De 1892 à
Il est donc certain que le mariage hàtif est préjudiciable et à la fécondité de la mère et à la vitalité de l'enfant. Il serait d'ailleurs extrêmement difficile de chiffrer exactement le nombre moyen des enfants par mariage ; il faudrait pouvoir s'aider,
au préalable, d'une statistique qui indiquât le nombre des enfants nés d'un mariage, lors du décès de l'un des deux époux. Mais un tel document n'existe point et on a recours à un artifice de calcul consistant à diviser les naissances par le nombre moyen annuel des mariages. Bertillon évalue à 2 p. 100 pour l'Angleterre la proportion des erreurs résultants de cette numération. Ainsi, il porte à 4 le chiffre des enfants vivants, pour chaque couple, chiffre ordinairement évalué
En France, chaque mariage pris séparément ne fournit que 3 naissances. Notre population ne se maintient et ne progresse quelque peu, quant au nombre, que pàr l'appoint que lui fournit la natahté illégitime.
Influence du mariage sur la criminalité. — Bertillon, pour atténuer les erreurs pouvant provenir de certaines coïncidences, a basé ses recherches sur deux périodes assez distantes, la première de 1840 à 1845, l'autre de 1861 à 1868.
Cet auteur, qui paraît ici quelque peu pessimiste, n'évalue pas la criminaUté d'après le chiffre des condamnations, mais considère que la majorilé des accusés constitue des criminels qui n'ont été acquittés que grâce à l'insuffisance de preuves alléguées contre eux. Dans tous les cas, il eût été fort intéressant de faire ces deux calculs différents, et la conformité des conclusions, si elle eût existé, eût acquis plus d'importance.
Nous ne donnerons ici que des résultats de la dernière statistique, c'est-à-dire ceux de 1861 à 1868, qui sont en concordance avec ceux de la première. La criminaUté des célibataires étant rapportée à 100, celle des époux n'est que 49,^5 pour les crimes contre les personnes; elle descend à 45,50 s'il s'agit d'attentats contre la propriété. L'heureuse influence du mariage est surtout manifeste pour la femme : ainsi le même nombre de vivants, capable de fournir annuellement 100 accusés hommes mariés, en donne 170 parmi les célibataires mâles, tandis que, pour le sexe féminin, le même nombre fournissant 100 accusés femmes mariées en donne 240 chez les non mariées. Ce rapport, que Bertillon appelle le degré de préservation du crime par le fait du mariage, est donc de 1,7 pour les hommes et s'élève à 2,45 pour les femmes.
Le veuvage réduit de 100 à 67 l'attentat contre la propriété, tandis qu'il accroît notablement la criminalité contre les personnes (surtout chez les femmes) .
La paternité et la maternité apportent aussi une influence extrêmement salutaire.
Influence du mariage sur T aliénation mentale. — L'influence du mariage contre l'aliénation mentale est telle, qu'elle réduit le danger de près de moitié, et cependant l'âge auquel apparaît habituellement la folie correspond à l'âge probable du mariage. D'après Parchappe, en effet, le danger de l'aliénation présente son maximum entre 30 et 40 ans; or, sur 10 000 habitants, on trouve 3,68 chez les célibataires, 2,02 chez les époux et 3,1 chez les veufs et veuves.
Influence du mariage sur le suicide. — La préservation du suicide par le mariage paraît évidente; le célibat et le veuvage constituent chez les deux sexes une cause active de suicide. Ainsi i](^ résulte de la statistique judiciaire que, sur 1 milhon d'hommes non mariés, il y a par an 273 suicides, tandis que les veufs en donnent
628 et les époux seulement 246; en d'autres termes, le même nombre d'individus capables de fournir chaque année 100 suicides, si ce sont des hommes mariés, en donnera 111,4 chez des célibataires et 256 chez des veufs. Or, la tendance au suicide s augmentant avec les années, si l'influence de l'âge devait seule agir, le danger serait beaucoup plus grand pour les époux que pour les célibataires ; le rapport devrait être alors comme 100 : 55,5. Or, c'est le contraire qui s'observe, la fréquence du suicide chez les époux est inférieure à celle des célibataires dans le rapport de 100 à 111,4. Cette aggravation, qui résulte de l'âge, rend plus difficile à apprécier l'influence du veuvage sur le suicide. Toutefois, chez l'homme comme chez la femme, Faction du veuvage s'ajoute à celle de l'âge et accroît ce danger dans l'un et dans l'autre sexe. Il est à remarquer que, sur 1 000 époux qui se suicident, il y en a 704 qui ont des enfants ; sur 1 000 épouses se suicidant 610 seulement sont mères.
