‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 266 sur 326 · Journal des sciences et des arts · texte numérisé non relu

Journal des sciences et des arts

924 l'habitation

plus ou moins d'air dans un temps donné, selon que les maladies Tobligent à des inspirations plus ou moins fréquentes et plus ou moins amples, il demande des salles de dimensions différentes; ajoutez que ses yeux, sensibles aux impressions de la lumière durant les inflammations de la dure-mère et les violentes ophtalmies, exigent des attentions, relativement à la position tant des lits que des croisées.

« Les détails allaient se multiplier, leur comparaison est utile, leur multiplicité embarrassante : il fallait donc profiter de l'une, se délivrer de l'autre, en réduisant le tout à des résultats généraux...., car il s'agissait d'étudier les hôpitaux mêmes, et d'y saisir ce qu'une longue expérience avait indiqué comme nuisible ou marqué du sceau de l'utiUté. »

A propos de l'Hôtel-Dieu, Tenon nous montre les conditions hygiéniques qui entouraient les malades.

« A THotel-Dieu, il y a 1219 hts, dont 733 grands, ou de 52 pouces de largeur, et 486 petits, ou de 3 pieds, distribués sur 2, 3 ou 4 rangs, les rangs blancs et les rangs noirs, suivant qu'ils sont plus ou moins éclairés....

« Dans plusieurs salles, chaque malade n'a même pas une toise cube à respirer... Si l'on excepte les hommes variolés, les autres contagions, à commencer par les variolées^ sont confondues dans les mêmes salles, dans les mêmes lits, avec des personnes dont les maladies ne sont pas contagieuses...

« Dans les salles destinées aux accouchées et aux femmes grosses, on trouve 67 grands Uts et 30 petits : on couche trois ou quatre par grand lit, les femmes enceintes saines avec les malades, les accouchées malades avec celles qui ne le sont point.

« Et les opérés, ils partagent l'air corrompu de la salle Saint-Paul, ils sont enveloppés de départements infects; on fait en leur présence les opérations qu'ils viennent d'endurer ou qu'ils vont subir M »

La commission adressa à l'Académie des sciences trois rapports et, chose bien curieuse, il se trouve qu'à la fin du troisième rapport où il décrit minutieusement le plan d'un hôpital pouvant contenir 1 200 malades, ce plan est celui de l'hôpital Lariboisière, ainsi que le faisait remarquer Tardieu à l'Académie. En effet, dit le rapport :

« On a placé sur le front, à la façade, tous les bâtiments accessoires et relatifs à l'entrée et à la réception des malades. Les deux moitiés de cet hôpital sont semblables, l'une est réservée aux hommes, l'autre aux femmes. Le corps de l'hôpital est composé de pavillons rangés par deux files : fune à droite, l'autre à gauche ; Tune pour les hommes, l'autre pour les femmes. Ces deux files sont séparées par une vaste cour de 28 toises de large, sur plus de 120 de longueur : c'est une grande masse d'air placée au centre. Les pavillons sont tous semblables; il suffira d'en décrire un.

Les salles, ayant 18 toises de long (soit 36 mètres, celles de Lariboisière en ont 38), contiendront 34 à 36 hts sur deux rangs (celles de Lariboisière en contiennent 32); la hauteur des salles sera de 14 à 15 pieds (elle est de 15 pieds, soit 5 m. 20, à Lariboisière).

Les pavillons auront trois rangs de salles. Chaque salle sera accompagnée de latrines à l'anglaise, d'un lavoir, d'un réchauffoir pour les aUments et les tisanes, d'une petite salle de bains, d'une chambre ou pièce de retraite pour la sœur qui présidera la salle.

Chaque pavillon sera séparé des autres pavillons par un espace, ou un jardin de

Page 1