‹ Traité d'hygiène [electronic resource]Chapitre 286 sur 326 · APOPLEXIE 1 CÉRÉBRALE ET · texte numérisé non relu

APOPLEXIE 1 CÉRÉBRALE ET

AFFECTIONS ENCÉPHALIQUES j

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Tisserands, drapiers, cordiers..

Quant aux maladies infectieuses aiguës (fièvre typhoïde, variole, dysenterie, septicémie, érysipèle, etc.), Popper donne un autre tableau indiquant pour chaque profession la proportion de morts pour 100 décès produits par ces maladies : forgerons et serruriers, 11,4; boulangers, 11,2; maçons et charpentiers, 10,6; cordonniers et tailleurs, 8,5; meuniers, 7,8; bouchers, 6,7. Il est bon toutefois de remarquer que la variole avait sévi épidémiquement pendant quelque temps ^

Dans l'exposé des phénomènes pathologiques si nombreux provoqués par les professions, nous suivrons Tordre suivant :

1. Éruptions professionnelles de cause externe. — Professions provoquant des colorations anormales et des altérations de la peau.

2. Éruptions professionnelles d'origine interne. — Professions provoquant des éruptions cutanées par absorption.

3. Déformations et altitudes professionnelles. — Professions qui les provoquent.

4. Troubles professionnels du côté des muscles, des aponévroses, des gaines tendineuses, des articulations, des os, et professions qui provoquent ces troubles.

1. Voir aussi OldendorfT, Der Einfluss der Beschâftigiing auf die Lehensdauer des Mensclœn (Influence des professions sur la durée de la vie humaine), Berlin, 1878.

5. Accidents professionnels du côté de l'appareil respiratoire et professions qui les provoquent.

A. Accidents succédant à Tinhalation des poussières.

B. Accidents succédant à l'inhalation de vapeurs ou de gaz irritants.

6. Troubles professionnels du côté des appareils circulatoire, digestif, nerveux, génilo-urinaire et professions qui les provoquent.

7. Troubles du côté de l'organe de la vision et professions qui les provoquent.

8. Hygiène de la voix. — Compositeurs. — Musiciens. — Artistes.

9. Accidents professionnels dus à une intoxication et professions qui les provoquent.

10. Accidents professionnels ne rentrant dans aucune des classes précédentes.

ÉRUPTIONS PROFESSIONNELLES DE CAUSE EXTERNE. PROFESSIONS PROVOOUANT DES COLORATIONS ANORMALES ET DES ALTÉRATIONS DE LA PEAU

Les déchireurs de bateaux, qui ont pour métier de déchirer les bateaux descendus de certaines rivières qu'ils ne doivent pas remonter; les ravageurs, ouvriers qui vont à la recherche des objets utiles ou précieux que les eaux, les neiges et boues de Paris entraînent dans la Seine; les débardeurs, ouvriers qui extraient le bois des trains arrivés à destination, sont sujets à une affection du derme qu'ils nomment grenouille.

Parent-Duchâtelet l'a parfaitement décrite. Les grenouilles, dit-il, constituent une altération du derme caractérisée par un ramoUissemenl, des gerçures et souvent une usure, une véritable destruction des parties qui sont en contact avec l'eau. On les remarque sur les extrémités supérieures comme sur les inférieures, mais plus souvent sur ces dernières, et ici elles siègent de préférence entre les orteils, où elles déterminent de vastes fentes et crevasses dont la profondeur est quelquefois de plusieurs lignes. Il n'est pas rare de les observer sur les talons, et alors tantôt la peau est fendue, gercée, crevassée en différents sens, tantôt comme mâchée et chez quelques-uns elle s'en allait par lambeaux, laissant à vif un fond rouge, pulpeux, * d'une sensibilité extrême.

Cette affection, qui paraît n'être que le résultat d'une macération du derme, détermine dans son état d'acuité une douleur et une cuisson des plus vives, mais seulement quand les parties étant hors de l'eau commencent à sécher. Elle n'a par elle-même aucune gravité, se guérit par le seul repos et par la cessation de la cause; mais il est des ouvriers qui, dans le cours des campagnes, sont obligés d'interrompre cinq ou six fois leur travail pour se reposer quelques jours.