Influence du mariage sur la mortalité. — Le mariage, à la condition de n'être pas prématuré, a chez les deux sexes une action salutaire sur la vitalité.
D'intéressantes recherches ont été faites en France par Legoyt, en Angleterre par Farr, en Hollande par Baumhauer; mais les conclusions les plus importantes sont à déduire des travaux de Bertillon, qui a basé ses calculs sur de longues périodes d'années. Sur 1 000 hommes de 40 à 45 ans, il y a en France 9,55 décès d'hommes mariés, 16 chez les célibataires et 18,89 chez les veufs. A Paris, 15,7 décès pour les hommes mariés; 27 de célibataires et 32,1 de veufs.
En France, de 30 à 35 ans, la mortalité des mariés étant 100, celle des célibataires est de 169 et celle des veufs 281. A l'âge suivant, c'est-à-dire de 35 à 40 ans, celle des célibataires est de 175 et celle des veufs 233; de 40 à 45 ans : célibataires 174, veufs 198; de 45 à 50, 171 et 194. En poursuivant cette énumération, on verrait que l'influence désastreuse du veuvage s'amende régulièrement avec l'âge, mais en persistant néanmoins.
Toutefois, conclu prématurément, le mariage devient à son tour une cause de danger, et au-dessous de 20 ans, la mortalité s'élève chez l'homme marié. L'ensemble de ces résultats s'appuie non seulement sur les statistiques de la France, mais aussi sur celles de la Belgique et de la Hollande.
L'heureuse influence du mariage, importante de 25 à 24 ans, manifeste de 24 à 23, sensible de 23 à 22, cessant de 22 à 21, serait remplacée par une augmentation dans la mortalité de 21 à 20 ans.
Les mêmes observations sont applicables à la femme : ainsi, de 40 à 45 ans, le chiffre de 100 décès pour les femmes mariées correspondrait à 131 pour des filles du même âge.
Cependant au-dessous de 25 ans le mariage devient pour la femme une cause de mortalité. En France, la mortaUté, étant de 100 chez les filles de 20 à 25, s'élève à 119 pour les femmes; chiffre très modéré relativement à la Belgique où il est de 157; à la Hollande où il est de 173. Cette mortalité, plus intense que dans notre pays, persiste jusqu'à 40 ans, tandis qu'en France elle s'arrête à 25.
A 15 ou 20 ans en France la mortalité des jeunes filles étant 100, celle des jeunes femmes est de 158; elle est la même en Belgique; elle est de 208 en Hollande. Bertillon se demande si, en tenant compte de ces résultats déplorables, il n'y
aurait pas lieu de modifier la loi française, qui autorise le mariage de la jeune fille à 15 ans et celui de l'homme à 18.
Le veuvage est plus préjudiciable à l'homme qu'à la femme; ce résultat observable partout est très remarquable en Belgique et à Paris.
