou supérieur à celui de l'alcool éthyUque qui bout à 78° :

Aldéhyde éthylique qui bout à 20%8

Acétate d'èthyle ou éther acétique ordinaire — 72%7

Alcool propylique — 97°

Alcool butylique — 109°

Alcool amylique — 132°

Valérianate d'éthyle — 133°

Acétate d'amyle • — 136°

Produits accessoires au delà de — 136°

L'alcoolisme chronique ne serait que le résultat de la consommation des alcools industriels impurs contenant des substances toxiques.

Dujardin-Beaumetz et Audigé ^ ont recherché les doses toxiques hmites pour chacun des alcools et leurs dérivés. Leurs expériences ont été pratiquées princi-

1. Rabuteau, Des effets toxiques des alcools butyriques et amyliques, Union 7nédicrtZe, 1870.

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