Les mains des blanchisseurs q{ des blanchisseuses offrent, dans un grand nombre de cas, un aspect caractéristique; elles sont rouges, gonflées, déformées; l'épiderme, macéré par l'eau froide, attaqué par l'âcreté .des lessives alcalines, par le savon, l'eau de javelle, par les alcahs et les acides, perd ses propriétés normales. Ridé, gonflé et ramolli au moment du travail, il devient ensuite dur, sec, cassant; de là des gerçures douloureuses, des callosités qui entravent le libre exercice des doigts et parfois une véritable rétraction qui les tient dans un état de flexion forcée et

permanente. En outre, on constate à la face cubitale de chaque avant-bras des callosités (une à gauche, deux à droite).

Armieux a signalé, chez les mégissiers (TAnnonarj en particulier, deux maladies des doigts : le choléra des doigts et le rossignol. La première affection consiste en une ecchymose qui envahit la partie interne des doigts, là où l'épiderme est très mince; cette ecchymose, noirâtre, persiste quelquefois assez longtemps sans provoquer de douleur; mais lorsqu'il y a ulcération, les souffrances sont atroces. La seconde affection [rossignol, pigeonneau) consiste en un petit trou qui se forme à Fextrémité de la pulpe des doigts ; il est dû à l'amincissement de la peau corrodée par la chaux. Cette affection est très douloureuse. Armieux a conseillé contre ces deux accidents les gants huilés.

En outre, ces ouvriers, comme tous ceux qui manient journellement les peaux ou les poils des animaux, comme les tanneurs, criniers, pelletiers, marchands de peaux de lapins, peuvent offrir souvent des éruptions pustuleuses et ecthymatiques à la surface des doigts; ils sont en outre exposés à contracter une affection redoutable, la pustule maligne.

Chez les ouvriers des filatures de laine, ou du moins chez ceux qui sont préposés au triage, cardeurs travaillant le lin et la soie, etc., des furoncles, des érysipèles, enfin toutes les formes de la dermile peuvent résulter du contact de poussières irritantes et malpropres sur la peau.

Les ouvriers employés au peignage ont à la main gauche des durillons, souvent d'une épaisseur considérable, situés à la partie externe du doigt indicateur et qui résultent de la forte pression qu'ils exercent sur la laine placée entre ce doigt et le pouce correspondant.

Spurdon ^ a décrit, sous le nom impropre d'acné, chez les ouvriers des filatures, une éruption artificielle que l'on observe sur les avant-bras. Ce sont des papules et des pustules dues au contact de l'huile contenue dans le lin et de celle qui sert à graisser les machines.

Le travail des brunisseuses imprime à leurs mains des altérations particulières; la main droite, qui tient le brunissoir, est calleuse, noirâtre à sa face palmaire; la main gauche sert à fixer l'ouvrage, qui, placé entre le pouce et l'index, est fortement appliqué contre la table ; aussi les faces correspondantes de ces deux doigts, ainsi que la face palmaire du pouce, sont-elles dures et semées de callosités.

Des lésions épidermiques siègent à la main gauche du marbrier; c'est la main qui tient le ciseau. Elles existent sur les deux points dans lesquels la pression et le frottement sont le plus énergiques, c'est-à-dire à la partie postérieure et externe du petit doigt et à la partie interne du pouce, près de leur racine. Sur le petit doigt, du côté de l'espace interdigital, c'est une tumeur ovalaire, dure, saillante, d'un volume parfois considérable, mobile avec les téguments qu'elle entraîne avec elle, d'une indolence complète; au pouce et dans l'endroit indiqué existe une tumeur généralement plus petite et offrant les mêmes caractères ; une série de callosités plus ou moins prononcées s'étend de l'une à l'autre, le long des têtes des métacarpiens. Ces durillons commencent à apparaître dans le cours de la première année de travail et croissent ensuite avec lenteur.

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