Par le veuvage, la probabilité de la mort double ou triple chez l'homme ; en Belgique et en France, le danger persiste jusque vers 40 ans, étant d'autant plus grand que le veuf est plus jeune. Avant 25 ans il triple et quadruple le danger de la mort. Cette aggravation s'atténue en France, après la quarantième ou cinquantième année, mais elle persiste en Belgique et à Paris. Il en est de même pour les veuves jusqu'à 35 ou 40 ans. Au-dessus de cet âge, le mouvement inverse se produit, du moins en France ^ Cette aggravation considérable de la mortalité pendant le veuvage est à constater : elle prouve que la faiblesse de la mortaUté des gens mariés est bien due à l'état de mariage lui-même, et non pas seulement, comme on l'a dit, à ce fait que le mariage crée une sélection des meilleurs, puisque les valétudinaires, les faibles, les hommes de mauvaises mœurs, etc., se marient difficilement. Les veufs, en effet, ont été, eux aussi, sélectionnés par le mariage, cependant dès que l'union conjugale est rompue, ils fournissent une mortalité très considérable.
Il résulte des chiffres que nous venons de rassembler, considérés dans leur ensemble, que le mariage n'est pas moins utile au point de vue individuel qu'au point de vue social. L'homme marié a des chances de longévité supérieures à celles des célibataires, et surtout à celles de l'homme veuf. Il est moins exposé au suicide et à fahénation mentale, il est enfin supérieur au point de vue de la moralité, ainsi que l'étabht le chiffre des crimes et délits imputables soit aux hommes mariés, soit aux célibataires.
Chez les femmes le mariage est également heureux au point de vue de l'hygiène, malgré le danger tout spécial qui résulte des accouchements. Mais il est aussi prouvé que, si le mariage contracté dans de bonnes conditions physiologiques est extrêmement favorable à la santé, il agit en sens inverse dans les unions prématurées. Au-dessous de 21 ans, le mariage est aussi nuisible qu'il est utile au-dessus de cet âge.
Au point de vue de la matrimonialité, on voit également que notre pays n'est pas l'un des moins favorisés, bien qu'il soit dépassé dans cette voie par l'Angleterre ; mais les mariages sont en France assez tardifs, ce qui contribue évidemment à en hmiter la fécondité. Il serait donc à désirer, au double point de vue de la moralité et de l'accroissement de la population, que nos moeurs fussent modifiées à cet égard.
1. Sur 1000 couples existants il y a chaque année, en France, 40 célébrations cle nouveaux mariages, tandis que 33 à 34 sont rompus; sur 1000 mariages rompus, il y en a 992,4 qui le sont par la mort et 7,6 par la séparation de corps. L'Allemagne et principalement la Saxe se font remarquer par le nombre des séparations judiciaires 4 à 5 fois plus fréquentes qu'en France; mais la Belgique, la Hollande et la Suède en comptent moins que chez nous.
En France, sur 1000 demandes en séparation, de 1861 à 1868, 103, o viennent du mari et 894,0 de la femme; 626 ménages ont des enfants et 374 sont sans enfants.
Sur 1000 demandes, 760 sont accueillies, 102 repoussées, 138 retirées, 94 fois par suite de réconciliation. Le nombre des séparations de corps est partout en voie d'accroissement. En France, de 1840 à 184o, sur 10 000 couples existants, il y avait 1,54 demande et vingt ans plus tard plus du double, 3,40. Cette progression existe également en Bavière, en Belgique, en Hollande. Les séparations de biens sont en voie de décroissance.
NATALITÉ
On donne le nom de natalité au rapport qui existe entre le nombre des naissances et la population. Il s'obtient en divisant les naissances par le chiffre de la population N/P.
Mais, pour apprécier exactement la fécondité d'une population, on ne peut se contenter de chercher le rapport des naissances aux habitants de tous les âges. Ce qu'il faut déterminer, c'est le rapport qui existe entre le nombre des naissances et le chiffre des individus de l'un et de l'autre sexe, âgés de 15 à 50 ans, ce que Bertillon a exprimé en disant : « La vraie natalité est le rapport des naissances à la seule population adulte apte à la reproduction. »
Lois de la natalité. — Dans un pays salubre, pour un même groupe ethnique et un même état mental, la natalité tend à se proportionner à la quantité de travail productif et facilement disponible pour le type humain étudié. (Bertillon.)
La culture intellectuelle, en augmentant la facilité à découvrir le travail, augmente par conséquent la natalité. C'est l'enseignement que nous apporte le Canada, où notre race franco-normande, qui émigra entre 1663 et 1760 au nombre de 60 000 environ, forme aujourd'hui, malgré les persécutions, plus d'un million et demi de Franco-Canadiens, tandis que les Peaux-Rouges, dont la chasse constitue la seule occupation, subissent un dépérissement continu, tant par l'accroissement delà mortalité que par la faiblesse toujours plus grande de la natalité. On sait d'ailleurs qu'il existe aux États-Unis presque autant de Canadiens français que dans le pays d'origine.
L'émigration favorise une natalité surabondante. L'exemple en est saisissant en Angleterre. Dans le Wurtemberg, la Saxe, la Bavière, la Prusse, l'émigration seconde et provoque une natahté considérable par les vides qu'elle laisse à combler; son influence sous ce rapport s'exerce à peu près comme celle de la mortaUté.
Si la première et salutaire influence de l'aisance provoque le mariage et par suite fournit un nouveau contingent à la natalité légitime, en revanche la continuité et l'accroissement de l'aisance tendent a arrêter cette fécondité. L'influence en est manifeste en France, où les aspirations toujours augmentant dans toutes les classes vers un bien-être relatif tendent à exagérer les vieilles habitudes de prudence et à diminuer le chiffre des enfants dans les familles.
Natalité de la France. — La natahté diminue en France depuis le commencement du siècle, et dans tous les départements, avec une régularité normale et constante.
Selon Broca, l'appauvrissement de la natalité a pour cause l'augmentation de l'aisance générale ;. on a également invoqué le nombre croissant des célibataires religieux qui, de 137 000 environ en 1856, s'est élevé en 1864 à 198 774, le développement et la dissémination de la civilisation, l'émigration vers les grandes villes^ la diminution de la mortalité, etc.
D'après Jacques Bertilloii, les mariages ont donné le chiffre suivant d'enfants légitimes.
De 1860 à 1868, le rapport du nombre des naissances au chiffre de la population est descendu, d'après la statistique officielle, de 3,11 à 2,66, chiffre auquel il s'est maintenu depuis. C'est là un fait très remarquable dans le mouvement de la population française. Aucune nation ne présente au môme degré une natalité aussi faible et en même temps aussi constante.
Quand on compare les résultats, suivant qu'il s'agit du département de la Seine, de la population urbaine et de la population rurale, on voit que le nombre des naissances est plus élevé dans les villes que dans les campagnes. Mais il ne s'agit là que d'une augmentation apparente pour les villes qui tient simplement à ce que les populations agglomérées comptent, à nombre égal, plus d'adultes et, par suite, de femmes aptes à produire. La population adulte est au contraire moins féconde dans les populations agglomérées, ainsi que l'attestent les rapports suivants : pour 100 femmes de 15 à 45 ans, dans le déparlement de la Seine, on n'a que 10,6 naissances, alors que dans les autres départements on en compte 11,8 et dans la France entière 11,7.
De plus, si l'on compare le nombre d'enfants légitimes et celui des enfants illégitimes, on voit que la fécondité légitime est plus faible dans le département de la Seine que dans le reste de la France. La fécondité naturelle y est, au contraire, 4 fois plus considérable. A l'égalité de naissances, le département delà Seine compte 2 fois plus d'enfants naturels que les villes de province réunies et 6 fois plus que les campagnes.
Enlin si, comme ChevaUier et Lagneau, on fait la comparaison des mariages aux naissances, aux xvii^, wm" et xix^ siècles, dans la population parisienne, on voit que le rapport a décru considérablement, de près de deux cinquièmes en deux siècles. Au xvn"^ siècle, pour 1 mariage on comptait presque exactement 5 naissances ; au xviu^ siècle, pour 1 mariage, un peu plus de 4 naissances, et actuellement on n'en a guère plus de 3.
Natalité comparée de la France et des divers pays de r Europe. — La natalité diminue en France avec une régularité constante ; l'examen des périodes décennales (voir le tableau du mouvement de la population des six grandes puissances européennes dans la seconde moitié du xix'^ siècle, page 34) établit les chiffres de cette décroissance successive : 39,9, — 31,7, —30,6,— 28,7, —27,3, — 26,1, — 26, — 25,4, — 23,8, — 22,47, — 21,1 en 1898 p. 1000.
Il y a là une contradiction avec le mouvement de la matrimonialité qui tend à s'accroître; c'est qu'en réalité la France ne suit pas un mouvement fatal d'affaibhssement et la fécondité des ménages, volontairement limitée, arrête le mouvement de la natalité.
La comparaison du nombre des naissances au chiffre des décès conduit aux mêmes conclusions.
De 1800 à 1803 De 1831 à 1833 De 1836 à 1860
4,24 enfants.
L'excès moyen annuel des naissances sur les décès était, en France, de S, 68 par 1,000 habitants, de 1811 à 1820; dans cette période on comptait donc annuellement par 1000 habitants 31,75 naissances et 26,07 décès, c'est-à-dire que la natalité l'emportait sur la mortalité de 5,68. Ainsi, chaque année de cette décade, la population française s'est accrue de 0,000568, ou bien de 5 à 6 individus par 1000 habitants; dans les décades suivantes, jusqu'en 1870 exclusivement, le même excès des naissances a été de 5,8, — 4,1, — 4,0, — 2,3, — 2,5, — 1,7, —1,7, p. 1 000; en 1898 il est tombé à 0,88.
Or pendant cette même année 1898 il était de 15,6 en Allemagne ; 10,5 en Autriche-Hongrie; 11,2 en Angleterre; 10,7 en Italie; en Russie de 1890 à 1897, il a été de 11,2. Notre accroissement n'atteint donc même pas le dixième de celui des autres nations de l'Europe.
Toutefois, si favorablement que puisse être interprété cet excédent des naissances sur la mortalité, il ne saurait faire préjuger d'une manière absolue de l'état d'une population. En effet, l'Irlande suit une voie constante de dépérissement, tout en conservant un excès de naissances annuel de 10 pour 1000 : résultat contradictoire que Bertillon explique par le fait d'une émigration formidable; cet auteur considère également que l'émigration, en enlevant à de grands pays, tels que l'Angleterre, la Prusse, l'Allemagne et surtout l'Ecosse et la Norvège, une fraction importante de mortalité, élève par conséquent en apparence la proportion d'excédent des naissances. Si l'on tient compte de ces réserves importantes, le faible excédent de la France se trouve comparativement un peu relevé.
Enfin, Bertillon rapprochant l'état de notre population et celui de la population de l'Allemagne, met en opposition leur tendance contraire : « La France, dit-il, amasse des capitaux; la Prusse \ plus pauvre, mais plus riche en population, capitahse des hommes », et après une série de calculs, qui ne sauraient trouver place ici, il arrive à la conclusion suivante : c'est un milliard un quart que capitalise la France au détriment de sa descendance, et c'est plus d'un milliard un tiers que l'Allemagne paye à sa multiplication. Mais il suffit de constater l'énorme développement de la richesse en Allemagne pour voir que cette dépense que l'Allemagne s'impose pour avoir des hommes est loin de l'appauvrir, bien au contraire.
Chez nous on compromet l'avenir en assurant le présent. La diminution de notre population proportionnellement à celle de l'ensemble des peuples civilisés nous fera perdre, si elle continue, une partie de notre prestige, de notre puissance, de l'autorité qu'ont nos lois, nos mœurs, notre langue.
L'émigration est une force qui enrichit un pays ; les émigrants sont les meilleurs missionnaires commerciaux. Dans la phase présente de l'histoire du monde, un peuple est d'autant plus riche qu'il a plus de débouchés au dehors, plus de commandes venant de l'étranger. Or, cet accroissement de débouchés et de commandes est peu compatible avec une population relativement stationnaire.